Images du Festival international de la Marionnette – vendredi 6 août 2010

 

 

 

 

Le montreur d’ombres chinoises, c’est sur la place. Voici maintenant quelques images prises à la fin de Broderies, un spectacle proposé par la Cie Arnica, qui se donnait hier à la Médiathèque.

 

Les broderies se font et se défont sur un plateau tournant, installé sur une vieille machine à coudre. Il s’agit de petites histoires qui arrivent à des objets sans importance, jouets, bouts de carton, autres bricoles, et à des marionnettes de rien du tout. Des personnages apparaissent dans le rond de lumière. Ils vivent un instant des aventures tour à tour tendres et cruelles. Le mille-pattes, tout joyeux de s’ébattre dans l’herbe, meurt de la question stupide qu’on lui pose…

 

Des jambes se baladent, se croisent, se rapprochent, esquissent un pas de danse ensemble, puis se quittent. Chacun son chemin. La solitude l’emporte.

 

Le théâtre d’objets de la Cie Arnica est aussi un formidable théâtre du bruit. Presque sans paroles, les histoires parlent ici le langage des sons. Thierry Küttel bruite la vie à la basse électrique, au baby phone et au poste à cassette. Virginie Gaillard prête aux objets l’étonnante expressivité de son visage, de ses silences et de ses onomatopées. Le spectacle est d’une poésie merveilleuse, d’une profondeur simple et libre aussi. Un enfant peut comprendre ici. Ce qu’on lui montre sans dire perdrait de sa gravité à être expliqué.

Ce spectacle du monde comme il va a été conçu par Emilie Flacher. Théâtre « de la rencontre et du chemin », la Cie Arnica nous vient de Neuville-sur-Ain. Elle prépare pour l’année 2011 un spectacle intitulé Coeur cousu.

Avant le Festival international de la Marionnette, chose vue à Mirepoix, rue Vigarozy

Derrière la Médiathèque, rue Vigarozy, je suis entrée dans la cour du vieux bâtiment qui abrite le siège du MiMa (Mirepoix-Marionnettes). Le bâtiment est tristement délabré, mais il demeure un témoin de la belle architecture classique de Mirepoix. Il s’élève sur un site jadis tout entier consacré à l’activité des Trinitaires. L’édification de la Médiathèque, qui a entraîné la destruction de la chapelle, a parachevé la liquidation des bâtiments conventuels.

Dans la cour où je suis entrée, parce que la porte était ouverte, j’ai découvert l’existence de cette intéressante fontaine, délabrée elle aussi, privée d’eau, mais ornée d’étranges mascarons, figures d’on ne sait quel inquiétant théâtre. Je n’avais pas mon Nikon. J’ai pris ces clichés, un peu avant 20 heures, à l’aide de mon téléphone portable.

 

 

Mirepoix recèle ainsi, un peu partout, nombre de détails curieux, non documentés, nombre de mélancoliques surprises.

Au Carla-Bayle, sculptures de Jean-Pierre Pourtier

Cheveux au vent, sur le rempart du Carla-Bayle, c’est Jean-Pierre Pourtier. Il vit au Carla. Il a son atelier au Carla. Il expose au Carla. La rieuse, à ses côtés, c’est Labaronne, une artiste amie, qui vit à Mirepoix, qui a son atelier à Mirepoix, qui expose à Mirepoix. Quand Mirepoix rencontre Le Carla-Bayle, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires d’artistes, bien sûr. Et des histoires tout court. Des histoires pour rire. Des histoires de tout et de rien comme on en raconte depuis le commencement du monde.

Jean-Pierre Pourtier et Labaronne, qui se racontent des histoires, cheveux au vent, sur le rempart du Carla-Bayle, on dirait une scène de film. J’ai pris la photo depuis le pied du rempart. Qu’est-ce que je faisais là, tout en bas ? Je m’étais penchée moi aussi au bord du rempart, j’allais prendre une photo, j’ai retiré le cache de l’objectif, et le cache tombe dans le vide, et blink, blut, il rebondit sur les rochers au pied du rempart, et zlap, zlup, il se perd dans les massifs de fleurs !

Je cours le long du rempart, je prends le virage en épingle à cheveux qui amorce la descente vers le pied du rempart, les rochers, les massifs de fleurs. Je cours, je cours. Il me faut retrouver ce cache, c’est celui d’un appareil qu’on m’a prêté ! J’entre dans les massifs de fleurs, je fouille. Le cache est quelque part, caché comme le bifteck sous la feuille de salade ! J’entrevois une rondelle de plastique noir… Je suis sauvée.

Qu’étions-nous venus voir au bord du rempart ? Le vaste monde, et au milieu du vaste monde, là tout en bas au pied du rempart, les sculptures de Jean-Pierre Pourtier. Quelques unes des sculptures de Jean-Pierre Pourtier. Je les ai photographiées ailleurs, au soleil couchant ((Cf. La dormeuse blogue : Jean-Pierre Pourtier expose à la galerie 113)). Elles font ici de très belles ombres, au soleil de l’après-midi. Lâchant irrésistiblement la proie pour l’ombre, je m’apprêtais à photographier la danse des fantômes, lorsque ce *%?#£! de cache, blink, blut, zlap, zlup, est tombé.

Les histoires d’en rire finissent bien. Voici, tel qu’il m’apparaissait avant la chute du cache, l’obscur effet de lumière qui, en ce jour de juillet 2010 au pied du rempart du Carla-Bayle, motivait mon désir de photographier des fantômes. Je suis remontée à toutes jambes au bord du rempart, et j’ai pris la photo.

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Jean-Pierre Pourtier

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