Benjamin de Lévis Montmaur (circa 1615-1653) ou la passion et le drame des châteaux

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« En 1457, Leuc fut acheté par Arnaud Dax, citoyen de Carcassonne, duquel sont sorties les maisons Dax d’Axat et Dax de La Serpent. »

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La cheminée de la grande salle du château de Leuc et la porte de la tour de l’escalier du château, portent aujourd’hui encore les armes de la maison Dax d’Axat et de Cessales, sculptées sur la pierre : « D’azur à un chevron d’or, chargé sur la pointe d’une quintefeuille de gueules » 1Armorial général de la France par d’Hozier. Registre I, p. 186.. La maison Dax a pour devise ce vers de Virgile : Decus et tutamen in armis, « Gloire et protection par les armes » 2Énéide, livre V, v. 262.

« En 1648, par décret du parlement de Toulouse, Paul Dax, de la maison Dax d’Axat, fut évincé pour cause de dettes de la terre et de la seigneurie de Leuc, en faveur de Benjamin de Lévis Montmaur, adjudicataire. Le décret fut exécuté manu militari, après une lutte sanglante… » 3Alphonse Mahul. Cartulaire et archives des communes de l’ancien diocèse de Carcassonne. Volume 5, p. 188 sqq.

Benjamin de Lévis Montmaur, né circa 1615, fils d’Antoine de Lévis († 1617), seigneur de Montmaur, et de Marguerite d’Astarac de Fontarailles, a en 1637 de « bonnes raisons », au moins dans la logique du temps, de poursuivre Paul Dax. Après la mort d’Antoine de Lévis Montmaur, Marguerite d’Astarac de Fontarailles († 1632), a épousé en 1618 ou 1619 Paul Dax, seigneur de Leuc, frère de Ramond Dax, seigneur d’Axat. Elle meurt en 1637. En 1638, Benjamin de Lévis Montmaur, qui a vécu ses primes années au château de Leuc, puis passé le reste de sa jeunesse à Graulhet, chez sa tante Louise de Lévis, épouse de Jean Claude de Lévis, seigneur de Bélesta, dit « le baron d’Audou », réclame à Paul Dax, son beau-père, « la répétition de la dot de de feue dame de Fontarailles, sa mère ». Paul Dax demeure sourd à cette requête. Perclus de dettes, il n’est, à vrai dire, aucunement en mesure de s’exécuter. Dès 1632, soucieux de se prémunir de la saisie, il a pris soin de « faire donation de tous ses biens, plus vraisemblablement de simuler la vente de ces derniers, en faveur de Jean Esperonat, bourgeois de Pézenas, lors résidant à Carcassonne ».

En 1645, Michel de Lévis Montmaur, né circa 1610, fils d’Antoine de Lévis († 1617), seigneur de Montmaur, et de Marguerite d’Astarac de Fontarailles, frère aîné de Benjamin de Lévis Montmaur, obtient un décret sur la seigneurie de Léran, en paiement de la somme de 80.000 livres qui était due à Antoine de Lévis, son père, au titre de la légitime, par Jean Claude Gabriel de Lévis Léran, frère de ce dernier. En 1646, la terre et le château de Léran sont vendus au profit de Michel de Lévis Montmaur. Jean Claude Gabriel de Lévis Léran refuse toutefois de quitter la place.

Le 12 septembre 1648, nonbstant les manigances de Paul Dax, « l’adjudication, par devant la Cour du parlement de Toulouse, de la terre et seigneurie de Leuc et ses dépendances, appartenant ci-devant à Paul Dax, se fait en faveur de Benjamin de Lévis de Montmaur, seigneur de Boucaud, au prix de 48.000 livres, somme que celui-ci a réellement consignée, quoique sur icelle il soit créancier privilégié et préférable ». Paul Dax cependant refuse de quitter la place.

