Le docteur Dresch dans son cabinet d’Ax-les-Thermes – Une figure du thermalisme et de la médecine légale

En feuilletant, cet été, l’un des albums de cartes postales de mon arrière-grand-mère, je suis tombée sur le beau portrait reproduit ci-contre. Ce portrait figure parmi une série de cartes envoyées par mon arrière-grand-mère à mon arrière-grand-père, depuis Ax-les-Thermes où elle se rendait fréquemment en cure, entre 1900 et 1914. Le portrait se trouve assorti de la légende suivante : "Ax-les-Thermes – Docteur Dresch dans son cabinet". Le bureau, les livres, la plume, l’air penché, tout dénote ici le goût de l’étude et le travail de la pensée, l’homme de science plus encore que l’homme de l’art. Une figure à la Jules Verne. Je n’avais jamais entendu parler de ce docteur Dresch. D’où venait la suffisante notoriété qui avait fait d’un médecin d’Ax-les-Thermes à la Belle Epoque un sujet de carte postale ?

 

La consultation du site Histariège fournit quelques renseignements succincts  :

Georges Dresch (1846-1922) : médecin (nombreuses études sur les eaux thermales d’Ax), préhistorien et président de la SASLA, ou Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, de 1894 à 1901 et de 1904 à 1922. En 1888, il signe dans le bulletin de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, l’article intitulé La grotte du Mas d’Azil et l’industrie préhistorique ; en 1898, La première œuvre de Lakanal, député de l’Ariège à la Convention : organisation du muséum national d’histoire naturelle.

 

 

"Fondée en 1881 autour de F. Garrigou et de l’archiviste F. Pasquier, la SASLA est la créatrice du Musée de l’Ariège. Depuis son origine, elle publie un bulletin annuel sur des communications inédites portant sur l’histoire, l’archéologie, la littérature, l’art et le patrimoine du département de l’Ariège. Ces bulletins restent une référence sur le passé du département. La SASLA ne se réunit plus hélas depuis 2002… et, compilation des communications de 1999, le dernier bulletin annuel sorti des presses date de 2000" 1)Histariege/SASLA .

Adelin Moulis, dans son Dictionnaire biographique et généalogique des Ariégeois, signale qu’avant de publier sous son propre nom, le docteur Dresch "avait écrit, sous le couvert de l’anonymat, de nombreux et variés articles dans les revues et feuilles quotidiennes et dans les journaux politiques" et qu’on "goûtait l’élégance et la sobriété de son style".  Devenu dans les années 1890 spécialiste des traitements hydrothérapiques proposés par l’établissement d’Ax-les-Thermes, le docteur Dresch publie à ce titre de nombreuses études savantes, relatives aux effets du mercure et des eaux sulfureuses sur la syphilis, et il jouit d’une réputation d’excellent vénérologue.

 

 

 

La personnalité médicale du docteur Dresch, observe par ailleurs Adelin Moulis, se trouve "mise en relief dès 1876 à la suite d’une expertise menée par le docteur Bergeron sur le corps d’une femme que l’on supposait avoir été empoisonnée". Georges Bergeron (1838-1891), qui, chargé successivement des célèbres affaires Troppmann (1869), Victor Noir (1870), Billoir (mars 1877), etc., apparaît alors comme l’expert de référence, conclut à l’empoisonnement par la strychnine ; mais Georges Dresch, qui a réalisé l’expertise initiale et qui soutient la thèse de la mort naturelle, publie une brochure de 46 pages dans laquelle il réfute les affirmations de son confrère. La brochure s’intitule Affaire François Toulza, dit Rapala, réfutation des rapports affirmatifs du docteur Bergeron (Paris, 1877). Georges Bergeron alors contre-attaque : il co-signe avec Séverin Caussé, dans les Annales d’hygiène publique et de médecine légale (1878, série 2, n° 50), une Contribution à l’étude de l’empoisonnement par la strychnine, suivie de l’exposé de l’affaire Toulza dit Rapala et de la discussion médico-légale dont elle a été l’objet. Il s’y réclame de l’autorité de son maître Ambroise Tardieu (1818-1879, professeur de médecine légale, doyen de la Faculté de 1864 à 1866, président de l’Académie de médecine, l’Association générale des médecins de France (1867-1876) et du Comité consultatif de l’hygiène publique (de 1867 à sa mort), pour réfuter point par point la thèse de Georges Dresch. J’emprunte à sa Contribution de 1878 l’exposé de l’affaire Touzla reproduit ci-dessous :   

Relation médico-légale de l’affaire Toulza
(Empoisonnement par la strychnine). ·

Cette affaire, qui a été jugée le 3 mai 1877, devant la cour d’assises de l’Ariège, avait vivement préoccupé l’opinion publique, non·seulement à Foix, mais même dans les départements voisins.

