À propos de l'l'Hôtel de Barral, à Castelnaudary
À Castelnaudary, vue de l'Hôtel de Barral depuis la place Andréossy.
À Castelnaudary, l'Hôtel de Barral, devant lequel je passe souvent, ne fait, semble-t-il, l'objet d'aucune documentation. Il porte pourtant fièrement son nom, assorti de la mention XVIIIe siècle, sur une plaque apposée rue du Collège, à gauche de son grand portail. Si l'on cherche bien, on découvre tout de même que la ferronnerie de ce portail et celle de la rampe de son escalier intérieur sont inscrites au titre des monuments historiques. Mais c'est tout. Cet Hôtel restant une demeure privée, on ne le visite pas.
Entrée de l'Hôtel de Barral, rue du Collège.
L'histoire de ce bâtiment m'intrigue. Pourquoi porte-il le nom de Barral ? Qui est ce Barral ? J'ai cherché.
Il n'y a pas de Barral à Castelnaudary avant le 17 mai 1820, date à laquelle Louis Gabriel Ernest de BARRAL, baron de BARRAL, épouse en cette ville Anne Antoinette JALABERT.
L'an mil huit cent vingt, et le dix-sept mai, après minuit, par devant moi Jean François Raymond de la Nougarède, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, maire de la ville de Castelnaudary, officier public de l'état civil de ladite ville, sont comparus
... d'une part M. Louis Gabriel Ernest de Barral, âgé de vingt neuf ans, né dans la commune de Grenoble, département de l'Isère le deux octobre mille sept cent quatre vingt dix, comme il conste [sic] de son acte de naissance qu'il nous a montré, domicilié à Grenoble, fils majeur de Monsieur Charles Joseph Baron de Barral, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, et de dame Marie Thérèse Hyppolite Banon de Boudra, mariés, tous domiciliés dans la commune de Grenoble, procédant du consentement de M. le Baron de Barral, sondit père, ici présent, et encore avec le consentement dudit M. le Baron de Barral comme procureur fondé de Madame Marie Thérèse Hyppolite Banon de Boudra, son épouse, suivant sa procuration en brevet du deux mai mille huit cent vingt, passée devant Me Joseph Jalabert et son collègue notaire, à la résidence de Grenoble, enregistrée et légalisée, et dont une expédition délivrée par Me Metgé, notaire, à Castelnaudary est ajoutée au présent acte ;
... et d'autre part Mademoiselle Anne Antoinette Galabert, âgée de vingt ans, née à Castelnaudary le dix huit vendémiaire an huit, correspondant au ci-devant dix octobre mille sept cent quatre vingt dix neuf, comme il conste de son acte de naissance qu'elle nous a exhibé, domiciliée dans cette ville, fille mineure de M. Jean François Galabert [maire de Castelnaudary de 1807 à 1815], chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur, et de dame Joséphine Étiennette Amélie Acher de Cahuzac, mariés, tous domiciliés dans cette ville, lesdits père et mère ici présents et consentants, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux, et dont les publications ont été faites devant la principale porte d'entrée de notre maison commune à l'heure du midi, les sept et quatorze mai courant ; pareilles publications ont été faites dans la commune de Grenoble les seize et vingt trois avril dernier comme il conste de l'extrait en forme délivré par M. le maire de ladite commune en date du vingt six avril dernier et qui demeure annexé au présent acte.
Aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à leur réquisition, après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus énoncées, et du chapitre six du livre du code civil sur l'état du mariage, avons demandé au futur époux, et à la future épouse, s'ils veulent se prendre pour mari, et pour femme, chacun d'eux ayant répondu séparément, et approbativement, déclarons au nom de la loi, que Monsieur Louis Gabriel Ernest de Barral, et Dlle Anne Antoinette Galabert, sont unis par le mariage ; de quoi avons dressé acte en présence de Messieurs Augustin Pratx, âgé de quarante six ans, négociant, et propriétaire, demeurant dans la commune de Limoux, oncle maternel par alliance de l'épouse, d'Augustin David Galabert, âgé de quarante quatre ans, propriétaire, oncle paternel de l'épouse, de Charles Jacques Auguste Dulignon, receveur de l'enregistrement, cousin paternel de l'épouse, et de Jean Jacques Nicolas Galabert, fils aîné, âgé de trente deux ans, négociant, cousin second de l'épouse, tous les trois domiciliés dans cette ville, lesquels après qu'il leur en a été aussi donné lecture, l'ont signé avec nous, ainsi que les époux, et les pères, et mère, desdits époux.
