Des ruines dans l’Hers

Lorsqu’on se rend au bord de l’Hers et que l’on chemine sur la rive, vers la gauche à partir du pont, on atteint un tournant de la rivière, situé à la hauteur de l’ancienne minoterie et de l’ancien foulon situés plus haut dans le quartier du Béal, et l’on peut voir à l’endroit de ce tournant que le lit de la rivière est encombré de masses sombres autour desquelles l’eau tourbillonne avant de s’apaiser aval sous les grands arbres qui touchent le ciel.  Ici l’on voit sur l’autre rive, là-haut sur la colline, au-dessus de ce même tournant de la rivière, le château de Terride, dont les deux bâtiments se reflètent dans l’eau. A une échelle modeste, on a de la sorte, dans la profondeur de l’espace, l’image de la profondeur du temps.

 

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Intriguée par ces masses qui donnent au tournant de la rivière un aspect chaotique, je m’en suis approchée dans l’eau. J’avais cru de loin  qu’il s’agissait de rochers ; j’ai vu, de plus près, que ces masses sont des éléments de ruines. On distingue ici les restes d’un appareil de pierre et, comme on peut le voir ci-dessous, un fragment de voûte. 

 

 

J’ai d’abord rêvé follement que la rivière avait pu emporter ici, et de la sorte conserver, quelques restes du couvent des Cordeliers, situé autrefois au pied du château de Terride, détruit, dit-on, pendant la Révolution. Mais les restes que l’on voit dans l’eau, et plus spécialement la façon de l’appareil de pierre, semblent plus récents.

 

 

J’ai demandé en ville à quoi correspondent ces ruines. Personne ne leur porte attention. Personne ne sait. Mirepoix abonde en vieilles pierres. Bizarrement, les amateurs de vieilles pierres y sont rares. Je me suis tournée vers les organisateurs des journées d’histoire locale de Mirepoix. Auprès d’eux, j’ai appris que ces ruines dans la rivière peuvent être celles d’un ancien moulin. Celui-ci aurait logiquement complété l’équipement constitué plus haut sur la rive de la rivière, dans le quartier du Béal, par la grande minoterie et le foulon. Les restes de voûte que je montre ci-dessus sont probablement ceux du canal de fuite du dit moulin.

 

 

 

Ce chaos, photographié en automne et qui reflète les couleurs d’un jour sombre, constitue l’été un endroit vif, où l’eau chante et pétille. On s’y baigne parmi les ruines. On s’amuse à brasser contre le courant. Il y a un charme indéfinissable à côtoyer ainsi dans l’eau les restes d’un moulin oublié, en somme des morceaux d’histoire locale.

 

2 réflexions sur « Des ruines dans l’Hers »

  1. Martine Rouche

    La Dormeuse à Mirepoix comme Canaletto à Venise ….

    Va-t-il falloir aller brasser à contre-courant de l’Hers pour voir de nos yeux ces vestiges de l’histoire locale ?… Heureusement il y a tes photos si précises ! Je suis bien tentée de me rallier à ton hypothèse du canal de fuite du moulin. Dans le même secteur, quand tu reviendras nager, tu dois pouvoir retrouver des restes de pilotis des ponts de bois qui ont précédé notre si beau et si intéressant pont de pierre. C’est quand le printemps ?

  2. Martine Rouche

    Autre hypothèse :

    (AM Mirepoix, dossier N, biens nationaux)

    L’administration Nationale au Receveur de l’enregistrement

    Nous avons recû, citoyen, avec votre lettre du 20 du mois dernier copie de celle adressée par ladministration Centrale au directeur d’enregistrement qui le Charge de se concerter avec vous pour prendre de moyens afin de mettre a l’abri de tout Deperissement les pierres de taille provenant delemigré Levis, qui sont exposée a l’avenue du Chemin de Carcassonne.

    Nous avons aussi Recu autre copie de la lettre que vous a ecrite le Directeur general en adtte du 9 mememois ? Nous vous dirons quil n’est pas possible de veiller ala Conservation des susdites pierres encore moins de les faire enfermer a cause des frais enormes quil en couterait et que le meilleur employ qu’on puisse faire de ces pierres est de les faire servir a aliter la Rivière de lers dont elles sont très aportée ce qui serait dautant plus utile que si on ne prend de promptes mesures cette Rivière va bientôt degradé la Culée du pont et emporter partie du chemin de Mirepoix a Carcassonne et a Castelnaudary

    2 Thermidor an 5

    Chaubet Lacoume Vernhes Baurès signé

    Un autre courrier administratif précise que ces pierres de taille qui encombrent la route de Mirepoix à Castelnaudary proviennent du château de Lagarde. Ce qui ne dit pas pourquoi ni comment ces pierres de taille se retrouvent là …

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