Léonard Joseph Urbain Napoléon Gallois, « cousin » de Frédéric Soulié

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En 1854-1855, Alexandre Dumas annonce dans son journal, Le Mousquetaire, qu’il entreprend de récolter les fonds nécessaires à l’élévation d’une statue à la mémoire de Frédéric Soulié. Un certain « J. Gallois », qui se dit « cousin de Frédéric Soulié et mandataire de sa soeur unique », intervient alors dans le Mousquetaire pour dissuader Dumas de poursuivre son projet. Alexandre Dumas est alors au faîte de sa gloire. Le combat de « J. Gallois » contre le grand Alexandre Dumas, c’est en apparence celui de David contre Goliath. Mais le dit « J. Gallois » est un ferrailleur redoutable. Il fera finalement capoter le projet de Dumas.

Je réserve le récit de cette bataille au livre que je compte publier sur Frédéric Soulié. Je m’intéresserai ici à l’histoire et à la personnalité du mystérieux « J. Gallois ».

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Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Foix. Naissances… (1815). Document 1NUM/4E1164. Vue 28.

Plus connu sous le nom de Napoléon Gallois, Léonard Joseph Urbain Napoléon Gallois, né à Foix le 29 avril 1815, est le fils de Charles André Gustave Léonard Gallois et de Marie Caroline du Pac, ou Dupac, de Marsoliès 1L’orthographe du vieux nom « du Pac de Marsoliès » varie en fonction des lieux et des époques. Le nom s’écrit « Marsoliès » en Languedoc, « Marsouliès » ailleurs, et « du Pac » (dérivé du castillan opaco ou du gascon deth pac : ubac.) ou « Dupac » de longue date. La forme « Dupac » l’emporte après la Révolution, et le « de Marsoliès/Marsouliès », au moins jusqu’à la Restauration se trouve prudemment omis..

1. Charles André Gustave Léonard Gallois (1789-1851), père de Napoléon Gallois

Né en 1789 à Monaco, fils de Pierre Alexandre Gallois-Montbrun, commissaire des guerres, et de Jeanne Marie Thérèse Montalembert, tous deux Français, mort à Paris en 1851, plus connu sous le nom de Léonard Gallois, Charles André Gustave Léonard Gallois, après de solides études, se destine au commerce. Mais il entreprend d’abord de voyager en Europe. A son retour, il devient le secrétaire particulier d’Aimé Jean François Chassepot de Chapelaine, alors préfet des Alpes-Maritimes, puis préfet de l’Ariège de juillet 1810 à août 1814.

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Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Foix.Mariages. Document 1NUM/4E1302 (1814). Vue 13-14.

Le 31 mars 1814, Charles André Gustave Léonard Gallois épouse Marie Caroline du Pac de Marsoliès à Foix.

Entré en 1813, lieutenant payeur, dans la garde nationale, Léonard Gallois est ensuite, durant les Cent Jours, capitaine d’habillement dans le 2e bataillon des chasseurs des Pyrénées. En 1816, il se trouve arrêté à Toulouse par une bande de verdets et il manque d’y laisser sa vie. Il retourne alors à Monaco, où il fonde un journal républicain, interdit rapidement par le roi de Sardaigne.

En 1818 Léonard Gallois monte à Paris, et après avoir dirigé L’Aristarque et le Bulletin des Chambres et des Tribunaux, il entre à la rédaction du Constitutionnel, où, sous la Restauration, puis sous la monarchie de Juillet, il continuera de mettre sa plume au service de l’idéal républicain.

Parallèment à son activité de journaliste, Léonard Gallois fera oeuvre d’historien du bonapartisme et des révolutions de 1789, de 1830 et de 1848.

