Peintures de Jean-Pierre Pourtier

Voici comment la peinture de Jean-Pierre Pourtier m’est apparue la première fois. Eblouie, placée sous la haute commination des ombres.
 
Je me suis souvenue de ces ombres lorsque j’ai revu les toiles de Jean Pierre Pourtier, un an plus tard, dans sa galerie du Carla-Bayle.

 
La commination cette fois n’était plus dans les ombres, mais dans les couleurs crues, la pâte violente, et la superposition des deux lignes obliques, qui traversent et crucifient le plan originel.

 

 

 

Deux corps. Deux visages. Une femme. Un enfant. Et si l’on regarde bien, d’autres visages encore.

Un soir, sur le rempart du Carla-Bayle, Jean-Pierre Pourtier racontait deux ou trois choses de la vie. Ses mots faisaient dans le crépuscule comme des ombres sur les toiles que nous venions de voir. Il racontait le moment de l’enfance. Il racontait l’hiver au Carla-Bayle. Et il disait de la peinture qu’elle vient sans prévision possible, comme une rage qui se déchaîne, qui exige des couleurs violentes, de la matière, du geste, puis s’éteint aussi soudainement qu’elle s’est déchaînée. A l’instant même, le tableau est fini.

 

Jean-Pierre Pourtier décrit le même raptus sauvage à propos des textes qu’il noircit, sans, dit-il, les relire. Je lui ai demandé s’il y a un rapport entre ce qu’il écrit et ce qu’il peint. Il m’a répondu qu’il ne sait pas s’il écrit pour peindre, ou s’il peint pour écrire. L’écriture, peut-être, lui semble plus cruciale encore.

 

Je n’ai lu aucun des textes de Jean-Pierre Pourtier. Certains d’entre eux, m’a-t-on dit, ont été publiés dans des revues. J’espère que Jean-Pierre Pourtier m’en fera connaître quelques uns.

Les tableaux de Jean-Pierre Pourtier sont visibles tout l’été à la galerie Pourtier du Carla-Bayle. C’est au bout de la « Rue des Arts », i. e. au bout du rempart, au-dessus de la petite place sur laquelle sont installées les sculptures du même Jean-Pierre Pourtier.

Je parle de ces sculptures dans Au Carla-Bayle, sculptures de Jean-Pierre Pourtier et dans Jean-Pierre Pourtier expose à la galerie 113.

 

Pour voir sur le Net d’autres toiles de Jean-Pierre Pourtier, rendez-vous sur le site Jean-Pierre Pourtier/Peintures 2007-2009.

Analogies – A propos d’une dame au chapeau de paille

 

 

C’était hier après-midi au bord de l’Hers-vif. Assise à côté de son mari, la dame lisait, tandis leurs trois garçons s’ébattaient joyeusement dans la rivière. A leurs cris, nous savions qu’ils étaient anglais.

Le ciel, les nuages, l’eau, et ce petit chapeau de paille, tout dans la lumière de ce bel après-midi d’été exposait l’imagination à l’afflux voilé des images de la peinture…

Ci-dessus : Claude Monet, La Promenade ou La Femme à l’ombrelle, 1875 (portrait de Madame Monnet et du petit Michel) ; Pablo Picasso, Femme au chapeau blanc, 1920-1921.

Hers-vif, Hers-mort, ou le partage aquitain

 

Ci-dessus : vue du bord de l’Hers-vif à Mirepoix, en juin 2010.

Depuis le temps que j’entends parler de l’Hers-vif et de l’Hers-mort, j’ai eu envie de mettre au clair ce que j’en savais. J’ai pensé ensuite qu’il ne serait pas inutile de partager ces quelques lumières.

Quand on parle de l’Hers, ou du LLers, ou encore du Lhers, selon la graphie ancienne, il convient de préciser duquel il s’agit, car il y en a deux !

L’Hers-vif prend sa source en Ariège, près du col du Chioula, à l’endroit nommé Font de l’Hers ou Font du Drazet (1500m). Il passe successivement à Prades, Comus, Fougax-et-Barrineuf, Le Peyrat, Sainte-Colombe sur l’Hers, Chalabre, Camon, Lagarde, Roumengoux, Moulin Neuf, Mirepoix, Mazères, Calmont. Il se jette dans l’Ariège peu avant Cintegabelle.

Il se charge en route de diverses eaux affluentes, dont celles du Lasset, descendues des pics de Soularac et du Saint-Barthélémy ; de la fontaine intermittente de Fontestorbes ; du Blau à Chalabre ; de l’Ambronne à Moulin Neuf ; du Douctouyre ; de la Vixiège.

L’Hers-mort prend sa source dans l’Aude, à l’ouest de Laurac et du seuil de Naurouze, qui constitue la ligne de partage entre les eaux de la Méditerranée et celles de l’Atlantique. Il creuse d’abord son chemin dans le terrefort du Lauraguais, puis coule dans le couloir de Naurouze. Traversant ainsi deux départements, l’Aude, puis la Haute-Garonne, il passe par Mayreville, Peyrefitte-sur-l’Hers, Salles-sur-l’Hers, Saint-Michel de Lanès, Villefranche de Lauraguais, Baziège, Labège, Belberaud, Montaudran, Toulouse, Saint-Alban, Saint-Jory, Castelginest, Balma, et se jette dans la Garonne à côté de Castelanau-d’Estrétefonds, près de Grenade.

L’Hers-mort a pour affluents le Girou, la Marcaissonne, la Saune, le Jammas, le Thésauque, le Gardijol. Il est alimenté en outre par le barrage de la Ganguise, situé près du seuil de Naurouze.

L’Hers-mort doit son nom aux épisodes d’assèchement qu’il a connus chaque été, avant la construction du barrage de la Ganguise. Celui-ci contribue désormais au maintien de l’étiage.

 

Vues « satellite ». De gauche à droite : cours de l’Hers-vif ; cours de l’Hers-mort.

 

Vues « earth ». De gauche à droite : cours de l’Hers-vif ; cours de l’Hers-mort.

Cliquez sur les cartes pour les agrandir.

Les deux Hers rejoignent via le couloir de Naurouze le bassin versant aquitain.

Née aux environs des Angles, dans les Pyrénées orientales, l’Aude, quant à elle, rejoint à partir de Carcassonne le bassin versant méditerranéen.

 

La vue aérienne montre comment s’opère ici le partage des eaux. L’Hers-vif et l’Hers-mort versent à l’ouest du seuil de Naurouze vers le bassin aquitain. L’Aude verse à l’est du seuil de Naurouze, vers le bassin méditerranéen.