Les raisins de Zeuxis

 

Les raisins peints par Zeuxis, célèbre peintre grec, originaire d’Héraclée, étaient, dit-on, si vrais, si désirables, que les oiseaux venaient les becqueter. On ne connaît cette peinture de l’Enfant aux raisins que par le témoignage des Anciens. Zeuxis toutefois remarquait qu’il avait mieux fait les raisins que l’enfant : « car si j’eusse aussi bien réussi pour celui-ci, les oiseaux auraient dû avoir peur ». ((Pline l’Ancien, Histoires naturelles, Livre XXXV, XXXV, traduit et annoté par Émile Littré, Paris, éd. Dubochet, 1848-1850, tome 2, p.472-473.))

Peintures de Jean-Pierre Pourtier

Voici comment la peinture de Jean-Pierre Pourtier m’est apparue la première fois. Eblouie, placée sous la haute commination des ombres.
 
Je me suis souvenue de ces ombres lorsque j’ai revu les toiles de Jean Pierre Pourtier, un an plus tard, dans sa galerie du Carla-Bayle.

 
La commination cette fois n’était plus dans les ombres, mais dans les couleurs crues, la pâte violente, et la superposition des deux lignes obliques, qui traversent et crucifient le plan originel.

 

 

 

Deux corps. Deux visages. Une femme. Un enfant. Et si l’on regarde bien, d’autres visages encore.

Un soir, sur le rempart du Carla-Bayle, Jean-Pierre Pourtier racontait deux ou trois choses de la vie. Ses mots faisaient dans le crépuscule comme des ombres sur les toiles que nous venions de voir. Il racontait le moment de l’enfance. Il racontait l’hiver au Carla-Bayle. Et il disait de la peinture qu’elle vient sans prévision possible, comme une rage qui se déchaîne, qui exige des couleurs violentes, de la matière, du geste, puis s’éteint aussi soudainement qu’elle s’est déchaînée. A l’instant même, le tableau est fini.

 

Jean-Pierre Pourtier décrit le même raptus sauvage à propos des textes qu’il noircit, sans, dit-il, les relire. Je lui ai demandé s’il y a un rapport entre ce qu’il écrit et ce qu’il peint. Il m’a répondu qu’il ne sait pas s’il écrit pour peindre, ou s’il peint pour écrire. L’écriture, peut-être, lui semble plus cruciale encore.

 

Je n’ai lu aucun des textes de Jean-Pierre Pourtier. Certains d’entre eux, m’a-t-on dit, ont été publiés dans des revues. J’espère que Jean-Pierre Pourtier m’en fera connaître quelques uns.

Les tableaux de Jean-Pierre Pourtier sont visibles tout l’été à la galerie Pourtier du Carla-Bayle. C’est au bout de la « Rue des Arts », i. e. au bout du rempart, au-dessus de la petite place sur laquelle sont installées les sculptures du même Jean-Pierre Pourtier.

Je parle de ces sculptures dans Au Carla-Bayle, sculptures de Jean-Pierre Pourtier et dans Jean-Pierre Pourtier expose à la galerie 113.

 

Pour voir sur le Net d’autres toiles de Jean-Pierre Pourtier, rendez-vous sur le site Jean-Pierre Pourtier/Peintures 2007-2009.