Dans les années 1820, il dédie plusieurs ouvrages à l’histoire de Napoléon et de sa famille, puis publie une Histoire pittoresque de la Révolution française, mise à la portée de tout le monde, une Biographie de tous les ministres, depuis la constitution de 1791 jusqu’à nos jours, et une Histoire abrégée de l’Inquisition d’Espagne. A la fin de l’année 1830, il publie La dernière semaine de juillet 1830, ou relation exacte de tout ce qui s’est passé sur le boulevard Saint-Antoine, la place Royale, la place de la Bastille et la rue Saint-Antoine, pendant les glorieuses journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 de ce mois ; écrite jour par jour, heure par heure, et rédige sa monumentale Histoire de la convention nationale, d’après elle-même ; précédée d’un tableau de la France monarchique avant la révolution, et d’un précis de notre histoire nationale pendant la session de l’assemblée constituante et celle de l’assemblée législative, ouvrage dont la publication s’échelonnera de 1834 à 1848. En 1845-1846, il publie encore une Histoire des journaux et des journalistes de la révolution française (1789-1796). En 1851 enfin, peu avant sa mort, il publie son Histoire de la révolution de 1848. Voici l’incipit de cet ouvrage :

DIX AOUT 1792, VINGT-NEUF JUILLET 1830, VINGT-QUATRE FÉVRIER 1848, sainte trinité de dates éternelles ! vous brillerez dans les annales de l’univers alors que les noms plus ou moins détestés des rois de toutes les races contemporaines auront disparu de l’histoire, comme ceux des Mérovingiens ! La postérité la plus reculée arrêtera sans cesse ses regards sur ces trois époques mémorables de la vie du genre humain, comme nous arrêtons les nôtres sur celle de l’expulsion des Tarquins. Elle y puisera les hauts enseignements légués au monde par un passé si digne des méditations du philosophe.

La postérité se demandera comment il se fit que des révolutions si grandes, si profondes ; que tant de résolution, d’intrépidité et d’héroïsme de la part du peuple de France, tant de bonnes intentions et d’efforts surhumains pour asseoir le règne de la vérité, de la justice et de la liberté, n’aient jamais pu porter les fruits que les démocrates et les hommes de bien avaient le droit d’en attendre… » 2Histoire de la révolution de 1848. Tome 1 / par M. Léonard [Charles André] Gustave Gallois. Edition Naud et Gourju, Paris, 1849-1851.

Né en 1789, Léonard Gallois s’est voulu, toute sa vie durant, fidèle aux idéaux de la Révolution qui avait soulevé sa jeunesse. Il laisse en conséquence une oeuvre d’historien engagé et toujours militant.

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Ci-dessus : Buste de Léonard Gallois, terre crue peinte, circa 1832 ; pièce comprise dans la série de 36 bustes commandée à Honoré Daumier par le directeur du Charivari et de la Caricature pour servir de base à une collection de lithographies intitulée les Célébrités du Juste Milieu.

2. Marie Caroline du Pac de Marsoliès, mère de Napoléon Gallois

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Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Document 1NUM/300EDT/E1. FOIX. Naissances… (1793-An X). Vue 181/609.

Née à Foix le 19 messidor an III (7 juillet 1795), Marie Caroline Dupac [de Marsoliès] est la fille d’Alexandre Thomas du Pac de Marsouliès (1761-1835) et de Jeanne Lafont de Sentenac (1776-1836).

Issu du mariage de Paul Auguste du Pac de Marsoliès, seigneur de Marsoliès, et de Marie de Forgues ; d’où petit-fils d’Alexandre du Pac de Marsoliès, mousquetaire du roi, dit « le Chevalier de Marsouliès », et de Françoise de Méritens de Pradals ; d’où, plus originairement encore, lointain descendant de ce Jean-Jacques du Pac, seigneur de Mondou au XVIe siècle, qui, après avoir adhéré à la Réforme, quitte le Couserans pour se réfugier au Mas d’Azil, puis acquiert en 1632 les deux seigneuries de Marsouliès et de Campagne[-sur-Arize] 3Cf. Wikipedia : Campagne-sur-Arize., Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès] est en 1795 officier de la gendarmerie en Ariège. Il a donc opté pour la République, tandis que Paul Auguste du Pac de Marsoliès, son père, a émigré. Dans son office de gendarmerie, Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès], qui est basé à Foix, y fait équipe avec François Tartanac, commandant, et Bernard Lafont de Sentenac, brigadier. Du patriotisme des premières années de la décennie 1790, les trois hommes vireront ensuite au bonapartisme. Indice des passions politiques du temps : François Tartanac, au cours de la décennie, aura un fils nommé « François Emile Lapaix Tartanac » ; et Bernard Lafont [de Sentenac], un fils nommé « Jean Laguerre Lafont ».