Le 26 mai 1649, après dix-sept années de procédure, Benjamin de Lévis Montmaur obtient l’exécution d’un verbal de mise en possession de la terre et seigneurie de Leuc, lequel verbal porte que « le sieur d’Axat viderait incontinent le dit château, avec éjection des meubles à la rue en cas de refus ». Me Hughes Vedelly, « conseiller du roi en sa Cour du parlement de Toulouse, commissaire député à l’exécution des arrêts d’icelle », se trouve chargé ici de l’intervention. Arrivant de Revel où il réside, Me Hughes Vedelly est descendu à Carcassonne « au logis où pend pour enseigne Les Trois Chandeliers ».

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Le 28 mai 1649, flanqué de son clerc Me Jean Friques, huissier, de Me Jean Sauj, greffier au sénéchal de Carcassonne, de Pierre Bernard Rouaix, procureur fondé de Benjamin de Lévis Montmaur, de Jean Nicolie, habitant de Revel, et de Jean Verne, habitant de Puylaurens, Me Hughes Vedelly quitte Carcassonne et se présente au château de Leuc, « à l’heure de neuf du matin échue, qui est l’heure à laquelle l’assignation a été donnée ». Il trouve la porte fermée. Il heurte et commande d’ouvrir. « Quelques soldats armés de fusils et de pistolets qui sont au derrière de la porte et sur la muraille d’icelle ainsi qu’aux fenêtres du château, crient que si nous ne faison retirer nos gens qu’ils leur tireront dessus ». Au deuxième commandement de Me Vedelly, ils font mine de tirer sur les gens qui l’accompagnent. Me Vedelly alors se retire et commande à Me Frisques d’aller chercher aide et main-forte.

Un peu plus tard, arrivent « plusieurs gentilhomme et soldats au nombre de vingt-cinq ou trente ». Me Vedelly se propose de faire forcer une petite porte « qui est du côté de la terrasse du château » et ordonne aux soldats d’investir les maisons du bourg voisines de cette terrasse afin de couvrir ceux des soldats qui forceront la petite porte. Mais, se massant alors de ce côté-là, les gens du château « tirent quantité coups de cailloux, de l’un duquel le seigneur de Viviès fut atteint à l’épaule gauche, et tirent aussi quantité de coups de fusils et de pistolets ». Derrière eux, un jeune homme habillé de noir, portant deuil, crie à ceux qui étaient aux fenêtres du château « Tirez ! Tirez ! »

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Me Vedelly et les siens se retirent alors dans l’église et dans les maisons voisines du château.

Plus tard, « sur les quatre heures de l’après-midi », arrive cette fois Ramond Dax, seigneur d’Axat, d’Artigues et du Cayla 4Le Cayla, situé dans le Minervois, commune de Meilhac, Aude., « bien marri de la résistance que ses enfants », Jean III Dax, seigneur d’Axat, de Leuc et du Cayla, et Anne Dax, seigneur de Cessales 5Cessales, commune située dans le Lauragais, à 32 km au sud-est de Toulouse., ont faite jusqu’alors, et qui sollicite d’expliquer leur cause. Mais Me Vedelly doit exécuter l’arrêt du parlement de Toulouse.

« A l’instant aurions pris le chemin dudit château, en compagnie dudit Axat et autres gentilshommes, et entendu tirer trois ou quatre coups de fusils, et vu venir un homme du côté du château à grande course, qui nous aurait dit que des dits coups de fusil un soldat qui était venu à notre main-forte, passant par l’aire qui est devant le château, aurait été blessé et était mourant, ce qui nous aurait obligé de hâter le pas et d’aller vers ledit lieu ; où étant, nous aurions trouvé dans une petite étable, Jacques Tournier, de Puylaurens, gisant à terre et entendu de son long, tout en sang… »

Le 29 mai 1649, « après la messe », Me Vedelly envoie un message au comte d’Aubignoux, lieutenant-gouverneur de la province de Languedoc, dans lequel il sollicite l’autorisation de retenir prisonnier Ramond Dax « pour répondre des actions de ses fils et des soldats qu’il a dans son château », et de faire venir de Carcassonne « deux ou trois pièces de canon », d’autres soldats en renfort ainsi que des munitions. Il procède ensuite à l’audition des témoins concernant les événements de la veille, et à celle des trois chirurgiens appelés au chevet de Jacques Tournier.