L’acle d’accusation, dressé par M, le procureur général Vaulogé, peut étre ainsi résumé :

Le 28 mars 1876, vers onze heures du soir, Marie Rougé, épouse de François Toulza, âgée de vingt-huit ans, mourut presque subitement, à la métairie de Brand, commune de la Bastide-de·Sérou, dans des circonstances toutes particulières. Les symptômes qui accompagnèrent cette mort si brusque parurent extraordinaires aux personnes qui assistèrent à ses derniers moments. En effet, cette femme, jeune encore, ne se plaignait d’aucune maladie. Elle avait passé la veillée chez ses voisins, les époux Lagarde, et chacun avait pu remarquer son air de santé et de gaieté. Elle était à peine rentrée ches elle depuis un quart d’heure, vers les dix heures et demie du soir, que tout le monde était mis en émoi par des cris redoublés partant de la maison Toulza : Annétous, venez vite, Marie se meurt ! Les voisins accourent […]. 

 

M. le juge de paix de la Bastide-de-Sérou ayant été averti le 31 mars, par la rumeur publique, de cette mort, arrivée subitement dans la nuit du 28 mars, se transporta immédiatement sur les lieux, et voici un extrait de la lettre qu’il écrivit, le 1er avril, au chef du parquet de Foix : Il apprend que Marie Rougé, âgée de vingt-huit ans environ, était mariée au sieur Toulza dit Rapala, âgé de trente cinq ans. Elle avait beaucoup à se plaindre de son mari. Celui-ci vivait presque publiquement en concubinage avec sa servante, qui, néanmoins, avait quitté le hameau depuis environ deux mois, et qu’on croyait enceinte ; il y a cinq enfants en très bas âge de ce mariage. Cette femme nourrissait le dernier, qui était très chétif, ce qui était attribué au mauvais lait qu’elle lui donnait. On murmurait que son mari lui faisait prendre quelque potion à ce sujet.

Ladite Marie Rougé alla passer la veillée, bien portante, à la maison voisine de Paul Lagarde, dit Barrau ainé, rentra ensuite chez elle le soir et se coucha. Peu de temps après, elle eut une crise épouvantable, au point que son beau-père se leva à la hâte, courut vers son lit et, en voulant la soulever, la laissa tomber à terre.  Aux cris poussés dans la maison Toulza, le sieur Camel accourut avec sa fille et sa servante, et ils trouvèrent la malade dans un état affreux qu’on attribue à une crise nerveuse. On ne pouvait que très difficilement lui ouvrir les mains. La malade disait : Je me brûle, je vais mourir ! Elle expire peu de temps après ; le mari était présent, il hurlait. 

L’opinion des gens du hameau et de celui des Atiels est très défavorable à Toulza.

Cette femme, après sa mort, avait le ventre enflé. Elle a été enterrée au cimetière de Vic dans la matinée. 

Les docteurs Carbonne et Dresch sont commis à titre d’experts le 31 mars 1876. Déclarant "ne pouvoir former leur opinion que sur les circonstances qui ont accompagné, précédé ou suivi le décès de la femme Toulza, ils donnent après examen leur appréciation sur la cause de la mort et sur la nature des symptômes qui ont précédé cette dernière : "nous disons que rien dans cette mort si subite ne révèle l’ingestion d’une substance toxique. […]. Nous croyons que cette femme est décédée par la rupture de quelque anévrisme développé sur les gros vaisseaux au voisinage du coeur, peut-être aussi par la rupture de quelque tumeur organique contiguë à l’estomac".  

Comme la rumeur d’empoisonnement toutefois se renforce, considérant que "l’opinion publique ne reviendra de sa croyance à un empoisonnement que lorsque la science aura constaté qu’il n’existe dans le corps de la défunte aucune trace de poison", le procureur de la République, en juin 1876, demande aux docteurs Carbonne et Dresch une seconde expertise. L’avis des deux experts demeure inchangé :  

Deuxième rapport des docteurs Carbonne et Dresch

Selon le désir qui nous a été exprimé par M. le procureur de le République, et après avoir de nouveau analysé le dossier concernant Toulza, nous déclarons persister dans les conclusions de notre premier rapport.

