A propos de la famille de Portes de Pardailhan, qui donna son nom, de 1747 à 1899, au village de Manses

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Ci-dessus : vue du château de Pardailhan au hameau de Pontguiraud, dans l’Hérault.

1. Guillaume Bernard de Portes est le premier représentant de son lignage que nous connaissions. « Il se montre, en qualité de procureur de messire Hugues Messatgerii, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, dans un échange de sept sols de rente dus par certains terroirs de la paroisse de Liqueria contre un cens, assis sur le mas de Larnac au comté de Foix. L’acte fut passé au mois de décembre 1298 au château de Saint-Maurice et d’Alet en Languedoc. » 1D. Villevieille, vol. LXXI de la collection, fol. 60. Cité dans Documents historiques sur la maison de Galard. Tome 3. Recueillis, annotés et publiés par J. Noulens. Éditeur : Impr. de J. Claye. Paris. 1871-1876.

2. Pierre de Portes, qui vivait en 1500 et qui se maria circa 1520, fut père de :

  • Sébastien de Portes
  • Marguerite de Portes, qui épouse en 1542 Jean Alberger.

3. Sébastien de Portes fut père de Denis de Portes.

4. Denis de Portes (1547-1626), marié à Jeanne d’Augier, fut père de :

  • Pierre de Portes
  • Jean de Portes, qui fut, lui-même, père de Jacques de Portes.

5. Pierre de Portes, petit co-seigneur de Pardailhan (près de Saint-Jean de Thomières, dans l’Hérault), marié à Suzanne de la Roque, fut père de [Jean] François de Portes, de Suzanne de Portes, de Louise de Portes, et d’Anne de Portes. Louise de Portes épouse le 27 février 1698 Paul Antoine de Quiqueran de Beaujeu. Elle est ainsi la mère de Charles Joseph de Quiqueran de Beaujeu, nommé évêque de Mirepoix en 1736, mort en 1737 avant même d’avoir pris possession de son diocèse.

[Jean] François de Portes fut maintenu dans sa noblesse par jugement du 14 janvier 1671 en même temps que Jacques de Portes, son cousin germain, résidant à Castres. 2Armorial de Languedoc, par Louis de la Roque, tome 1, page 408.

6. [Jean] François de Portes (circa 1620 à Saint-Pons de Thomières – 27 avril 1700 à Saint-Pons de Thomières), co-seigneur de Pardailhan, épouse en 1655 Marie Suzanne de Guibal, dont suivent :

  • Jean François de Portes, baptisé le 30 septembre 1659
  • Anne de Portes, baptisée en 1662
  • Marie Anne de Portes, baptisée en 1666
  • Suzanne de Portes et Marie Thérèse de Portes, baptisées en 1667
  • Marguerite de Portes, baptisée en 1668
  • Pierre de Portes, baptisé en 1670
  • Magdeleine de Portes, baptisée en 1671, mariée en premières noces à Jean François de Seigneuret de Cesseras ; puis mariée le 6 mars 1697 à Pierre Paul de Clerc de Ladevèze, marquis de Ladevèze
  • Suzanne de Portes, baptisée en 1673.

7. Jean François de Portes de Pardailhan (1659 à Saint-Pons de Thomières – 1712 à Saint-Pons de Thomières) épouse en 1688 Marguerite de Causser de Cabrerolles de Villespassans, dont suivent :

  • Jeanne Henriette de Portes de Pardailhan, religieuse à Béziers
  • Marie Angélique de Portes de Pardailhan
  • Marie Anne de Portes de Pardailhan, qui épouse Pierre Pol René du Peirat, seigneur de la Redorte, lieutenant-colonel du régiment de Toulouse-Infanterie
  • Gabrielle Marie de Portes de Pardailhan († 1770 à Pézenas), mariée le 26 juillet 1712 à Jean François de Vissec de Latude, baron de Fontès
  • François Joseph de Portes de Pardailhan, baptisé en 1701.

