Jour d’hiver dans la vallée du Douctouyre

 

C'est beau, la campagne en hiver. Les lignes de la terre ressortent admirablement. La lumière se condense dans les formes des nuages.

 

 

Baudelaire parle de "la Nature en sa verve puissante" comme d'une "jeune géante" dont nous parcourrions à loisir les formes ou bien comme d'une "montagne" au pied de laquelle, tels "un hameau paisible", nous nous blottirions [1]Cf. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, XIX, La géante, 1857. Somptueusement ourlé de fourrure, c'est un pan de son manteau que nous longions ici.

 

 

L'eau de la rivière, en cette saison, redevient pâle et transparente comme un verre de vitre.

 

 

J'ai guetté le moment de capter mon ombre.

 

 

Sur les flancs de la géante, des tas de bois, témoins des travaux et des jours de décembre.

 

 

Une étrange forêt, dont on fera ressource l'été prochain.

 

 

La géante étire silencieusement ses formes lasses. Le soir vient. 

 

 

C'est l'heure des lampes, du cantou, de la garbure.

Notes

1 Cf. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, XIX, La géante, 1857

2 réflexions au sujet de « Jour d’hiver dans la vallée du Douctouyre »

  1. Chère  dormeuse,
    A cause de multiples obligations en ces fêtes de Noêl je n'ai pu lire vos derniers messages . Aujourd'hui j'ai pu les lire tous depuis  "Vals et Marie Noêl "et comme à l'accoutumée je me suis laissée prendre par la poésie qui en émane et le mystère suggéré par l'évocation du  pays que vous habitez. Mirepoix, Tolède … je n'aurais pas songé à les rapprocher, pourtant el Greco et votre photographie, c'est surprenant de justesse !
    En cette fin d'année, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous m'avez apporté  en 2009 et vous souhaite de conserver tout au long de cette année 2010 votre capacité d'enchantement et l' inspiration dont vous faites bénéficier généreusement vos lecteurs.
    Mes meilleurs souhaits pour vous et les vôtres pour l' Année 2010

  2. Merci de vos voeux, chère Rêveuse.
    J’ai plaisir à écrire les petits articles que je publie sur mon blog, et lorsque les lecteurs me disent que ce plaisir est partagé, je me sens confortée dans l’envie de continuer. Il y a du bonheur à écrire, et encore plus à savoir qu’on entre ainsi dans une sorte de circulation des idées et des rêves.
    A mon tour, je vous souhaite des heures heureuses pour toute l’année qui vient.
    Amitiés,
    Christine Belcikowski

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