Le 30 mai 1649, « de bon matin après la messe », Me Vedelly rencontre près du moulin de Cavanac le comte d’Aubignoux, venu à cheval de Carcassonne. Celui-ci l’autorise à « faire assembler les gens de guerre et à faire conduire les canons nécessaires à l’exécution de sa commission ». Et « sur les quatre heures du soir », Pierre Bernard Rouaix, procureur fondé de Benjamin de Lévis Montmaur, vient annoncer que, de son côté, il a obtenu du comte d’Aubignoux, retourné alors à Carcassonne, l’injonction en vertu de quoi « les consuls de Carcassonne fourniront le canon et les munitions nécessaires à l’exécution de l’arrêt de la Cour ».

Le 31 mai 1649, « vers les six heures du matin », Me Vedelly apprend que « les sieurs de Cayla et de Cessales [Jean III Dax et Anne Dax, fils de Ramond Dax], et autres domestiques coupables des dites rebellion et meurtre, se seraient évadés du dit château pendant la nuit précédente à la faveur de l’obscurité d’icelle, et auraient laissé les portes dudit château ouvertes ». Il se transporte incontinent au château, et, marchant sous le couvert de Ramond Dax, exige de ce dernier que celui-ci lui remette, de pièce en pièce, toutes les clés. Cependant qu’il fait emporter ses tapisseries et ses meubles « avec charrettes et mulets », Ramond Dax promet qu’il remettra aussi les « livres de Recognoissances » lorsqu’il les aura retirés des mains des arbitres du parlement de Toulouse.

Toujours en présence de Ramond Dax, Me Vedelly prend alors par la main Pierre Bernard Rouaix, procureur de Benjamin Lévis Montmaur, et met celui-ci « en la possession et jouissance du château et de la terre de Leuc, avec inhibition et défense aux habitants dudit Leuc de reconnaître autre seigneur que ledit seigneur de Montmaur, ni payer les rentes à autre qu’à lui ou à ses fermiers. »

Me Vedelly ordonne ensuite que Jean III Dax, seigneur de Cayla, fils aîné de Ramond d’Ax, seigneur d’Axat ; le nommé Azibert, palefrenier du dit seigneur d’Axat ; et Roussel de Saint-Hilaire, laquais dudit sieur de Cayla, seront pris et saisis au corps, et ceux conduits et amenés en bonne et sûre garde ès prisons… » Ce qui fut fait. A noter que le valeureux Paul Dax n’a brillé que par son absence durant les événements rapportés ci-dessus.

Me Vedelly regagne alors Carcassonne et s’en va coucher derechef « au logis où pend l’enseigne des Trois Chandeliers ».

Le 29 septembre 1649, Benjamin de Lévis Montmaur, seigneur de Boucaud et de Leuc, épouse à Cavanac Madeleine de Ciran, fille de Louis de Ciran, seigneur de Cavanac, et d’Antoinette de Roquefort. Le couple adopte pour résidence le château de Leuc. Les époux y seront heureux, même s’ils n’ont point eu d’enfant.

Le dimanche 8 juin 1653, Benjamin de Lévis Montmaur se rend au château de Mazerettes, résidence d’été des évêques de Mirepoix, afin d’y visiter Louis Hercule de Lévis de Ventadour, alors coadjuteur de Louis de Nogaret de La Valette, évêque de Mirepoix. Il ne peut pas savoir que, flanqués de Jean Pierre de Labat, sieur de Caudeval, et de soixante à quatre-vingts fusiliers, Jean Claude Gabriel de Lévis Léran, son oncle, et Gaston de Lévis Léran, son cousin, forts de l’aval de Jean Lévis Lomagne, seigneur de Terride, qui est aussi leur oncle maternel, l’attendent sur le chemin du retour, aux abords de Mirepoix.