Et surtout, nous ne pouvons admettre la supposition de l’ingestion de la strychnine, substance toxique ayant une action spécifique sur la moelle épinière et sur les nerfs moteurs, et déterminant des accidents tétaniques de la plus haute gravité.

Rien de semblable n’a été observé chez la défunte Toulza.

L’opinion publique continuant de crier à l’empoisonnement, le procureur sollicite cette fois la contre-expertise de l’éminent docteur Bergeron. Celui-ci conclut à l’empoisonnement. La justice fait alors procéder, toujours par les docteurs Carbonne et Dresch, à une autopsie de Marie Rougé. Constatant la "présence d’un foyer hémorragique considérable dans l’hémisphère droit", Dresch et Carbonne concluent le 28 juin 1876 à une "apoplexie cérébrale foudroyante". Le tribunal requiert ensuite un chimiste. L’analyse des organes prélevés sur le cadavre de Marie Rougé ne révèle la présence "d’aucun poison inorganique". Georges Dresch et Georges Bergeron campent désormais sur leurs positions.

C’est la thèse de l’empoisonnement qui emporte finalement l’adhésion des jurés. D’où la condamnation de François Toulza dit Rapala, en 1877. 

La lecture de la Contribution à l’étude de l’empoisonnement par la strychnine, suivie de l’exposé de l’affaire Toulza dit Rapala et de la discussion médico-légale dont elle a été l’objet, texte publié par Georges Bergeron un an après la conclusion du procès Toulza, montre de façon très parlante d’où vient qu’ici l’expert et le contre-expert s’opposent.

Georges Dresch, comme il le précise au début de son premier rapport d’expertise, fonde son diagnostic exclusivement "sur les circonstances – les "circonstances" cliniques, s’entend – qui ont accompagné, précédé ou suivi le décès de la femme Toulza", i. e. sur les symptômes, puis sur les résultats de l’enquête anatomo-pathologique.   

Concédant à son jeune confrère la pertinence de son étude clinique, "mais nous savions cela avant que M. le docteur Dresch, dans son mémoire justificatif, voulût bien nous l’apprendre", Georges Bergeron pose en principe que "les phénomènes observés ne sont pas exclusifs de l’hypothèse d’un empoisonnement". Il en déduit que "le poison dont l’absorption est de nature à produire semblables phénomènes ne peut être que la strychnine".  "A ce propos, renchérit-il, qu’il me soit permis, faisant appel à l’expérience de mon savant maître, M. Tardieu, de rappeler une affaire Pégard, dont il a donné la relation […]. Et d’extrapoler : "une déposition identique a été faite par un des témoins dans l’affaire Toulza". Georges Bergeron, on le voit, fonde l’hypothèse de l’empoisonnement d’abord et avant tout sur le faisceau des présomptions induites par l’audition des témoins, même si l’analyse de la potion prescrite par "un sieur Perruquat, de Sentrailles" à Marie Rougé, qui manquait de lait pour nourrir son enfant, n’a rien donné : "ce prétendu remède était composé de poudre de gland, de chêne torréfié, de fenouil, et de 60 grains de genièvre, qu’on devait faire bouillir quelque temps".

 

Il se trouve que, parallèlement à son intervention dans l’affaire Toulza, Georges Bergeron  se soucie de faire campagne pour s’assurer du poste de maître de conférence de médecine légale pratique qui doit être créé en novembre 1877. Soutenu par son maître Ambroise Tardieu, mais handicapé par son "statut d’homme de la Préfecture de police, à cause de son travail à la Morgue, et d’homme du ministère de la Justice, à cause de son statut d’expert de référence" 2)Bruno Bertherat, L’élection à la chaire de médecine légale à Paris en 1879 – Acteurs, réseaux et enjeux dans le monde universitaire, Cairn-Info  et son défaut d’expérience universitaire, il tente d’asseoir sa légitimité sur l’adhésion recueillie par ses nombreuses interventions auprès des tribunaux d’assise. Il se heurte, ce faisant, à l’hostilité de ses confrères et rivaux universitaires, qui ont beau jeu de l’accuser en 1877 d’avoir "faussement affirmé", dans l’affaire Billoir, "que la victime, Jeanne-Marie Le Manach, avait été découpée vivante", et qui, en 1879, l’accusent clairement d’incompétence : "quand on voit comment les autopsies sont pratiquées dans les causes criminelles", dit à son propos un rival, "on a honte pour son pays !" 3)Ibidem. .

