L’hôtel de Lévis Mirepoix, 121 rue de Lille, Paris VIIe

L'ancien hôtel parisien de la maison de Lévis Mirepoix s'élève dans le 7e arrondissement, au n° 121 de la rue de Lille. Le comte Sigismond de Lévis Mirepoix y est mort Ie 2 juillet 1886. Le marquis de Rochegude, auteur d'un fort utile recueil de Promenades par arrondissements dans toutes les rues de Paris, indique que cette belle demeure a été édifiée "sur l'emplacement d'un hôtel acheté en 1779 à François de la Guibourgère par Turgot, qui y mourut" 1)Marquis de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements, VIIe Arrondissement, p. 31, Hachette, 1910

 

Ci-dessus : 121 rue de Lille, circa 1950 ; source : jan 1968.

 

Pour ceux qui ne situeraient pas la rue de Lille, c'est ici :

 

 

Installé depuis 1957 à l'initiative du grand collectionneur Frits Lugt dans les murs de l'ancien hôtel de Lévis Mirepoix, l'Institut Néerlandais y propose désormais d'importantes expositions, dont actuellement Thonik a/in Paris (oeuvres conceptuelles et tridimensionnelles) ; De Watteau à Degas (dessins français) ; Charley Toorop Privée (dessins et lettres).    

 

 

Cette courte évocation du 121 rue de Lille, m'a fait souvenir d'un récit de Charles Monselet (1825-1888), qui certes  ne concerne en rien la maison de Lévis Mirepoix, mais raconte au détour du chapitre XV comment le héros, Monsieur de Cupidon, se trouve poussé dans un coupé et déposé tout justement… rue de Lille. Voici, pour le plaisir, le détail de cette aventure :

Au bout de quelques minutes, le coupé s'arrêta devant une maison de noble apparence dans la rue de Lille, au faubourg Saint-Germain ; – les trois inconnus se rangèrent en haie. Il descendit bruyamment, respira avec force, et regarda autour de lui. La nuit était sombre et la rue déserte.

– Par la sambleu ! dit-il, c'est clair, on m'enlève.

Il mit le pied sur le seuil.

Chapitre XVI

Dans un boudoir. – Comment le somnambulisme est toujours à la mode. – Le cordon de sonnette. – La baronne de Bois-Laurier, et l'et coetera de son portrait en pied. – Conversation. – Deux vers de Tartuffe. – Façon ingénieuse de mettre la puce à l'oreille d'un mari. – M. de Cupidon est myope. – Un roman entr'ouvert. – On revoit le cordon de sonnette. – Qui veut la fin veut les moyens.


M. de Cupidon fut reçu par un grand escogriffe galonné, qui le guida jusqu'à l'antichambre, où il fut remplacé à son avantage par une soubrette de vingt ans qui lui sourit de son sourire le plus rose, en l'invitant à monter l'escalier. Pour une cause ou pour une autre, M. de Cupidon la fit monter devant lui.

Au bout de l'escalier, une main subtile le débarrassa de son chapeau et de sa canne, sans qu'il eût à peine le temps de s'en apercevoir ; et comme il avisait d'un oeil curieux une portière doucement entrebâillée, on le poussa ; – il entra tout à fait. 2)Charles Monselet, Monsieur de Cupidon, pp. 188-189, La Librairie Nouvelle, 1858 

Notes   [ + ]

1. Marquis de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements, VIIe Arrondissement, p. 31, Hachette, 1910
2. Charles Monselet, Monsieur de Cupidon, pp. 188-189, La Librairie Nouvelle, 1858

2 réflexions sur « L’hôtel de Lévis Mirepoix, 121 rue de Lille, Paris VIIe »

  1. eric

    Bonjour!
    Vous faites un formidable travail!
    Nous nous sommes sans doute déjà regardés.
    Et nous avons des traces communes, des signatures, sur des herbes de rivière.
    Eric Woljung

  2. Martine Rouche

     

    L'institut Néerlandais, côté jardin, dans les années cinquante.
    La rue de Lille à Paris est aussi riche d'histoire que la rue Courlanel à Mirepoix …

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