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Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Document 1NUM2/1EDT/GG11. Baptêmes… (1779-1793). Vue 373.

Le 17 juillet 1792, Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès] épouse à Foix Jeanne Lafont [de Sentenac], fille de Bernard Lafont [de Sentenac], dit « le Riche », licencié en droit, seigneur de Sentenac de Sérou, et de Madeleine Tignol. Le couple aura trois filles : Alexandrine Dupac [de Marsoliès], née à Foix, rue de Labistour, le 14 mai 1793 ; Marie Caroline Dupac [de Marsoliès], née à Foix, rue de la Faurie, le le 19 messidor an III (7 juillet 1795) ; Marie Catherine Adèle Dupac [de Marsoliès], née à Foix le 20 vendémiaire an V.

Le 15 floréal an IX (5 mai 1801), Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès], dit alors « négociant », co-signe en tant que témoin l’acte de baptême de Jean Alexandre Lafont, autre fils de son beau-frère Bernard Lafont [de Sentenac].

Circa 1810, revenu à son office de gendarmerie, le même Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès] lie amitié avec Charles André Gustave Léonard Gallois, d’abord secrétaire du préfet de l’Ariège, Aimé Jean François Chassepot de Chapelaine, puis quartier-maître de la garde nationale du département de l’Ariège.

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Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Document 1NUM/4E1302. Foix. Mariages… 1814. Vue 13-14.

Le 31 mars 1814, Charles André Gustave Léonard Gallois épouse à Foix Marie Caroline Dupac [de Marsoliès], l’une des trois filles de son ami Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès]. La jeune femme est âgée alors de dix-neuf ans, et non point de dix-sept ans comme indiqué sur l’acte de mariage. Léonard Joseph Urbain Napoléon Gallois naît de cette union, le 29 avril 1815 à Foix.

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Archives de Paris. Etat-civil. Mariages. XVIIIe arrondissement. 23 février 1869. Vue 8.

Le 23 février 1869, soit cinquante-quatre ans plus tard, Marie Caroline Dupac [de Marsoliès], alors veuve de Charles André Gustave Léonard Gallois, assiste au mariage de son fils à Paris, dans le XVIIIe arrondissement, et elle appose sur l’acte correspondant une signature tremblée.

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Archives de Paris. Etat-civil. Décès. 9 février 1871. Vue 12.

Le 9 février 1871, Marie Caroline Dupac de Marsoliès meurt à son domicile, 6 rue Audran, toujours dans le XVIIIe arrondissement. L’acte de décès lui prête « soixante-quatorze ans ». Elle avait, au vrai, soixante-seize ans.

On ne sait rien de la personnalité de Marie Caroline Dupac de Marsoliès. Descendante d’une aristocratie de longue date, elle a épousé le 31 mars 1814, en la personne de Charles André Gustave Léonard Gallois, outre un simple roturier, un sectateur des idées du 10 août 1792 et de la République jacobine. Il est vrai que Alexandre Thomas Dupac [de Marsoliès], son propre père, qui avait opté pour la Révolution dès la première heure et qui a eu plus tard Charles André Gustave Léonard Gallois pour ami et compagnon d’armes, avait par là prêché exemple. Il faut croire que Marie Caroline Dupac [de Marsoliès] s’est plu à suivre cet exemple. Elle signe « Veuve Léonard Gallois, née Dupac » tout court, en 1869, sur l’acte de mariage de son fils. L’administration de la Troisième République, quant à elle, lui rendra l’entièreté de son nom de naissance, « Marie Caroline Dupac de Marsouliès », sur son acte de décès, daté du 9 février 1871. A noter que les élections du 8 février viennent de donner à l’Assemblée une majorité monarchiste…

