Il s’y trouve encore un trésor

 

Le squire Trelawney, le docteur Livesey et autres gentlemen m’ayant demandé de coucher par écrit tous les détails concernant l’Ile au Trésor, du début à la fin, sans rien omettre sauf la position de l’île et ceci seulement parce qu’il s’y trouve encore un trésor, je prends ma plume en l’an de grâce 17.. et reviens au temps où mon père tenait l’auberge de l’Amiral Benbow, et où le vieux marin hâlé, balafré d’un coup de sabre, commença à loger sous notre toit. Je me souviens de lui comme si c’était hier, lorsqu’il arriva d’un pas lourd à la porte de l’auberge, son coffre de marin le suivant dans une brouette ; un homme grand, fort, massif, au teint noisette, ses cheveux retombant en une tresse poisseuse sur les épaules d’un habit bleu et sale ; les mains rugueuses et pleines de cicatrices, aux ongles noirs et cassés ; et le coup de sabre au travers de la joue, d’un blanc sale, livide. Je le revois, parcourant la crique du regard et sifflant pour lui-même, ainsi qu’il le faisait avant d’entonner ce vieux chant de marin, qu’il chanta si souvent par la suite : 

 

Quinze hommes sur le coffre du mort,
Yo-ho-ho, et une bouteille de rhum !

 

Robert Louis Stevenson, L’Ile au trésor, 1883, trad. Jean Claude Picard

 

1 réflexion sur « Il s’y trouve encore un trésor »

  1. Martine Rouche

    Le Vaisseau Fantôme ? Non. Un paysage chinois au lavis ? Non. Une calligraphie ? Non. Les fulminations d’une babayaga ? Non !!! Mais … ça y est, j’ai trouvé …. Quel oeil aiguisé est le tien !

Les commentaires sont fermés.