Après avoir acheté en 1673 à ses cousins, héritiers de Francelin de Brugairoux, marquis de Brugairoux, sieur de Peyremaure, les 10/21e de la baronnie de Pardailhan et le château de Pardailhan au hameau de Pontguiraud, Jean François de Portes passe en 1699 du satut de seigneur engagiste de Pardailhan à celui de « seigneur foncier, direct et universel de la baronnie de Pardailhan », et il en arbore désormais le titre.

Armes de la famille de Portes de Pardailhan, telles qu’enregistrées dans L’Armorial général de France, dressé en 1699 par d’Hozier : « D’or, à un annelet de sable, parti d’azur ».

8. François Joseph de Portes de Pardailhan, né en 1701, seigneur baron de Pardailhan, et seigneur d’Assignan et de Villespassans par sa mère, puis marquis de Portes, épouse en 1733 Henriette d’Aignan d’Orbessan, d’une prestigieuse famille toulousaine. Dont suivent :

  • Jean Joseph François Thomas de Portes
  • Elisabeth Josèphe de Portes (ca 1740-1779), mariée le 16 juillet 1760 à Louis François de Sarrieu, seigneur de Martres, garde du corps de la 1ère Compagnie Ecossaise-Noailles
  • Louise de Portes, qui épouse Jean Marie de Bancalis de Maurel d’Aragon
  • François Antoine Auguste de Portes de Pardailhan, conseiller, puis président au parlement de Toulouse en 1781, qui épouse le 26 mai 1755 Marie Marguerite Honorée de Casamajor de Charritte, dont : Gabrielle de Portes de Pardailhan, mariée à Clément Joseph de Taffanel de la Jonquière ; Françoise Honorée de Portes de Pardailhan, mariée à Jean François de Milhau.

Devenu Président au Parlement de Toulouse, François Joseph de Portes de Pardailhan fait alors partie de l’élite de la noblesse de robe du Languedoc.

En février 1747, Louis XV élève la baronnie de Manses (Ariège) au rang de marquisat sous le nom de marquisat de Portes. Il fait ainsi de François Joseph de Portes de Pardailhan le premier marquis de Portes. « Le roi motive cette grâce spéciale par les grands services rendus à lui et à ses prédécesseurs, soit dans le métier des armes, soit dans les dignités judiciaires, par Jean François de Portes et ses ancêtres en ligne paternelle et maternelle. Il rappelle à cette occasion le nom de Bertier de Monrabié, bisaïeul de François Joseph de Portes de Pardailhan, qui, nommé premier président du parlement de Toulouse en 1632, déploya dans sa charge autant d’intégrité que de distinction. » 3Cf. Lettres patentes portant érection de la terre de Manses en marquisat, sous la dénomination de marquisat de Portes, données a versailles au mois de février 1747, registrées au parlement de Toulouse le 25 dudit mois et an et en la cour des comptes, aydes et finances de Montpellier le 11 mars suivant. Documents historiques sur la maison de Galard. Tome 3.

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Ci-dessus : blason de François Joseph de Portes de Pardailhan.

En 1750, François Joseph de Portes de Pardailhan vend conséquemment la baronnie de Pardailhan à François de Treil, conseiller secrétaire du roi, récemment anobli. Contesté par la famille de Portes de Pardailhan, le droit de la famille de Treil au nom de Pardailhan fera l’objet d’un procès, au XIXe siècle, près le tribunal civil de la Seine.

9. Jean Joseph François Thomas de Portes, deuxième marquis de Portes, sénéchal, puis gouverneur de Toulouse, épouse Jeanne Catherine Françoise de Beauvarlet de Beaumicourt, dont :

  • Adolphe François René de Portes
  • Catherine Antoinette Amélie de Portes, qui épouse le 16 prairial an XI (6 juin 1803) Louis Raymond Charles de Galard, plus connu sous le titre de marquis de Galard Magnas, ancien officier à l’armée de Condé, fils de Joseph, marquis de l’Isle Bozon.

10. Adolphe François René de Portes, troisième marquis de Portes, épouse en premières noces, le 8 oct 1812, Sophie Suzanne de Laplace (1792-1813), fille du célèbre savant Pierre Simon de Laplace (1749-1827) ; puis, en secondes noces, Georgine Martel. De ces deux unions, suivent :

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    Ci-dessus : « D’azur, à la fasce d’argent accompagnée en chef de trois merlettes du second, rangées en fasce, et en pointe d’une tour du même, maçonnée, ouverte et ajourée de sable ». Blason d’Adolphe François René de Portes (1790-1852), troisième marquis de Portes.

