L'hiver
L'hiver sous la couverture en fourrure
lourde,
chaude,
je redeviens
bête à l'étable
bûche
pierre,
pourquoi bouger ?
Le froid resserre
l'âme
le corps
et le rien
de liaison lâche
qui les tient ensemble
l'été,
Tu dors sous la couverture en fourrure
sans rêves
sans souci de rien
sans plus de bruit
que la souris
qui passe
dans le noir.
Ô paix de l'oubli
de soi,
de la chair
sans moi.
Les oiseaux de jeunesse
se sont envolés
vers d'autres cieux
plus vifs,
là-bas.
Les cieux d'ici
sont plus lents
à s'ouvrir,
et les jours
à passer.
L'Enfant Jésus déjà
ne dort plus
dans sa crèche,
il marche ailleurs
d'un pas branlant.
Il n'a pas besoin
que tu veilles
sur son sommeil
d'hier.
Ni la porte
qui grince,
ni la fenêtre
qui s'ouvre
sous la poussée
du vent d'ouest,
ne dérangent ici
le très vieux portique
du sommeil d'hiver.