Vers trois ou quatre heures de l’après-midi, dès que Benjamin de Lévis Montmaur parut, « il fut abattu par une décharge de mousqueterie. On tira en outre sept ou huit coups de feu sur son corps pour l’achever » 6C. Barrière-Flavy. La chronique criminelle d’une grande province sous Louis XIV, pp. 170-171. Editions Occitania. Paris. Toulouse. Marseille. 1926..

Pour quelles raisons Jean Claude de Lévis Léran dirigea-t-il sa fureur vers son cousin, Benjamin de Lévis Montmaur, frère cadet de Michel de Lévis Montmaur, plutôt que vers ce dernier ? Nous l’ignorons », observe C. Barrière-Flavy, moderne chroniqueur du drame.

Quelques jours plus tard, Guillaume Font, prêtre hebdomadier et vicaire principal de l’église cathédrale de Mirepoix, consigne dans son grand registre ce qu’il a vu du drame du 8 juin 1653 :

« Etant allé sur l’heure de vêpres dans l’église du couvent de la Sainte Trinité dudit Mirepoix pour y entendre le sermon, après l’avoir écouté environ un quart dheure, j’y ai été averti par Mr Pierre Jalabert, marchand de cette ville, pour aller assister quelque homme qu’on avoit assassiné tout auprès les masures de l’église de Saint Michel, près la riviere de Lers. Ce que j’ai fait, où étant arrivé, j’y ai trouvé un bon nombre d’hommes et de femmes qui y étaient accourus, et deux hommes couchés par terre, l’un desquels était aux abois de la mort, qu’on dit être le sieur de Bouscaut 7Le Bousquet, village situé au sud d’Axat, non loin d’Escouloubre., auquel j’ai départi le bénéfice d’absolution, et l’autre tout à fait mort qui était vallet dudit sieur. J’ai aussi trouvé un cheval mort au même lieu ; Lequel sieur de Bouscaut fut emporté à même temps au logis dit de la Marinade, au faubourg dudit Mirepoix, où étant, je l’assistai jusque à ce qu’il eût rendu l’âme. Lequel fut apporté le neuvième du courant dans l’église cathédrale, accompagné du chapitre vénérable en corps et la garde, en dépôt jusque à ce jour d’huy du même mois et an, et rendu sur la demande que le sieur Abbé de Saint Polycarpe en a fait audit chapitre, qui l’a accompagné derechef jusque à la porte du faubourg de ladite ville… » 8Pour la graphie originale, cf. Christine Belcikowski. La trace du serpent. Au château de Mirepoix, pp. 133-134. L’Harmattan. 2014.

Le 23 juin 1653, « feut enterré messire Beniamin de Leuy, seigneur de Leuc, dans l’église et chapele Notre Dame dudit Leuc, ayant été ledit seigneur assassiné aux faubourgs de Mirepoix, le huictiesme dudit moys de juin. En foy de quoy j’ai escrit et signé la présante mémoire. Signé Carrent, recteur de Verzeille » (Archives de la paroisse de Verzeille.). Dans la chapelle Notre Dame, la tombe de Benjamin de Lévis Léran consiste en une simple dalle, dénuée de toute inscription. En 1793, elle sera forcée par un voleur, qui n’y trouva rien d’autre que des ossements et « un crâne percé de trois trous ».

Après qu’ils ont perpétré leur forfait, Les assassins de Benjamin de Lévis Léran ont disparu. Après une rapide enquête, la Cour les condamne par contumace : Jean Claude Gabriel de Lévis Léran à être « rompu vif, la tête tranchée la dernière » ; Gaston de Lévis Léran, son fils, à être décapité ; les autres, à être « rompus et leurs corps exposés sur une roue ».

