Analogies – Jungle

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Mirepoix, vue du clocher de la cathédrale derrière le vieux cimetière et la friche industrielle de la Copami ; Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, Surprise, 1891.

Quel rapport y a-t-il entre une friche industrielle et la jungle du Douanier Rousseau ?

Outre les invariants d’une sorte de grammaire du foisonnement plastique, ne voit-on pas ici, d’une vue à l’autre, la mort à l’oeuvre, lente ou rapide, et le vif, le vert, qui ne s’en soucie ?

La démolition de la friche industrielle de la Copami a commencé. Il ne restera bientôt plus rien de cette icône dédorée.

A voir aussi :
Analogies – Friche industrielle et néo-plasticisme
Analogies – Architectural cadence
Analogies – Cathédrale industrielle et église romane
Analogies – Le silo
Métaphores

Analogies – Les portes du temps

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Mirepoix, rue du Béal ; Magritte, La victoire, 1939.

L’une est pleine ; l’autre à jours. L’une ouvre sur la terre ; l’autre sur la mer. L’une abrite la paix du bleu ; l’autre baille sur un nuage…

Deux portes. Qu’est-ce qu’il y a derrière : ce qui ne passe pas ; ce qui vient ? L’imminence est dans la durée comme le serpent est dans le paradis.

Variation sur le thème de la révélation

 

Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. ((Luc, 24, 32))

Luc rapporte en ces termes comment les apôtres reconnaissent le Christ, un soir, à table, dans une auberge d’Emmaüs.

Chevillé à nos âmes, le besoin de révélation, même s’il demeure impossible à consoler, fait qu’il y a dans l’ordinaire de nos vies des moments où, sans prévision possible, nos yeux s’ouvrent et où nous reconnaissons quelque chose qui, dans le même temps, disparaît.

Il semble qu’il faille à ces moments une forme causative, laquelle doit être proprement une forme saturée. Schelling dit admirablement le rapport qu’une telle forme entretient avec l’infini :

Non l’absence de forme, mais ce qui dans soi-même est limité, ce qui par soi est clos et parfait, voilà l’infini véritable. Cet accomplissement interne de l’infini, imprimé dans le plus grand comme dans le plus petit, produit dans le singulier un type de contemplation et dans le tout un système de connaissance. ((Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (1775-1854), Aphorismes, 17))