17 mai 1820. Mariage de Louis Gabriel Ernest de Barral et d'Anne Antoinette Galabert. AD11. Castelnaudary. Actes de mariage. 1820. Document 100NUM/AC76/1E154. Vues 45-46.
Parmi les autres témoins de ce mariage, on note la présence de François André Dejean (Castelnaudary, 1748-9 décembre 1822, rue du port Sainte Croix, Castelnaudary), abbé de Saint Jean de Lanero en Piémont, ancien évêque nommé d'Asti (9 février 1809), baron Dejean et de l'Empire (3 mai 1809), Chevalier de la Légion d'Honneur ; la présence aussi d'un membre de l'illustre famille Andréossy 1 ; et la présence encore d'Emmanuel d'Escalone, probablement ce même « M. d'Escalone, commissaire-général de police de Bayonne », qui a été révoqué un peu plus tard dans la même année 1820 pour avoir facilité la livraison de machines d'imprimerie à la presse espagnole d'inspiration saint-simonienne, sachant que l'affaire se trouvait financée par un groupe de banquiers et d’hommes d’affaires français, dont, entre autres, Jacques Laffite (Bayonne, 1767-1844, Paris) et Martin Bossange (Bordeaux, 1765-1865, Paris) 2.
Les trois points dont la signature d'Emmanuel d'Escalone se trouve assortie, signalent que celui-ci fait partie d'un réseau administratif ou maçonnique. La consultation du Fichier Bossu indique qu'un Escalone [sans indication de prénom], receveur à cheval des doits réunis, est en 1810 membre de la Loge des Allobroges à Saint-Jean-du-Mont-Blanc, commune de Sallanches, Haute-Savoie. — Un émigré, alors de retour en France ? — Ledit Emmanuel d'Escalone de 1720 pourrait être le fils aîné, qui a émigré, d'André David de Beaudrigue d'Escalonne, conseiller au Parlement de Toulouse, et de Jacquette Françoise Gabrielle de Cambon. Traduit devant le Tribunal révolutionnaire, André David de Beaudrigue d'Escalonne est mort le 7 janvier 1793 avant d'être guillotiné. Tristan, son fils puîné, a été guillotiné le 24 février 1794, à l'âge de 17 ans.
L'exploration de l'arbre géologique des deux époux montre toutefois que ce mariage suit de deux sagas familiales dont les membres se sont trouvés rapprochés à un moment ou un autre par des affaires de finance.
Généalogie simplifiée de la famille Acher de Cahuzac.
Anne Antoinette Galabert, qui épouse Ernest de Barral, est par Joséphine Amélie Étiennette Acher de Cahuzac, sa mère, la petite-fille de Jean Marc Antoine Acher de Cahuzac, qui a épousé Stéphanie Eléonore Pernon, fille elle-même d'un grand négociant de Lyon. Anne Antoinette Galabert est surtout l'arrière-petit-fille de Justin Acher (1714-1792), grand négociant de Sainte-Colombe-sur-l'Hers, Aude, qui a fait fortune dans l'exportation du jais et des peignes vers l'Amérique latine, le Levant, l'Angleterre et l'Allemagne, qui a été nommé secrétaire du roi en 1779, anobli de fait par cette charge, et qui a acheté les seigneuries de Cahuzac, Montgascon, Puichairic [Pécharic-et-le-Py aujourd'jui ?] et autres lieux. Père de onze enfants, dont huit enfants vivants, Justin Acher les a tous richement dotés au moment de leur mariage.