 

Georges Bergeron n’obtient pas en novembre 1877 le poste de maître de conférence de médecine légale nouvellement créé, non plus qu’en 1879 la chaire de médecine légale, alors à pourvoir suite à la mort de son vieux maître Ambroise Tardieu. "Au tournant des années 1870-1880, les pasteuriens", adeptes de la méthode expérimentale, formés à l’école de Claude Bernard, "s’imposent progressivement dans le monde médical". Georges Bergeron, dans ce contexte de mutation des principes et des méthodes scientifiques, apparaît comme "un homme du passé" 4)Ibid. .  

Ainsi Georges Dresch, alors à peine trentenaire, obscur médecin de province, l’emporte-t-il en 1877, d’une certaine façon, sur son distingué confrère parisien, le quadragénaire Georges Bergeron, disciple du grand Tardieu, expert de référence, promis, semble-t-il à la chaire tant convoitée de médecine légale, finalement "nommé professeur de pathologie interne à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille, puis médecin en chef de l’asile d’aliénés de Clermont, dans le département de l’Oise (1883-1885)". Rayé en 1885 de la liste des experts près le tribunal de la Seine, cessant de publier à partir de 1880, Georges Bergeron doit en 1884 "démissionner de son poste à la faculté de Lille pour une affaire de moeurs". Le 1er juin 1891, "faisant fonction de médecin sur un vapeur du Havre qui revenait du Congo, il meurt à quelques centaines de kilomètres au large des côtes portugaises" 5)Ibid. .

Georges Dresch, pendant ce temps, est devenu une figure d’Ax-les-Thermes, un spécialiste très couru, un notable respecté. Il ne pratique plus la médecine légale, mais fidèle à son orientation initiale, il se préoccupe d’étudier les effets curatifs ou toxiques relatifs à l’usage médical de diverses "substances inorganiques", dont le soufre, la silice, le sodium,  qui font l’objet d’une forte concentration naturelle dans les eaux d’Ax-les-Thermes. Il publie, à ce titre, nombre d’articles dédiés au traitement de la syphilis par l’action combinée du salvarsan (composé arsenical), du mercure,  et des eaux sulfureuses d’Ax-les-Thermes. Quelques exemples de titres :

  • Des cures intercalaires de la syphilis aux eaux sulfureuses. Mémoire lu à la séance du 1er octobre 1898 au Congrès international d’hydrologie et de climatologie de Liège (Paris, 1899).
  • Index chimique et pratique des stations thermales. Ax. (Paris, 1900).
  • Clinique thermale d’Ax (Paris, 1903).
  • Traité thermal sulfureux de la syphilis : cures simples " intercalaires ", cures combinées avec injections hypodermiques quotidiennes d’un sel soluble d’hydrargyre [nom ancien du mercure] (Paris, Gazette Médicale de Paris, 1908).
  • Salvarsan, mercure et eaux sulfureuses dans le traitement de la syphilis, cures intensives par introductions variées du médicament. Travail présenté au IXe Congrès international d’hydrologie, de climatologie et de géologie, octobre 1913 (Paris, 1915).

Tandis que la syphilis passe dans le discours décadentiste de la fin du XIXe siècle pour une forme laïque du péché originel ou un signe d’entropie 6)Cf. Jean-Louis Cabanès, "Invention(s) de la syphilis", in Romantisme, année 1996, volume 26, numéro 94, pp. 89-109 , Georges Dresch, quant à lui, sans préjuger du reste, se borne à diagnostiquer, puis à traiter. Indifférente à la question des moeurs, l’approche se veut ici, comme jadis dans l’affaire Touzla, objective et purement pragmatique. Ni hygiéniste ni censeur, mais animé sans doute par l’optimisme scientiste du temps, Georges Dresch vénérologue, incarne sur la carte postale reproduite ci-dessus, la figure idéale du médecin à l’ère du progrès.     

