Comme dans un miroir noir...
Comme dans un miroir noir...
C’était l’été hier,
la fête sur la place,
paillettes, trompettes,
et une déambulation poétique, le soir,
dans la cathédrale encore chaude,
habitée par le souvenir
d’un centaure
et celui du Moyen Âge renaissant…
La fenêtre ce matin
est un miroir noir
qui ne réfléchit pas mon image
ni le détail de la pièce dans laquelle je me tiens,
mais, au-delà d’un point de fuite
situé derrière moi,
au fond de cette même pièce,
dans une profondeur vague
que je ne connais pas,
une image qui ressemble à une ombre,
poudreuse,
bleuâtre,
fantôme…
L’apôtre Paul parle de cette image que j’ai vue dans le miroir noir…
Βλέπομεν γὰρ ἄρτι δι’ ἐσόπτρου ἐν αἰνίγματι, τότε δὲ πρόσωπον πρὸς πρόσωπον: ἄρτι γινώσκω ἐκ μέρους, τότε δὲ ἐπιγνώσομαι. 1
« Car ce que nous voyons à présent comme dans un miroir noir et qui nous reste énigme, nous le verrons alors face à face ; j’en ai à présent une connaissance partielle, mais j’en aurai alors la connaissance entière. »
Fruit du temps qu’il fait,
comme du temps qui passe,
toute image est énigme
qui se réclame chaque fois
de la redevance du fantôme.
21 septembre 2025
Saint Paul, Épître aux Corinthiens, XIII, 12.↩︎