Localisation de Sainte-Colombe-sur-l'Hers et de Cahuzac-d'Aude sur la carte de l'Institut Géographique National.
Cahuzac-d'Zude et Pécharic-le-Py sur la carte IGN.
Châteaau de Cahuzac, Aude. Justin Acher achète en 1755 les terres de Cahuzac, y compris les terres nobles et les droits seigneuriaux y afférents. Il fait édifier le château sur l'emplacement d'une ferme noble, dont le corps de bâtiment situé sur le terre-plein d'arrivée, à droite, est un vestige de 1635. Entreprise peu après 1755, la construction du château s'achève en 1776. L'édifice entier se trouve inscrit au titre des monuments historiques depuis 1990. Resté une propriété privée, il ne se visite pas.
« Le mariage de Jean Marc Antoine Acher de Cahuzac, fils aîné de Justin Acher de Cahuzac, est naturellement le plus brillant et le plus caractéristique. Le 18 avril 1776, il épouse à Lyon Éléonore Pernon, fille d'Etienne Pernon, écuyer, négociant en cette ville, et de dame Jeanne Aubert ; le 1er avril avait été passé en l'étude de Me Dalier le contrat de mariage : la dot d'Éléonore Pernon est de 40.000 livres payées comptant, 10.000 livres lui sont données par son oncle, Jacques Pernon, écuyer, lieutenant-colonel de cavalerie, payables à sa mort ; Justin Acher donne à son fils la terre et seigneurie de Cahuzac et d'autres terres situées à proximité. Éléonore Pernon est la sœur de Claude Camille Pernon, l'un des manufacturiers les plus importants de Lyon. » 3
Descendant de Joseph de Barral (Grenoble, 1677-1749, Grenoble), seigneur d'Allevard, maître des forges d'Allevard, président à mortier du Parlement de Grenoble, Louis Gabriel Ernest de Barral est un petit-fils de Charles Gabriel Justin de Barral (Grenoble, 1712-1784, Grenoble, 1er marquis de Montferrat, conseiller au parlement de Grenoble ; le petit-neveu de Joseph Marie de Barral (Grenoble, 1742-1828), marquis de Montferrat, qui a été maire de Grenoble pendant la Révolution ; et le fils de Charles Joseph de Barral (Grenoble, 1755-1830, Grenoble), lieutenant-colonel de dragons, conseiller au Parlement de Grenoble, et de Marie Thérèse Hippolyte Barnave de Boudra. Alexis Claudine Olympe de Barral (Grenoble, 1786-1871, Nîmes), sa sœur aînée, a épousé, elle, Henri Benoît de Pierre de Bernis, vicomte de Marsac, lointainement apparenté au cardinal de Bernis.
Généalogie simplifiée de la famille de Barral.
À Grenoble, le « Château Barral » en 1780, Musée Dauphinois.
« À la vue des bâtiments, des cours et des parterres, on juge d'abord qu'ils ne sont pas destinés pour des hommes communs : tout y annonce la grandeur ; la Rivière d'lsère [...] semble vouloir en jouir elle-même ; on dirait qu'elle veut forcer la nature pour s'en approcher [...]. En un mot, tout y rit, la vue et l'odorat y sont satisfaits, on s'y trouve en ville et en campagne, il n'y a que la rivière entre deux, et tous les plaisirs sy réunissent ; les pièces d'eau, les bocages, les labyrinthes de charmille, les statues, les orangers, les fleurs de toute saison et une quantité prodigieuse d'arbres portant fruits de toute espèce, font un concours charmant, ou pour les plaisirs des seigneurs qui donnent dans la volupté, ou pour le délassement d'esprit tel qu'il convient à des grands Magistrats comme MM. de Barral père et fils, et tout est plaisir. » 4
En 1786, héritier de Charles Gabriel Justin de Barral, son père, Joseph Marie de Barral, marquis de Montferrat, vend le domaine à Gaspard Louis Caze de la Bove (1740-1824). intendant du Dauphiné, qui l'achète au nom du roi dans l'idée d'en faire un jardin botanique. En 1786, héritier de son père, Joseph Marie de Barral, marquis de Montferrat, vend le domaine à Gaspard Louis Caze de la Bove (1740-1824). intendant du Dauphiné, qui l'achète au nom du roi dans l'idée d'en faire un jardin botanique. En 1792, le domaine est mis en vente au titre des biens nationaux. Joseph Marie de Barral le rachète, à la fois en tant qu'ancien propriétaire et en tant qu'ancien créancier, puisque depuis 1786 ce domaine ne lui a jamais été intégralement payé. En 1830, les fils et héritiers de Joseph Marie Barral vendent le domaine à un banquier de Grenoble. Le sort de l'ancien Château de Barral relève ensuite d'une autre histoire. Aujourd'hui la partie centrale de ce château se trouve occupée par les services administratifs du Secteur santé de l'Université-Grenoble-Alpes.
