Silène et Priape

Rédigé par Christine Belcikowski 6 commentaires
Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

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Pierre Paul Rubens (1577–1640), Tête de Silène, Metropolitan Museum of Art.

Silène parlait un jour avec Priape,
le vilain petit dieu des jardins,
à bâtons rompus,
dont il faisait des moulinets dans l’air du matin
et dont il s'amusait à décapiter les violettes.

Silène
— Finalement tu ne baises pas ?

Priape
— Non, mais j'y pense.
C'est bien aussi.
Regarde les violettes,
elles poussent sans s'inquiéter de personne.

Silène
— Tu penses trop.
Les plantes...
je les cueille
et quand elles sont fanées,
je les jette.

Priape
— Moi, je n'y touche pas.
On ne cueille pas la couleur.
La couleur est chose mortelle.
Le parfum aussi.
le printemps aussi.

Silène
— Tu penses trop !
L'eau de ton arrosoir
ne vaut pas mon vin.
Tes violettes ne valent pas
les filles à gros seins gros culs,
du genre qu'on voit dans les films de Russ Meyer.
Faster, Pussycat! Kill! Kill!

Priape
— Tu baises trop.
Le printemps ne se baise pas.
L'heure des violettes est brève
et souvent il pleut.
Je regarde les violettes qui poussent,
j'y pense.
La pensée du jardin ne fatigue pas.
Elle respire.
Mieux vaut penser aux couleurs,
aux parfums, solubles dans l'air,
que d'être un trucideur de violettes !

Ainsi devisaient Silène et Priape
au jardin,
solubles eux aussi
dans l'air du matin.

P. S. De la mythologie comme aide à penser.

6 commentaires

#1  - Yves rOBIN a dit :

Bonjour Madame. Je découvre aujourd'hui votre blog à l'occasion de recherches généalogiques qui concernent notamment Mirepoix où les grands-parents de mon épouse ont vécu entre les deux guerres.
Je suis très impressionné par la qualité de vos enquêtes, poésies et images souvent liées aux curiosités historiques locales. Je tiens donc en premier lieu à vous en féliciter. Je profite également (et lâchement) de cette occasion pour vous poser une question. Sauriez me dire où se situaient dans Mirepoix les maréchaux-ferrants qui étaient actifs dans la première moitié du XXème siècle (plusieurs familles Cot notamment opéraient à Mirepoix à l'époque) ?
Ne tenez surtout pas de ma demande si elle vous semble puérile, par contre si vous connaissez un personnage local accessible qui pourrait éclairer ma lanterne, n'hésitez pas à lui communiquer mes coordonnées. Je vous en remercie d'avance.
Bien Cordialement .
Yves ROBIN
40 rue d'Alesia 75014 Paris .
yves.robin@noos.fr ou yves.robin18@sfr.fr

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#2  - Christine Belcikowski a dit :

Bonjour Monsieur
Merci des encouragements que vous m'adressez.
Pour ce qui est des maréchaux-ferrants au début du XXe siècle à Mirepoix, j'avoue que vous me posez une colle. D'autant que les registres d'état-civil, première source de recherche, surtout les actes de mariage, où les professions se trouvent indiquées, et souvent les adresses, nous deviennent inaccessibles à partir de cette époque. Je vais donc tenter de me renseigner par la voie orale auprès des anciens de Mirepoix, et transmettre votre demande à des amis historiens, spécialistes eux aussi de l'histoire de Mirepoix.
Bien cordialement de même
Christine Belcikowski

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#3  - Yves ROBIN a dit :

Je vous remercie beaucoup pour votre aide. Depuis mon message, j'ai pu examiner sur internet les recensements de Mirepoix pendant la première moitié du XXème. En 1906 comme en 1936 les familles Cot sont Cours St Maurice qui deviendra Cours du docteur Chabaud mais il n'y a pas l'adresse exacte de leur(s) forge(s). Par contre dans cette rue il y a un magasin d'antiquité entre les numéros 5 et 7 et nous n'avons jamais vu cette boutique ouverte lors de nos séjours périodiques en Ariège ce qui la rend un peu mystérieuse à nos yeux. Serait-ce une ancienne Forge?
Merci encore pour votre gentillesse.
Au plaisir de pouvoir vous rencontrer lors de notre prochain séjour en Ariège l'été prochain.
Bien cordialement
Yves ROBIN

