Bonheur ou malheur ?
D’une amour ancienne
la première,
celle qui destine les autres,
bonheur ou malheur ?
il me reste un oiseau,
un oiseau en tôle peinte,
celui qu’il m’a donné quand nous nous sommes retrouvés,
bien des années plus tard,
nous étions vieux,
nous avons mangé des seiches sous les platanes du cours,
puis il est mort ailleurs,
et l’oiseau m’est resté.
Nous chevauchions dans les dunes
jusqu’à l’embouchure du fleuve
sous le ciel des oiseaux,
la mer était belle,
les dunes désertes,
le vent salé.
Je n’ai jamais revu l’embouchure du fleuve,
ni ce même ciel de sable blanc.
Bonheur ou malheur ?
Sur le rebord de la fenêtre
L’oiseau n’en dit rien.
Au soleil du soir,
il se pare d’une poudre d’or.
11 avril 2025