À propos du « Neuilly de Grenoble » qui étage ses belles maisons au bord de l'Isère, voir aussi Christine Belcikowski, Giacomo Casanova, Pierre Ambroise Choderlos de Laclos, et la famille Polastre, 8 juillet 2020.
Grenoble et Allevard sur la carte IGN.
Forges et hauts fourneaux d'Allevard circa 1900.
En 1786, la famille de Barral vend son château grenoblois, parce qu'elle manque de liquidités pour soutenir ses activités métallurgiques. À partir des années 1780 en effet, les forges et les hauts-fourneaux d'Allevard commencent à connaître des difficultés de trésorerie, en même temps qu'ils souffrent d'un début d'agitation sociale. Après la Révolution, faute d'avoir pu disposer des liquidités nécessaires à la poursuite de ses activités métallurgiques, la famille de Barral se voit forcée de vendre, le 5 décembre 1817, la plus grande partie du domaine forestier, les hauts-fourneaux et les mines d'Allevard, qui assuraient sa fortune depuis deux siècles... 5
L'histoire de la famille de Barral est brillante, mais Ernest de Barral vient trop tard pour bénéficier de ce qui a été un temps la grande fortune de cette maison. Trois ans après la vente des forges d'Allevard, il contracte à Castelnaudary un mariage qui semble avoir été inspiré par le souci de redorer son blason.
C'est probablement Stéphanie Eléonore Pernon (1750-1843), épouse de Jean Marc Antoine Acher de Cahuzac, fille d'un grand négociant lyonnais avec lequel la famille de Barral entretenait des relations d'affaires, qui a initié l'idée d'une alliance possible entre la maison Acher de Cahuzac et la maison de Barral, et donc donné à voir en la personne d'Anne Antoinette Galabert, sa petite-fille, une héritière d'une part de la fortune de la famille Acher de Cahuzac.
On ne sait rien de ce mariage, qui semble être resté sans descendance. Ernest de Barral meurt le 17 mars 1837 à Toulouse, place Saint-Georges nº 10, où il demeurait provisoirement.
17 mars 1837. Décès de Louis Gabriel Ernest de Barral. Archives municipales de Toulouse. Décès (1802-1845. 1E333 : 1837. Vue 77.
« Du dix huitième jour du mois de mars, l'an mille huit cent trente-sept, à onze heures du matin, acte de décès de Louis Gabriel Ernest de Barral, décédé le jour d'hier à six heures du soir, propriétaire, âgé de quarante-cinq ans, né à Grenoble, Isère, domicilié à Castelnaudary, aude, demeurant momentanément à Toulouse, place Saint-Georges nº 20, époux d'Antoinette Galabert, sur la déclaration à nous faite par Charles de Rocous Cahuzac, propriétaire, âgé de cinquante un ans, logé rue des Remparts nº 10, et par Jean Baptiste Guillaume de Rocous Saint-Amans, propriétaire, âgé de cinquante ans, domicilié rue Pharaon nº 22, amis du défunt, qui ont signé. »
Jean Louis Charles de Rocous de Saint-Amans, dit Castanet (Toulouse, 8 juin 1786-25 mars 1872, Cahuzac), est l'époux d'Éléonore Claudine Nelly d'Acher de Cahuzac, grand-mère d'Antoinette Galabert, l'épouse d'Ernest de Barral. Jean Baptiste Guillaume de Rocous Saint-Amans (1785-1860, Saint-Amans, Aude) est le frère de Jean Louis Charles de Rocous.
