A Lavelanet


Le Pog, surmonté par les ruines de la forteresse de Montségur
Détail emprunté à la vue générale de Lavelanet, reproduite ci-dessous.

 

Je me suis rendue à Lavelanet, siège du pays d’Olmes-Mirepoix, autrement appelé pays des Pyrénées Cathares. Au-dessus de la ville, sur fond de nuées noires, trône la silhouette de Montségur.


 

Lavelanet, vue générale et route de Foix
Au dernier plan, à gauche, le Montagne de la Frau, à droite les trois pointes du Pic de Soularac, et à l’extrême droite, le Pic de Saint-Barthélemy. Au second plan au centre, le Pog et le château de Montségur. Carte Postale ancienne (1901) en noir et blanc. Cliché: Editions Guionie et Cie, Toulouse.


 

Cernée par la montagne, la ville s’étire maigrement, à l’ombre de cette dernière. Ci-dessus, la rue Léon Blum, anciennement avenue de Foix. L’une des petites façades est celle du PCF. Les fenêtres du local sont fermées.


 

Ici et là s’élèvent de hautes cheminées rouges qui signalent chaque fois l’emplacement d’une ancienne filature.

Autrefois florissantes, les filatures ont périclité. Façades décrépites, magasins fermés, demeures abandonnées témoignent de cette catastrophe.


 

Peu de bâtiments nouveaux, mais une sorte de conservatoire sauvage du style des années profondes : façades de style 30, 40, 50, dont le lustre écaillé recèle un charme discrètement mélancolique.

Je me suis arrêtée dans un bistrot à l’ancienne, qui a conservé les stucs, les appliques, les banquettes, le zinc, et où les consommations et le plat du jour (simple, mais bon) valent trois sous. Les habitués ne sont pas ici de prime jeunesse. Retraités, pré-retraités, chômeurs. Ils blaguent. Certains sont d’origine espagnole. Ils pratiquent, de façon épatante, l’humour bilingue.

Début septembre, jeunes et vieux stationnent sur les bancs publics. Je cherchais une adresse. Tout le monde m’a aidée, mot pour rire en prime. Il y a dans ces petites villes de l’Ariège une aménité que j’adore.


 

J’ai visité le Musée du Textile et du Peigne en Corne, installé 65 rue Jean Jaurès, dans l’ancienne usine Dumons.


 

Géré par une association, qui s’est donné pour tâche de sauver un patrimoine industriel initialement voué à la casse, le musée expose, entre autres, quelques 400 machines. Celles-ci sont peu à peu restaurées.


 

Une jeune femme accueille les visiteurs à l’entrée de l’usine.


 

Elle explique le fonctionnement de chaque machine : cardeuse, fileuse, métier à tisser, foulon, etc. Elle fait fonctionner les machines en état de marche. Le spectacle est impressionnant. On mesure la charge de travail assignée aux ouvriers.


 

Avant de quitter Lavelanet, j’ai bu un Coca en face du Casino. Badigeonné de couleurs vives, celui-ci sert de cinéma et de salle de spectacle. Il accueille chaque année Jazz’velanet, festival qui réunit du 30/10 au 3/11 des artistes de premier plan. Au programme de l’édition 2007 : Eric Legnigni Trio (standards, pop version Björk, gospel, swing) ; Philip Catherine Trio (jazz contemporain) ; No Jazz (swing futuriste et progressif). J’y serai.