Le canal du moulin – 3. Vers l’embouchure

Après avoir décrit la promenade qui va du Countirou au pont de Raillette, puis du pont de Raillette au moulin "d’embas", je promettais le 7 avril un dernier épisode intitulé "Vers l’embouchure". Cet épisode a tardé, pour des raisons que j’explique ci-dessous. Le voici toutefois, autrement venu que je ne l’avais espéré. 
 
Depuis le petit pont du Foulon, le 7 avril, je voyais l’eau du béal poursuivre sa fuite rapide dans l’étroit défilé que forment en contrebas l’alignement des vieilles fabriques et le talus, couronné de jardins. Je pensais pouvoir une autre fois repartir d’ici et gagner l’embouchure du canal en suivant le bord de l’eau. Je suis revenue par la suite aux parages du foulon, j’ai sillonné le quartier en tous sens, je n’ai trouvé aucune voie qui permette de gagner le bord du béal après le pont du foulon. Le béal, à partir d’ici, est bordé sur ses deux rives de propriétés privées. Dommage, on ne passe pas. 

 

 

 

Faute de pouvoir suivre le cours du béal dans son droit fil jusqu’à l’embouchure, j’ai conçu alors le projet de gagner la dite embouchure – que dis-je ? L’estuaire ! – en passant par l’Hers. J’ai attendu la belle saison. La belle saison est venue. J’ai gagné l’estuaire aujourd’hui même, par la voie décrite sur la carte ci-dessus. 

Venant de Mirepoix, il faut s’engager dans la rue du Pont, descendre dans un champ à gauche juste avant le pont, cheminer sur le sentier qui longe l’Hers, puis entrer dans l’eau, à peu près à la hauteur du moulin "d’embas", visible de loin à travers le feuillage. Là, on prend toujours à gauche le lit de la rivière – sachant que je contournais les trous afin de préserver mon appareil photo, j’ai eu par endroits de l’eau jusqu’aux épaules -, on passe au large d’une première plage de galets, puis au large d’une seconde plage, et arrivé à l’endroit où la rivière se divise en deux bras enfermant une île, on gagne cette île qui abrite une nouvelle plage, blanche et vaste. Depuis cette plage, on aperçoit sur la rive gauche de la rivière, comme un trou de verdure, l’estuaire du béal.

 

 

 

On distingue vaguement sur la photo le pas, fait de trois marches de pierre, qui facilite le déversement de cette eau étroite dans le lit de l’Hers. Certes ce n’est pas ici l’estuaire de l’Orénoque, mais le débit de l’eau se trouve sensiblement augmenté en cet endroit de la rivière, d’où probablement la division en deux bras, dont l’un tire plus fortement à gauche. Le courant se trouve également renforcé autour de la plage, et la remontée de la rivière, surtout après l’orage de ce matin, se révélera, sans surprise, plus difficile que la descente.

Au passage, j’ai remarqué qu’on voit la flèche de la cathédrale dans la trouée des arbres.

 

 

 

Lorsque, au retour, alors que le soleil descend, on distingue au loin cet horizon de collines blondes, on sait qu’on touche au port. On remonte vers la ville – la civilisation – à travers une belle prairie. 

"Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin – A des parfums de vigne et des parfums de bière…. Ce soir-là… – vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade…" 1)Arthur Rimbaud, Poésies, "Roman", 29 septembre 1870

 

A lire aussi :

Le canal du moulin – 1. Du Countirou au pont de Raillette
Le canal du moulin – 2. Du pont de Raillette au moulin

 

Notes   [ + ]

1. Arthur Rimbaud, Poésies, "Roman", 29 septembre 1870

3 réflexions sur « Le canal du moulin – 3. Vers l’embouchure »

  1. La dormeuse Auteur de l’article

    Merci du petit mot et du lien.
    Je me suis rendue sur aphorismes-billevesees.blogspot.com, j’ai admiré les superbes photos, les pingouins aussi, et j’ajoute à mon tour aphorismes-billevesees dans ma blogoliste.
    Amitiés.

  2. sam

    Bravo pour vos explorations aventureuses ! Il y a bien eu un chemin bordant rive gauche le canal apres le foulon, mais, plus de poisson , plus de pecheur … Le canal se perd ensuite dans une zone touffue avec des bras multiples et des eaux dormantes : Le « breilh  » c’est cette partie entre l’Hers et la civilisation .Un refuge pour une faune et flore rares que seuls quelques inities observent.Chaque saisons les plages de galets changent de forme . Des amas de branchages arraches à la terre s’ammoncellent comme des barrages de castors geants .Le breilh , ici ,un peu nulle part ,pour personne, l’idee du rien s’invite, ni eau ni terre. Il faut pousser vers Besset et d’autres surprises .

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