Anne Antoinette Galabert mourra, elle, le 3 novembre 1869 à Castelnaudary, rue Saint Michel (aujourd'hui rue du Collège), i.e. dans l'Hôtel dit « de Barral ».
3 novembre 1869. Décès d'Anne Antoinette Galabert. AD11. Castelnaudary. Décès. 1869. Document 100NUM/5E76/236. Vues 74-75.
Cette histoire ne nous apprend rien sur l'Hôtel de Barral lui-même. S'il date bien du XVIIIe siècle, comme indiqué à gauche de son portail, ce ne peut pas être le couple Barral qui l'a fait construire.
Ernest de Barral et Anne Antoinette Galabert l'auraient-ils acheté ? Anne Antoinette Galabert l'aurait-elle hérité de Jean François Galabert, son père, négociant, qui a éré maire de Castelnaudart de 1808 à 1815 ? ou de Joséphine Amélie Etiennette Acher de Cahuzac, sa mère, fille et petite-fille de grands négociants ?
Serait-ce Justin Acher de Cahuzac, ou Jean Marc Antoine Acher de Cahuzac, son fils aîné, qui auraient fait bâtir l'édifice en question ? Ou Jean Marc Antoine Acher de Cahuzac l'aurait-ils acheté à quelque notable de Castelnaudary, dans une rue où s'élèvaient alors d'autres beaux hôtels particuliers, tels l'Hôtel Latapie, qui date du XVIIe siècle ? Mais la ville de Castelnaudart se trouvait-elle compruse dans le champ d'affaires des Acher de Cahuzac ?
18 vendémiaire an VIII (13 octobre 1799). Naissance d'Anne Antoinette Galabert. AD11. Castelnaudary. Naissances. 1799-1800. Document 100NUM/5E76/91. Vue 21.
Sur l'acte de naissance de sa fille, « le citoyen Jean François Galabert, négociant, déclare [...] que la citoyenne Joséphine Amélie Acher, son épouse en légitime mariage, est accouchée le dix-septième vendémiaire, à douze heures du jour, dans la maison du citoyen Dedebat [Jacques Dedebat ?] marchand [marchant ?] sur la place Saint-Michel, d'un enfant femelle auquel il a donné les prénoms d'Anne Antoinette... »
Cette maison marchant sur la place Saint-Michel, s'agit-il de celle à qui l'on donnera plus tard le nom d'Hôtel de Barral ? Jean François Galabert l'aurait-il achetée ensuite ? Aorès avoir été maire de Castelnaudary de 1808 à 1815, il est mort « dans sa maison de la rue Saint-Michel le 19 novembre 1821. Anne Antoinette Galabert, qui habitait déjà ladite maison, en a hérité à la mort de son père.
19 novembre 1821. Décès de Jean François Jalabert. AD11. Castelnaudary. Décès. 1821. Document 100NUM/AC76/1E158; Vue 125.
« L'an mille huit cent vingt-et-un et le 19 novembre [...] Monsieur Jean François Galabert, âgé de cinquante-trois ans, chevalier de l'ordre royal et de la Légion d'honneur, et propriétaire, époux de Dame Amélie Acher de Cahuzac, né à Castelnaudary, y domicilié, fils de défunt M. Fulcran Galabert et de Dame Anne Mounet mariés, est décédé dans sa maison sise rue Saint-Michel... »
Ce qui est sûr en tout cas, c'est que l'immeuble dit « Hôtel de Barral » intègre dans sa construction les vestiges d'un bâtiment plus ancien. À l'angle des actuelles rue du Collège et place Andréossy, on remarque à mi-hauteur de la grande façade latérale de l'Hôtel Barral, dont une partie du crépi contemporain est tombée, un corbeau de taille importante et un reste d'encorbellement, soutenu par une ancienne charpente en bois, très altérée par le temps, qui s'élève ai-dessus d'un mur fait de briquettes, anciennes elles aussi.
