Aux abords de Mirepoix, sur la route de Jacquet.
Au bord de l’Hers en novembre
Seul jardinier, au pied du château de Terride, le vieux Chronos s’inquiète des légumes et roule sa brouette. ((Silènes, Seul jardinier))
La passerelle est sous la feuille. Tu finiras lierre terrestre. ((Silènes, Au mandement de la traverse))
A pas de loup, dans le détour de la gent verte. ((Ibidem))
Rives désertes.
Ombres obliques.
On a marché sur le globe terraqué.
L’espace est courbe.
Belle enfant.
Beau requin. Nage dans l’Hers toute l’année.
La dormeuse et son ombre. Mère de la belle enfant, du beau requin, et de trois autres belles créatures encore, que l’on ne voit pas ici.
Belles pierres, qui sont là, avec d’autres, sous les yeux de tout promeneur des rives, et dont personne n’a su me dire d’où elles proviennent.
Rives sereines.
Oiseaux de passage.
Oiseaux à tire d’aile. Images de la vie belle.
A Mirepoix, La Llum del Laberint – Photographies de Jordi Cané
Trois superbes affiches, actuellement accrochées sous le couvert, de part et d’autre de la porte de la Mairie et de l’Office de Tourisme, signalent l’ouverture de l’exposition La Llum del Laberint. Sur le détail reproduit ci-dessus, vous aurez reconnu à son air de déjà-vu le pavé de la cathédrale Saint Maurice. Invité à Mirepoix dans le cadre du jumelage de notre commune avec celle de Palafrugell en Catalogne, le photographe Jordi Cané expose à l’office de tourisme, dans la Salle des Métiers d’Art, une série de vues dédiées à la cathédrale, au palais épiscopal et au labyrinthe de la chapelle Sainte Agathe.
Usant tour à tour des ressources du noir et blanc et de la couleur, Jordi Cané donne à voir l’univers de la cathédrale de façon mystérieusement épurée, dans la stricte évidence d’une lumière blanche et mate qui accuse la découpe des formes éclairées et préserve, dans le même temps, parfois poudré d’un grain de nuit, le silence des pierres, le secret de la matière refermée sur la profondeur du temps.
Certaines des photos en noir et blanc sont tirées en sépia. Empruntant ici à l’esthétique des cartes postales anciennes, Jordi Cané illustre de la sorte à la fois le destin du passé, qui voue les « pierres sauvages » ((Titre du roman dédié aux bâtisseurs du Moyen Age par l’architecte Fernand Pouillon.)) au possible du devenir-image, et le destin des images, qui est – major e longinquo reverentia – de désigner les « pierres sauvages » au possible de notre révérence, par effet de grandissement.
Dédiées aux rayons et aux ombres, les photos couleur illustrent quant à elles, de façon plus baroque, l’étrange effet de clavecin oculaire sous les dehors duquel matière et couleur se confondent, reconduites ainsi à leur parenté abyssale, ou, comme dit le poète, à leur « ténébreuse et profonde unité ».
Quelques vues empruntées à l’exposition…
Les photographies de Jordi Cané sont exposées à l’Office de Tourisme de Mirepoix, dans la Salle des Métiers d’Art. L’exposition dure jusqu’au 6 novembre 2010.




