Frappée d’une douleur immense, Madeleine de Ciran, veuve de Benjamin de Lévis Montmaur, harcèle les tribunaux pour que justice soit faite. Le 16 janvier 1654, Jean Claude Gabriel de Lévis, qu’on a finalement arrêté, se trouve présenté à la Grand-Chambre et et à l’Assemblée criminelle. Condamné le 21 janvier 1654 à quatre heures de l’après-midi, il est exécuté le soir à neuf heures. « Toutes les portes de la ville avaient été fermées, les gardes doublées, en prévision d’un coup de main pour enlever le condamné » 9C. Barrière-Flavy. La chronique criminelle d’une grande province sous Louis XIV, pp. 170-171..

Au grand dam de Madeleine de Ciran, Gaston de Lévis Léran obtient en 1657 la réhabilitation de son père. Inconsolable, Madeleine de Ciran s’enferme alors dans son château de Leuc et ne quitte plus la chambre qu’elle occupe dans la grande tour carrée du sud. Il ne subsiste plus de cette tour aujourd’hui que la salle basse, voûtée d’arêtes, et deux étages sous charpente. « Cette salle basse est la chambre, dite « de la Pleureuse », dans laquelle Magdeleine de Ciran, veuve de Benjamin de Lévis Montmaur, assassiné en 1653, a survécu à son époux durant quarante-trois ans.

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Ci-dessus : « chambre de la Pleureuse » au château de Leuc.

A sa mort, Madeleine de Ciran lègue la seigneurie de Leuc à Gabriel de Ciran IX, son petit-neveu. En 1769, Gabriel Guillaume de Ciran X vend la seigneurie de Leuc à Joseph Airolles, marchand de draps à Carcassonne, premier consul en 1728, député aux Etats généraux de la province du Languedoc en 1729. Jeanne Airolles, l’une de ses petites-filles, épousera en 1758 Guillaume Dominique Malroc, seigneur de Lafage, futur maire de Mirepoix de 1791 à 1792.

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Ci-dessus : ancien hôtel de la famille Malroc à Mirepoix.

References   [ + ]

1. Armorial général de la France par d’Hozier. Registre I, p. 186.
2. Énéide, livre V, v. 262.
3. Alphonse Mahul. Cartulaire et archives des communes de l’ancien diocèse de Carcassonne. Volume 5, p. 188 sqq.
4. Le Cayla, situé dans le Minervois, commune de Meilhac, Aude.
5. Cessales, commune située dans le Lauragais, à 32 km au sud-est de Toulouse.
6. C. Barrière-Flavy. La chronique criminelle d’une grande province sous Louis XIV, pp. 170-171. Editions Occitania. Paris. Toulouse. Marseille. 1926.
7. Le Bousquet, village situé au sud d’Axat, non loin d’Escouloubre.
8. Pour la graphie originale, cf. Christine Belcikowski. La trace du serpent. Au château de Mirepoix, pp. 133-134. L’Harmattan. 2014.
9. C. Barrière-Flavy. La chronique criminelle d’une grande province sous Louis XIV, pp. 170-171.

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  • antoine de Moismont at 20 h 59 min

    Y a-il-un rapport entre l’éviction des Dax du château de Leuc et l’assassinat de Benjamin de Lévis par ses cousins de Lévis ?

    • La dormeuse at 9 h 57 min

      Je crois comprendre que c’est leur éviction du château de Léran qui a suscité la fureur des cousins Lévis. Pourquoi ces derniers ont-ils assassiné Benjamin de Lévis Montmaur plutôt que Michel de Lévis Montmaur ? L’occasion, des renseignements sur le passage de Benjamin de Lévis Montmaur à Mazerettes, peut-être ?