Sur la route de Saint-Aulin et au-delà

Lorsqu'on aime les petites routes qui montent et qui vous conduisent au milieu de nulle part, à mille milles, semble-t-il, de toute terre habitée, la route qui grimpe de Mirepoix vers Saint-Aulin et au-delà correspond à cette attente idéale. Je m'adresse bien sûr aux adeptes de la marche à pied. Partant de Mirepoix, il suffit de passer le pont, d'atteindre le carrefour de la Pierre Blanche, de s'engager à gauche sur la D625, de parcourir quelques dizaines de mètres, puis de prendre à droite la D106. Un panneau signale la direction de Saint-Aulin. Comme partout en Ariège lorsqu'on quitte la plaine, on marche au devant de vastes étendues boisées, qui s'ouvrent, de vallée en vallée, comme autant de figures du matin du monde.  La route, ici, serpente sous les arbres à flanc de vallée. De loin en loin, sur l'autre versant, on distingue une ferme, toute seule dans les bois. Une fumée monte du toit. Tous les chemins, dit-on, mènent à Rome. Pour quelqu'un d'inconnu, peut-être pour les siens, Rome se trouve là, au flanc d'une vallée déserte, baignée par le soleil d'automne. Mirepoix, lointaine cousine de Rome, repose tout en bas dans la plaine. Lorsqu'on se retourne pour regarder derrière soi, on voit, dans la trouée des arbres, la flèche de la cathédrale au tournant de la route.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.    

 

 

L'origine du monde…

 

Au passage, nous avons traversé, tout en pente, le village de Saint-Aulin.

 

 

La route qui traverse Saint-Aulin, c'est la grand-rue du village, la seule rue. 

Un bel escalier de pierre donne accès à la grand-place, bordée par… une maison. Invisible sur l'image, l'église s'élève derrière cette maison.

 

 

Face à la grand-place, sur la pente, quelques maisonnettes ou remises anciennes. Sur le muret, un canard, échappé du poulailler en-dessous.

 

Avant Saint-Aulin, une voiture est passée. Au-delà de Saint-Aulin, plus personne. Le désert.

Nous marchions sans parler, lorsque que nous avons aperçu, à courte distance, des formes mouvantes. Nous nous sommes immobilisés et nous avons regardé…

 

 

Une bête d'abord, puis deux, qui allaient et venaient, de part et d'autre de la route.

 

 

Le manège a duré une dizaine de minutes. Puis l'un de nous a bougé. Les bêtes ont disparu.

Tournant après tournant, nous avons poursuivi notre chemin jusqu'à Malivet, lieu-dit occupé par un corps de ferme imposant, doté d'un bel appareil de pierre ancien. La route continuait à s'élever vers les hauteurs. La pente était de plus en plus forte. Au vu de la carte topographique, nous avions atteint l'horrible altitude de 414 mètres. Nous pensions pouvoir aller, plus haut dans la montagne, jusqu'à Taillefer. Mais le soleil déclinait déjà sur le plan de l'écliptique, nous avions à marcher encore pour rentrer. A regret, nous avons choisi de faire demi-tour.

Le chemin du retour a ici un charme trivial, mais certain : il descend. Il se pare en outre de la gloire du couchant.

Emportés par la pente, nous sommes redescendus plus vite que nous n'étions montés.

Nous avons traversé à nouveau Saint-Aulin, admiré au passage une vieille bâtisse aux yeux vides, des moutons qui pâturent dans le pré du ciel.

La pente du couchant, le penchant de la terre, le tournant de la route, ont des rapports secrets avec nos sensations internes et, plus originairement encore, avec les formes dynamiques qui président au mouvement naturel de l'imagination.  

 

 

Bientôt, nous voyons grandir à l'horizon le clocher de la cathédrale. Le soir tombe sur la plaine. Des vaches paissent au bord de l'Hers. Un tableau de genre, symbole de la ville à la campagne. Une représentation chimérique ? Non, c'est Mirepoix

 

 

NB : Nous avons parcouru en tout 15 kilomètres.  

Pour une balade plus courte (8 km), préférez la boucle Mirepoix, Saint-Aulin, croix de Terride, Château de Terride, Mirepoix.

Voyez le plan ci-contre. 

La fiche relative au Sentier n°1, dit "le Saint-Aulin" est disponible à l'Office de Tourisme de Mirepoix.

 

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Nostalgie de Saint-Aulin

2 réflexions sur « Sur la route de Saint-Aulin et au-delà »

  1. Martine Rouche

    Le beau est dans la nature, et on le rencontre dans les formes les plus diverses de la réalité. Une fois trouvé, il appartient a l’art, ou mieux a l’artiste qui l’a découvert.
    Gustave Courbet

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