3. [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois

Ariégeois de naissance, [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois a quitté de bonne heure son département natal. Elevé à Paris, il y marchera bientôt sur les traces de son père. Il deviendra à son tour journaliste et écrivain.

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BnF. Département des manuscrits. Fichier Bossu.

A partir de 1834, Napoléon Gallois collabore au Réformateur, puis au Journal du Peuple et à la Réforme, trois journaux d’opposition républicaine. Dans les années 1840, quittant Paris pour la province, il devient rédacteur en chef du Courrier de la Sarthe, puis de l’Almanach du Bonhomme manceau, puis encore du Démocrate vendéen. Dans le même temps, il publie le Petit Dictionnaire de nos grandes Girouettes (1842, sans nom d’auteur), Une passion de salon (1846, comédie-vaudeville), Les Corsaires français sous la République (1847, deux volumes), La Vie politique de Ledru-Rollin (1849).

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BnF. Département des manuscrits. Fichier Bossu.

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BnF. Département des manuscrits. Fichier Bossu.

Après le coup d’état du 2 décembre 1851, qui entraîne la suppression du Démocrate vendéen, Napoléon Gallois retourne à Paris. Cependant qu’il collabore à la rédaction du grand Dictionnaire de la Conversation, il publie Théâtres et artistes dramatiques de Paris (1754-1756) ; Les Armées françaises en Italie, 1494-1849 (1859), Agrandissement de la France. La Savoie et Nice (1860), Les Chemins de fer illustrés (1862), Biographie contemporaine des artistes du Théâtre-français (1867), Les Curiosités de l’exposition maritime internationale du Havre (1868). Le jeudi 20 octobre 1870, lors du siège de Paris, vengeant ainsi [Charles André Gustave] Léonard Gallois, son père, qui, sous la Restauration, « pour avoir poussé des cris séditieux et commis le délit d’outrage contre la personne du roi dans un ouvrage dont il s’est reconnu l’auteur », a passé un an à la prison Sainte-Pélagie, lui, [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois, est nommé directeur de la dite prison 4Cf. Jules de Marthold, Memorandum du siège de Paris, 1870-1871, p. 119, Editions Charavay frères, Paris, 1884.. Il meurt à Paris, 4 rue Ravignan (XVIIIe), le 11 septembre 1874, à l’âge de cinquante-neuf ans.

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Archives de Paris. Etat-civil. Décès. 11 septembre 1874. Vue 11.

« Vendredi 11 septembre a eu lieu l’enterrement civil de notre regretté F gallois_napoleon1869_3 Napoléon Gallois, publiciste, décédé à l’âge de 60 ans, en son domicile, rue Ravignan, n° 4 à Paris. […].

Beaucoup d’hommes politiques et de Franc-maçons ont tenu à accompagner au champ du repos ce vaillant apôtre de la démocratie.

Sur la tombe, un de nos FF gallois_napoleon1869_3, originaire de la Sarthe, où Napoléon Gallois a si longtemps soutenu l’idée républicaine dans plusieurs journaux, a prononcé quelque mots d’adieu desquels nous extrayons ce passage énergique : « Je ne vous retracerai pas les persécutions qu’il a endurées pour la cause qu’il défendait si ardemment ; mais je proclamerai bien haut sur sa tombe que son auréole de martyr s’élève resplendissante et pure à côté du souvenir à jamais flétri de ses persécuteurs… C’est la seule consolation que j’offre à sa femme et a sa fille éplorées et à la démocratie qui perd en Napoléon Gallois un de ses plus fermes soutiens. » 5La Chaîne d’Union de Paris. Journal de la maçonnerie universelle. Dixième Année. Troisième série. p. 703.

