Les rinceaux de la chapelle castrale de Terride

 

Détail du relevé établi en 1909 par Robert Roger lors d’une visite à la chapelle du château de Terride.

 

Alors que je consultais sur Internet la Médiathèque du patrimoine du Ministère de la Culture, j’y ai trouvé dans la catégorie Dossiers Travaux une page dédiée à Mirepoix. Cette page rassemble une suite de notices relatives à divers dossiers de travaux réalisés ou à prévoir. Ces dossiers concernent tour à tour la cathédrale Saint Maurice, le château de Terride, les maisons des couverts. Ils sont, pour certains, assortis de photos anciennes, dont une série dédiée au pavement de la chapelle Sainte Agathe, une autre au château de Terride. Celle-ci comprend deux clichés des restes de peinture signalés en 1909 sur les archivoltes et les piedroits des fenêtres de la chapelle castrale. Il s’agit de clichés réalisés en 1964 par A. Neury. La redécouverte de ces clichés m’oblige à revenir sur la date à laquelle l’existence des peintures de la chapelle de Terride a été signalée pour la dernière fois.

Voici ce que j’écrivais en 2008 dans l’article intitulé Au château de Terride :  

"On ne sait plus rien des peintures que la chapelle abritait. Celles-ci ont fait l’objet d’un signalement par Robert Roger, en 1909, dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques : "Sur les archivoltes et les piedroits des fenêtres sont tracées des étoiles à huit rais, entre des filets, ou de larges bandes imitant des briques. Dans l’ébrasement se déroulent les linéaments gracieux de rinceaux. Les rinceaux sont rouges sur fond blanc et terminés par des palmettes" 1)Base Mérimée, section Mobilier, Ariège, Mirepoix, peinture monumentale, chapelle castrale. Il s’agit de peintures à la chaux, signalées à l’Inventaire général du patrimoine comme datant de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle".

Signalées en 1909, les peintures de la chapelle de Terride l’ont été encore une fois en 1964. Les clichés en témoignent. Réalisés en noir et blanc, peu lisibles, ces clichés constituent aujourd’hui la dernière trace connue, peut-être la trace ultime, de l’oeuvre gracieuse d’un peintre médiéval. Vu l’effondrement du toit de la chapelle, le délabrement des murs de cette dernière, on ne sait pas si l’oeuvre subsiste encore. Pour l’amour de l’art, pour signifier le regret des choses qui meurent, je reproduis ici les deux clichés de A. Neury : 

 

 

Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

On distingue sur le second cliché l’ombre d’une feuille. Cette ombre fait, à elle seule, la poésie de la chose vue. Secrètement lyrique, le regard du photographe témoigne ici d’un sentiment qui n’a pas d’âge : "comme les générations des feuilles, les générations des hommes…"

 

Notes   [ + ]

2 réflexions sur « Les rinceaux de la chapelle castrale de Terride »

  1. christine

    j’ai habite le chateau de terride de 1960 a 1997, je me souviens avoir vu des restes de ces peintures, quand j’etais enfant ou pouvait encore grace aux restes d’un escalier situes a l’arriere de la chapelle acceder a l’etage de ces peintures. en effet la chapelle se situe au deuxieme etage du batiments le premier etage etait en fait une salle fermee sur le devant par une herse. CeTte salle ne communique absolument pas avec les autres etages de la chapelle. Ce batiment en fait est situe apres le premier fosse et avant le osse interieur d’ou la herse.le seul moyen pour acceder au etages superiers et a cette chapelle etait de passer par l’arriere (cote aude)et par cet escalier dont j’ai parle plus haut.

  2. La dormeuse Auteur de l’article

    Merci de ce précieux témoignage. Merci, merci.
    J’espère bien pouvoir me rendre à Terride cet été et tenter d’accéder à l’étage des rinceaux.
    Si le projet se réalise, je ne manquerai pas de prendre des photos et de raconter.

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