Notule de service

 

Ci-dessus : illustration de Gustave Doré dans La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, I, 5.

Bonjour à tous,

Je viens de changer sur le blog le moteur d’affichage des images.

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Je constate aujourd’hui que GMail a bloqué plusieurs exemplaires de la newsletter relative à la publication de l’article A Mirepoix, la santé du petit homme historique :

Mail delivery failed: returning message to sender.
[550-5.7.1 Our system has detected an unusual rate of unsolicited mail originating from your IP address. To protect our users from spam, mail sent from your IP address has been blocked.]

C’est la présence de deux mots drôlatiques, l’un en occitan, l’autre en italien, emprunté à Voltaire, quand même ! qui explique ce blocus, je suppose.

Pauvre Rabelais ! Pauvre Voltaire ! De nos jours, on ne rit plus.

Analogies – « Prestres et Prophetes ayans leur demeure aux montaignes »

Ils croyent les ames eternelles ; et celles qui ont bien merité des dieux, estre logées à l’endroit du ciel où le Soleil se leve : les maudites, du costé de l’Occident.

Ils ont je ne sçay quels Prestres et Prophetes, qui se presentent bien rarement au peuple, ayans leur demeure aux montaignes. A leur arrivée, il se faict une grande feste et assemblée solennelle de plusieurs villages […]. Ce Prophete parle à eux en public, les exhortant à la vertu et à leur devoir : mais toute leur science ethique ne contient que ces deux articles de la resolution à la guerre, et affection à leurs femmes. Cettuy-cy leur prognostique les choses à venir, et les evenemens qu’ils doivent esperer de leurs entreprinses : les achemine ou destourne de la guerre : mais c’est par tel si que où il faut à bien deviner, et s’il leur advient autrement qu’il ne leur a predit, il est haché en mille pieces, s’ils l’attrapent, et condamné pour faux Prophete.

Montaigne, Essais, Livre I, chapitre XXX : « Des cannibales »

Ci-dessus : Vues d’un mur à Mirepoix, depuis ma fenêtre ; Hergé, Le Temple du Soleil.

Jours d’octobre

Le soleil brille, mais l’air devient plus frais, les couleurs plus transparentes. La serviette fétiche des hommes de la maison semble plus pâle. Un rayon jaune et doux caresse sur le rebord de ma fenêtre une photo souvenir des années Angoulême.

J’ai pris cette photo mardi après-midi. Les préparatifs de la Fête de la Pomme débutaient. Le taureau a été ensuite entièrement revêtu de pommes rouges, jaunes, vertes. L’odeur du fruit planait déjà dans l’air. Et les fruits passeront la promesse des fleurs.

J’aime photographier la nuit, les fenêtres qui s’allument, les reflets d’une maison qui berce le soir son mystère.

Jeudi matin. J’attends sur le cours du Colonel Petitpied le passage du bus de 8h03. Il est toujours à l’heure, celui-là. Bien qu’il fasse déjà jour, la lumière des réverbères s »attarde. Cet éclairage habille la perspective d’une couleur cinéma, que j’ai envie d’appeler le chien et loup du matin. Mais le loup demeure ici pure fiction, car il n’y a pas de loups à Mirepoix.

Sous la croix verte, la pharmacie indique l’heure et la température. Je m’y intéresse de façon neuve quand j’attends le bus. Je pars à Pau pour le week-end.

Le bus arrive à l »heure, comme prévu. Il débouche sans faire de bruit du coin de la rue, comme dans les rêves.

Le train m’emporte vers Pau. J’ai pris cette photo par la fenêtre alors que nous passions aux environs de Lanne. J’avais, dans mes lectures de jeunesse, une passion pour Le pays du dauphin vert d’Elizabeth Goudge. Il n’y a certes pas de dauphin ici. Mais il y a ce vert des prairies heureuses, images du paradis.

A bientôt. Je reviens ce dimanche soir.