On ne sait rien du lien que [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois a pu entretenir avec sa mère, ou encore avec sa parentèle ariégeoise.

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Héritier par sa mère d’une aristocratique ascendance, il ne faisait, semble-t-il, aucun cas de cette dernière. Dédaigneux des conventions sociales, il ne se souciera que tardivement de régulariser sa liaison avec Clémence Houlbert, liaison qu’il entretenait depuis plus de trente ans et dont il avait une fille, Léonine Clémentine, née au Mans le 17 décembre 1846, i. e. à l’époque où il était rédacteur en chef du Courrier de la Sarthe. A Paris, 4 rue Ravignan, il a vécu dans le quartier des plaisirs, près du Chat Noir, du Moulin Rouge, du Lapin Agile…

On ne sait pas s’il est souvent retourné à Foix. Mais il y avait des contacts, et il demeurait de la sorte bien informé des nouvelles ariégeoises. C’est ainsi qu’en 1854, après avoir appris qu’Antoinette Françoise Fanny Soulié ne voulait d’une statue de Frédéric Soulié ni à Foix ni à Mirepoix, il se propose de le faire savoir au trop entreprenant Alexandre Dumas. Il se présente à cette fin, dans la suite de lettres qu’il adresse à Dumas via les colonnes du Mousquetaire, comme le « cousin de Frédéric Soulié » – entendez ici son « pays » – et le « mandataire de sa soeur unique ».

Dans son Petit Dictionnaire de nos grandes Girouettes, en 1842 déjà, Napoléon Gallois consacrait à Dumas cette note assassine :

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Ci-dessus : extrait du Petit Dictionnaire de nos grandes Girouettes d’après elles-mêmes. Biographies Politiques Contemporaines, publié par Napoléon Gallois en 1842 sans nom d’auteur.

La cause que Napoléon Gallois défend en 1854 au nom d’Antoinette Françoise Fanny Soulié, est mutatis mutandis celle du pot de terre ariégeois contre le pot de fer parisien. Rompu aux éclats de l’écriture polémique, tout comme [Charles André Gustave] Léonard Gallois, son père, qui avait publié en 1821 Les Pétards et coetera, par celui qui va écouter aux portes, [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois fera si bien soupçonner la pureté des intentions de Dumas que, conformément à la volonté de Antoinette Françoise Fanny Soulié, la statue de Frédéric Soulié ne verra pas le jour. En tout cas, ni à Foix, ni à Mirepoix.

C’est là, comprenne qui voudra, le témoignage hautement paradoxal de la fidélité que [Léonard Joseph Urbain] Napoléon Gallois conservait à l’endroit de son Ariège natale.

References   [ + ]

1. L’orthographe du vieux nom « du Pac de Marsoliès » varie en fonction des lieux et des époques. Le nom s’écrit « Marsoliès » en Languedoc, « Marsouliès » ailleurs, et « du Pac » (dérivé du castillan opaco ou du gascon deth pac : ubac.) ou « Dupac » de longue date. La forme « Dupac » l’emporte après la Révolution, et le « de Marsoliès/Marsouliès », au moins jusqu’à la Restauration se trouve prudemment omis.
2. Histoire de la révolution de 1848. Tome 1 / par M. Léonard [Charles André] Gustave Gallois. Edition Naud et Gourju, Paris, 1849-1851.
3. Cf. Wikipedia : Campagne-sur-Arize.
4. Cf. Jules de Marthold, Memorandum du siège de Paris, 1870-1871, p. 119, Editions Charavay frères, Paris, 1884.
5. La Chaîne d’Union de Paris. Journal de la maçonnerie universelle. Dixième Année. Troisième série. p. 703.

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