  • Angélique de Portes (1813-1889), fille de Sophie Suzanne de Laplace, mariée à Napoléon Joseph de Colbert, marquis de Chabanais, officier, maire de Saint-Julien-de-Mailloc, député et conseiller général du Calvados
  • Catherine Marie Adolphine de Portes (1824-1896), marquise de Portes, fille de Georgine Martel ; mariée en 1846 à Eugène Perrin, marquis de Bellune ; puis mariée en 1853 à Charles Eugène Henri Joseph Texier, marquis d’Hautefeuille ; puis mariée en 1861 à Maurice de Sapinaud de Boishuguet, propriétaire, maire de Guémené-Penfao
  • Paul François René Thomas Georges de Portes, né en 1839.

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Ci-dessus : tombe d’Adolphe François René de Portes au cimetière du Pére Lachaise.

Maître des requêtes au conseil d’État et membre de la commission du sceau de France sous la Restauration, élu député de l’Ariège (Pamiers) en 1830, puis en 1835, Adolphe François René de Portes est nommé pair de France le 9 juillet 1845, puis sénateur le 26 juillet 1852. Mort en 1853, il est inhumé au cimetière du Père Lachaise (Paris 20e), 6e division, 1re ligne, W, 31.

11. Paul François Thomas Georges de Portes de Pardailhan († 3 septembre 1880), quatrième marquis de Portes, épouse en 1860 Adele Hutton, née aux USA, fille de Benjamin Henry Hutton et de Anne Hunter Gordon. Dont :

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    Ci-dessus : blason inscrit au front du vitrail offert par Paul François Thomas Georges de Portes de Pardailhan et son épouse Adele Hutton à l’église de la commune de Portes, aujourd’hui renommée de son nom antérieur à 1747, Manses. Le vitrail porte les armes de son commanditaire, jointes à celles de son épouse.

  • René de Portes, marquis de Portes, né en 1861.
  • Henri François Maurice de Portes, comte de Portes († 22 Octobre 1929).

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Ci-dessus : à Manses, vue des anciennes écuries du marquis de Portes. Le château de la famille de Portes a été démoli à Manses, et la famille a usé des pierres au XIXe siècle pour en faire construire un nouveau, cinq kilomètres plus loin, à Teilhet. C’est aujourd’hui le château de Roques.

12. René de Portes, marquis de Portes (1861-1940) épouse le 11 juillet 1893 à Paris Mathilde de Galléan de Gadagne (1873-1952), dont suivent :

  • Françoise Adèle de Portes (1894-1948)
  • Anne de Portes (1895-2001)
  • Henri de Portes.

13. Henri de Portes épouse Hélène Marie Jeanne Rebuffel (1902-1940), fille de Charles Honoré Rebuffel, polytechnicien, directeur des chantiers navals de Marseille. Le couple a deux enfants. Séparée ensuite de Jean de Portes, Hélène de Portes est connue pour avoir été la maîtresse de Paul Reynaud. Le couple est victime d’un accident de voiture, le 28 juin 1940, lors de la traversée du village de La Peyrade, entre Frontignan et Sète. Paul Reynaud s’en tire avec des blessures légères. Hélène de Portes est tuée sur le coup.

References   [ + ]

1. D. Villevieille, vol. LXXI de la collection, fol. 60. Cité dans Documents historiques sur la maison de Galard. Tome 3. Recueillis, annotés et publiés par J. Noulens. Éditeur : Impr. de J. Claye. Paris. 1871-1876.
2. Armorial de Languedoc, par Louis de la Roque, tome 1, page 408.
3. Cf. Lettres patentes portant érection de la terre de Manses en marquisat, sous la dénomination de marquisat de Portes, données a versailles au mois de février 1747, registrées au parlement de Toulouse le 25 dudit mois et an et en la cour des comptes, aydes et finances de Montpellier le 11 mars suivant. Documents historiques sur la maison de Galard. Tome 3.