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#4  - Christine Belcikowski a dit :

Bonjour Monsieur

Voici...
Quelques renseignements sur la famille Cot...
1. Justin Cot, 25 ans, maréchal-ferrant, épouse Sophie Fau le 12 mars 1910.
(AD09, 1NUM/4E55535, vues 217, 218/1006.
Il est le fils de Jules Cot, aussi maréchal-ferrant, et de Marie Mistou. Ils habitent à Mirepoix, pas d'adresse.

2. Son cousin Jean Baptiste Cot, 24 ans, épouse Hélène Anna Marie Dauriac le 27 avril 1912.
Même registre, vues 284, 285.
Il est le fils de Justin Cot, aussi maréchal-ferrant, et de Marie Anne Lagarde.
Un des témoins est son cousin Justin.

Dans les Statistiques et listes nominatives de la population, canton de Mirepoix...
http://mdr-archives.ariege.fr/mdr/index.php/docnumViewer/calculHierarchieDocNum/101169/396:256264:6542:262327:262293:101169/864/1536

Les Cot sont dits forgerons.
On trouve Justin Cot, 50 ans, et Jean Cot 18 ans, cours Chabaud n°427 (p. 310)
Jean Baptiste Cot, 18 ans, et Auguste Cot, 22 ans, cours Chabaud n°431.

Autres forgerons :
Calixte Roques, 63 ans, avenue du Pont et Victor Hugo n° 705 (p. 326)
Henri Roques, 35 ans, avenue du Pont et Victor Hugo n° 706 (ibidem)

On trouve enfin un maréchal-ferrant expressément répertorié comme tel :
Pierre Rey,, 30 ans, cours du Colonel Petitpied, n° 220 (page 297)

Bien cordialement
Christine Belcikowski

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#5  - Yves ROBIN a dit :

Je vous remercie beaucoup pour ces renseignements qui semblent bien indiquer que plusieurs forgerons frappaient le fer à Mirepoix au début du siècle dernier. Je suis intéressé en particulier par le Jean Baptiste Cot et plus spécialement par sa femme Hélène Dauriac. La raison de ma curiosité est deux photos mystérieuses datant de la dernière guerre et trouvée dans les papiers du grand-père de mon épouse. Une montre une femme tenant une petite fille par la main. On distingue en arrière plan le blason de Mirepoix (trois étoile au dessus d'un poisson). Au verso de la photo est écrit "mes deux amours qui ne t'oublient pas".
L'autre photo montre la petite avec au verso "Josianne à 20 mois". Après un court passage à la Mairie de Mirepoix en Février dernier nous n'avons pas trouvé beaucoup de Josianne nées vers cette époque mais l'une d'entr'elles a attiré notre attention: Josianne Millaret fille de Suzanne Cot elle-même fille de Jean Baptiste Cot et d'Hélène Dauriac. Pourquoi un retraité de l'EDF finissant ses jours à Neuvy Saint Sépulcre garderait-il sur lui ces photos pendant près de 20 ans après avoir quitté Mirepoix dans le années 40 ? Le Cours Chabaud apparaît clairement un lieu de rencontre des familles mais rien ne dit s'il fut également un lieu de croisement. Un mystère qu'il ne vaut peut-être pas tenter de percer plus avant.
Bien Cordialement
Yves Robin

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#6  - Christine Belcikowski a dit :

Il y a une belle profondeur humaine, et quasiment romanesque, derrière les photographies dont vous me parlez. Merci de m'en avoir parlé.
Peut-être certains Anciens de Mirepoix se souviennent-ils des personnes que vous nommez. Je vais le demander à ceux que je connais.
Voilà qui me confirme dans ma certitude que la généalogie, c'est parfois, souvent, du roman à l'état naissant
Très cordialement
Christine Belcikowski

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