À l'angle de l'Hôtel de Barral...
Le quartier dans lequel s'élève l'Hôtel de Barral se trouvait jadis investi par différentes annexes de la collégiale Saint-Michel. Se pourrait-il que l'ancienne bâtisse devenue plus tard l'Hôtel de Barral ait fait partie desdites annexes ?
Un détail intrigue sur la belle ferronnerie du portail de l'Hôtel de Barral. C'est la représentation de l'Agneau mystique et des Sept Sceaux de l'Apocalypse.
L'Agneau mystique et les Sept Sceaux de l'Apocalypse sur le portail de l'Hôtel Barral.
« J’ai vu, dans la main droite de celui qui siège sur le Trône, un livre en forme de rouleau, écrit au-dedans et à l’extérieur, scellé de sept sceaux. Puis j’ai vu un ange plein de force, qui proclamait d’une voix puissante : — Qui donc est digne d’ouvrir le Livre et d’en briser les sceaux ? Et j’ai vu [...] un Agneau debout, comme égorgé ; ses cornes étaient au nombre de sept, ainsi que ses yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés sur toute la terre. Il s’avança et prit le Livre dans la main droite de celui qui siégeait sur le Trône. Alors j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte : — Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. [...]. Alors j’ai vu : quand l’Agneau ouvrit un à un les sept sceaux... » 6
L'archange Michel, saint patron de la collégiale de Castelnaudary, est dans l'Apocalypse celui qui invite « à ouvrir le Livre et à en briser les sceaux... » Il se pourrait que l'Hôtel Barral, sis rue du Collège, autrefois rue Saint-Michel, se souvienne sur son portail de quelque vocation religieuse de la maison plus ancienne sur laquelle il a été bâti...
Famille lointainement venue d'Italie, rendue célèbre par son illustre ancêtre François Andréossy, né à Paris le 1er juin 1633, mort à Castelnaudary le 3 juin 1688, cartographe et géomètre du canal du Midi, qui a été l’un des plus proches collaborateurs de Pierre Paul Riquet.↩︎
Cf. Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire, 10 juin 1822 : « Le commissaire-général de police de Bayonne , M. d'Escalone, vient d'être révoqué par ordonnance royale, avec ordre de se rendre de suite à Paris pour rendre compte de sa conduite ». Motif : retard de la poste après des ordres donnés au pas de Béhobie. Cf. aussi : Claude Morange, « Une tentative précoce de diffusion en Espagne de l’industrialisme saint-simonien (octobre 1820) », in .in L’image de la France en Espagne (1808-1850), édité par Jean-René Aymes et Javier Fernandez Sebastian, Presses Sorbonne Nouvelle, 1997.↩︎
Pierres Arches, « Une fédération locale : la Confédération des Pyrénées (1789-1790), in Bulletin d'histoire économique et sociale de la Révolution française, Comité des travaux historiques et scientifiques (France). Commission d'histoire économique et sociale de la Révolution franc̜aise, p. 29 sqq.↩︎
Bibliothèque muicipale de Grenoble, R1987, Mémoire pour François de Gratet, chevalier, marquis de Dolomieu, contre Charles Gabriel Justin de Barral de Rochechinard, conseiller au parlement de Grenoble, s.d. Cité par Lise Soulbieu, in Patrimoine : Le domaine de Saint-Ferjus; L'histoire oubliée du bâtiment administratif des Facultés de médecine et de pharmacie, article initiatement publié dans Les Chroniques. La Revue d'Histoire du Dauphiné, décembre 2017, nº 64.↩︎
Cf. Pierre Léon, « Deux siècles d'activité minière et métallurgique en Dauphiné : l'usine d'Allevard (1675-1870) », in Revue de Géographie Alpine, année 1948, 36-2, pp. 215-258.↩︎
Apocalypse, ch. V et VI.↩︎
