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  • Gironce at 10 h 09 min

    Le « prestige » de certaines familles seigneuriales n’est que très rarement dû à leur magnanimité. Rapaces et dominatrices au sens vulgaire du terme, elles ont écrasé les villageois, sans état d’âme. Mes ancêtres Gironce de Teilhet pourraient en témoigner des siècles durant. Mais, c’est l’année de la Miséricorde, alors, soyons plus grands qu’elles …

    • La dormeuse at 12 h 50 min

      Pour qu’on sache de qui on parle, sans formuler d’autres commentaires, j’ai tenté de mettre à jour la généalogie de la famille de Portes. Il ressort des archives que les seigneurs de Portes de Pardailhan n’étaient pas aimés, spécialement [Jean] François de Portes I, François Joseph de Portes et Paul François Thomas Georges de Portes. Ce conflit devra faire l’objet d’un autre article. Je m’y emploierai un peu plus tard.

  • bernard de sarrieu at 2 h 28 min

    Louis François de SARRIEU sgr de Martres, baron de Villarsel, fils de François de SARRIEU sgr de Martres, Castelbiague, Villarsel et Montgrenier et de Catherine d’HELIE, garde du corps du roi dans la compagnie de Noailles
    né entre novembre 1722 et juin 1723 sans doute à Martres Tolosanes,† entre février 1802 et octobre 1806.

    Emancipé le 28 mars 1760.
    Marié par contrat du 19 juin 1760 Boyer not. Toulouse.
    Marié à Toulouse St Etienne le 16 juillet 1760 avec dispense de Consanguinité du 3e au 4e degré

    à Elisabeth Josèphe de PORTES
    fille de François Joseph, marquis de PORTES, baron de Pardaillan, 1er président du parlement de Toulouse et Henriette Honorée d’AIGNAN d’ORBESSAN

    née en 1740, † le 21 octobre 1779 à Martres.
    Elle teste les 12 mai 1778 et 17 septembre 1779 Abadie not. Martres.

    Extrait du texte de la dispense du 20 juin 1760 où se trouve la bulle papale accordant une grâce pour le mariage, le dossier est complet avec 11 pièces.

    « Dispense de consanguinité du 3e au 4e degré en vue de mariage pour messire Louis Francois de SARRIEU 37 ans habitant de Martres et Delle Elizabeth de PORTES 19 ans résidant monastère des dames Maltheses de Toulouse, ayant accord et témoignage de dame Honnorée Henriette d’AIGNAN d’ORBESSAN sa mère, paroisse de St Etienne, âgée de 50 ans environ, veuve de messire Francois Joseph de PORTES président aux enquêtes du parlement de Toulouse ainsi que de messire Anne Marie d’AIGNAN baron d’Orbessan, âgé de 43 ans, président à mortier du parlement de Toulouse, oncle de la future, habitant Toulouse, place Mage et aussi de messire Antoine Francois Auguste de PORTES âgé de 25 ans, président aux enquêtes du parlement de Toulouse, frère d’Elisabeth, dispense accordée par Me Antoine CORTOIS vice gérant de l’officialité en l’absence de l’official de Toulouse.
    Généalogie :
    Pierre d’HELIE a eu 1) Francois d’HELIE (épouse Louise de MONTFAUCON) qui a eu Catherine d’HELIE femme de Francois de SARRIEU d’où Louis Francois de SARRIEU comparant et 2) Hipolite d’HELIE femme d’Anne d’ALIBERT d’où Hiacinthe Honnorée d’ALIBERT femme de Bernard d’AIGNAN d’ORBESSAN (contrat le 24 aout 1707 Boyer not. il teste le 24 aout 1733 Boyer not. Toulouse) d’où Honnorée Henriette d’AIGNAN d’ORBESSAN femme de Francois Joseph de PORTES d’où Elisabeth de PORTES contractante. »

    Nota : les informations entre parenthèses ne sont pas dans la dispense.

    • La dormeuse at 6 h 23 min

      Merci de ces riches précisions. D’autres figures entrent ainsi dans le tableau. Et avec elles, d’autres lieux, évocateurs. Martres, et à Toulouse, la place Mage…