 

 

Notes

↑ 1. Histariege/SASLA
↑ 2. Bruno Bertherat, L’élection à la chaire de médecine légale à Paris en 1879 – Acteurs, réseaux et enjeux dans le monde universitaire, Cairn-Info
↑ 3. Ibidem.
↑ 4, 5. Ibid.
↑ 6. Cf. Jean-Louis Cabanès, "Invention(s) de la syphilis", in Romantisme, année 1996, volume 26, numéro 94, pp. 89-109

4 réflexions sur « Le docteur Dresch dans son cabinet d’Ax-les-Thermes – Une figure du thermalisme et de la médecine légale »

  1. Martine Rouche

    Superbe article, dois-je ajouter, comme d’habitude ? Ce coup de projecteur sur le docteur Dresch nous le fait conaître, ou plutôt, nous donne envie de le connaître, sans aller jusqu’au regret de ne pas l’avoir connu, mais pas loin … Il avait une sacrée personnalité pour se dresser, jeune provincial, face à la représentation même de l’institution, et incarner la démarche moderne face aux certitudes arrêtées et à certains préjugés.
    Après Julien Durand, abbé et préhistorien, Georges Dresch, médecin et préhistorien … Il est passionnant de se passionner pour deux domaines …

  2. Martine Rouche

    Dans le bulletin numéro 5 de la SASLA, l’article du Docteur Dresch sur la grotte du Mas d’Azil et l’industrie préhistorique va de la page 233 à la page 252. Il est d’une grande technicité. Je me permets de préférer citer, extraites du même bulletin, des lignes du même auteur, qu’en anglais on appelle  » texte occasionnel  » …

    Alors président de la Société Ariégeoise, le Docteur Dresch a souhaité adresser la lettre suivante à un certain nombre de correspondants :
    Foix, le 17 octobre 1887
    Monsieur et cher collègue,

    Vous connaissez l’Histoire des Ariégeois, dont le septième et dernier volume vient de paraître.
    Connaître l’oeuvre, c’est aimer l’auteur, c’est désirer serrer la main d’un homme, qui sut être à la fois bienveillant et juste pour tous ses compatriotes.
    Profitant du passage de M. l’abbé Duclos dans notre département, les membres du bureau de la Société Ariégeoise ont pensé qu’il y avait lieu de célébrer l’achèvement d’une oeuvre, qui sera pour le pays de Foix ce qu’est pour le pays de Toulouse l’Histoire du Languedoc.
    Il a été décidé d’offrir, lundi 24 octobre, un banquet à l’éminent compatriote, que la Société Ariégeoise a l’honneur de compter parmi ses membres. Cette petite fête de famille, de l’intelligence et du coeur a été gracieusement agréée par M. l’abbé Duclos. Nous espérons que ce projet recevra votre entière approbation et que vous voudrez bien nous adresser votre adhésion d’ici à samedi prochain, 22 du courant.
    Recevez, Monsieur et cher Collègue, l’assurance de mes sentiments distingués.
    Le Président de la Société Ariégeoise,
    Dr Dresch

    Cette lettre est suivie, dans le bulletin n°5, d’un extraordinaire compte-rendu de la  » festejado à Moussu l’abat Duclos », signé d’Arthur Caussou.

    « Moussu l’curè Duclos es dins le païs ! Moussu l’abat Duclos es dins l’Arièjo !
    E aquelo bouno noubèlo carrejado de bouco en bouco, de carrièro en carrièrou, de l’Houspitalet à Sabardu, des bors de l’Ariso as ribos de l’Hers, fa courré dins touti’s cosses des Ariejouèses un gros fresiment .
    […]
    A taulo ! à taulo ! … toutis s’encadièron.
    Moussu l’curè Duclos met à sa dreyto moussu Barrau, mèro de Fouych, è à sa squerro le nostr’illustre pouèto ariejouès, Moussu Raoul Lafagetto. En faço, moussu l’president Dresch ; al coustat d’el, moussu Emilo Darnaut è moussu l’abat Doumenjou.
    […]
    Al dessert, moussu l’president Dresch se lèbo, è, le beire de champagno à la ma, nous dits :
    Messieurs,
    Permettez-moi, au nom de la Société Ariégeoise, d’ouvrir la série des toasts, de boire à la santé de l’historien des Ariégeois.
    Au nom de tous, je remercie M. l’abbé Duclos d’avoir bien voulu accepter cette manifestation sympathique, qui a été en même temps une agréable occasion de nous grouper autour de cette table.
    A M. l’abbé Duclos !

    E toutis aben patat de las mas, à tout englanda.
    […]
    L’abbé Duclos, après mille interventions et textes à lui adressés, en français ou en langue d’oc, dit à tous et à chacun : « Merci à toutis ! Merci ! »
    Et Arthur Caussou termine son récit :
    E la festo se terminec dins un grand sarroment de ma. »

  3. Martine Rouche

    C’est justement cette phrase qui m’a poussée à recopier les extraits de ces pages !  » Patat de las mas, à tout englanda « , c’est grandiose !

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