Analogies – Histoire de lointain

 

Ce header (en-tête) en forme de montagne a une histoire. Je le transfère et le transforme de machine en machine et de site en site depuis l’année 2000. Il vient d’une image-source que j’ai empruntée à un site allemand d’informatique et que j’ai enregistrée à l’époque sur mon Palm, sans savoir ce que j’en ferais, simplement parce qu’elle me plaisait. Il se trouve que lorsque que je l’ai enregistrée, suite à un bug du transfert, elle s’est non seulement pixellisée, mais redéployée par rapport à un axe de symétrie né de rien, ou plutôt du hasard de l’informatique telle qu’elle va. J’y ai vu une sorte de signe : j’ai conservé cette image en l’état, je l’ai intitulée « Lointain », et j’en ai fait une sorte de fétiche. Je l’ai par la suite utilisée comme background (fond d’écran) sur chacune de mes machines, tout en la faisant évoluer, soit pour la mettre au format de chacune des dites machines – collection d’ordinateurs de poche, ordinateurs portables, téléphones portables, smartphones, etc. -, soit pour satisfaire à la couleur du moment. C’est ainsi que j’en suis venue à lui adjoindre par fusion/superposition le profil du Saint-Barthélémy et celui du clocher de la cathédrale de Mirepoix.

 

Ci-dessus, à droite, c’est l’original de mon image de lointain.

 

Or voici qu’il y a quelques jours, je suis tombée par hasard sur ce tableau de Ferdinand Hodler (1853-1918), peintre suisse, maître de l’esthétique symboliste. La toile s’intitule Eiger, Mönch und Jungfrau über dem Nebelmeer, L’Eiger, le Mönch et la Jungfrau au-dessus de la mer de nuages. Elle date de 1908. J’ai reconnu mon image-source. Ou plutôt, j’ai compris que mon image fétiche constituait un avatar de cette peinture-source. Je me suis inquiétée alors de figurer le Saint-Barthélémy sur fond de Jungfrau ! Pourquoi traînais-je après moi cette image désancrée ?

Eh bien, sans entrer dans la psychologie des profondeurs, j’ai vécu trente ans dans les Alpes ! Sauf à s’amputer de son vif, la sensibilité ne se refait pas. Elle a une histoire, qui va, sans retour amont. Je préfère pourtant les Pyrénées. Elles sont bleues. Mais le bleu, tout comme le pyrénéisme, est chose mentale, bien plutôt que chose géographique.

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