Terride en janvier

 

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Ainsi penché, on dirait le haut de la montagne dont parle Ellison dans Le domaine d’Arnheim

"Si nous regardons du haut d’une montagne, nous ne pouvons nous empêcher de nous sentir hors du monde, étrangers au monde".

Comme l’ami d’Ellison, nous nous sommes rendus face à Terride par le bord de l’Hers.

"Le visiteur quittait la ville de grand matin. Pendant l’avant-midi, il passait entre des rives d’une beauté tranquille et domestique, sur lesquelles paissaient d’innombrables moutons dont les toisons mouchetaient de blanc le gazon brillant des prairies ondulées. Par degrés, l’impression de culture s’affaissait dans celle d’une vie purement pastorale. Lentement, celle-ci se noyait dans une sensation d’isolement, qui à son tour se transformait en une parfaite conscience de solitude…"

Edgar Poe, Histoires grotesques et sérieuses, Le domaine d’Arnheim, trad. Charles Baudelaire, 1858 

L’heure passant, avec la pluie qui menaçait, le paysage a changé. Les rives ont bruni. Le ciel a revêtu dans l’eau l’aspect d’un miroir au mercure. Personne ici. Nul bruit. Il y a dans la solitude de ces rives en hiver quelque chose qui inspire un sentiment de menace, ou plutôt une sensation rêche, ou encore l’impression d’entendre au loin un bruit de scie.

"A mesure que le soir approchait, le canal devenait plus étroit ; les berges s’escarpaient de plus en plus […]. Ce caractère de gorge ne se manifestait que par la hauteur et le parallélisme des rives…" 

Cependant, nous ne cheminions pas vers le domaine d’Arnheim. Alors que nous frissonnions, nous avons aperçu de loin un héron blanc qui marchait dans l’eau. Un signe de vie !

 

 

Comme sur les vignettes d’Epinal, cherchez dans l’image et trouvez le héron.

 

Suite à la rencontre du héron, nous ne sommes pas arrivés au domaine d’Arnheim. Nous sommes rentrés en ville aux cafés éclatants, et comme à l’habitude, nous avons bu un chocolat chaud.

 

1 réflexion sur « Terride en janvier »

  1. Martine Rouche

    Une promenade en hiver ne donne pas à ressentir comme une promenade en été, fût-elle aux mêmes endroits.
    La photo de Terride en janvier rappelle les cartes postales anciennes, qui montrent les bâtiments de loin et d’en bas, toujours, et notre attention est pourtant captée par ces murs éloignés, cette tour vue minuscule qui parlent à l’imagination.
    Les berges verticales de l’Hers, elles aussi, disent l’histoire : elles portent les marques de ces crues brutales que l’on connaît. Elles abritent maintenant des oiseaux troglodytes, en quelque sorte, que l’on voit jaillir de ces falaises, alors qu’on ne soupçonnait pas leur présence.

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