Faire flûte
Mickey Mouse, in Plane crazy, 1928. Source : Ub Iwerks (1901–1971.
... des images te viennent en pensée
comme la biche ou le loup sortent du bois
... mais de quel bois sortent-elles,
ces images qui ne viennent pas du vaste monde
comme la biche ou le loup,
ou encore le mouton
qui se retourne et te montre son derrière
au seul clic de ton APN,
ou encore comme les Autres
qui ont si peur de se voir voler,
leur âme Autre ?
— et toi aussi !
... de quel bois donc ?
mais du bois dont, toi, tu te chauffes,
qui est aussi le bois dont on fait les flûtes,
du bois dont se chauffent
ta fantaisie, ta fantasia, tes songes creux,
et, plus au fond encore,
du creux de tes songes
de ce creux qui s'ouvre
entre chair et corps
— où ça ? —
et de ce toodles, de ce tourniquet,
qui fait venir dans ta pensée,
comme emportés par un avion fou,
TOODLES ! TOURNIQUET !
d'autres images,
des images semblables à celles qui montent,
sans raison ni pourquoi
— que tu saches —,
du tréfonds du rêve,
TOODLES ! TOURNIQUET !
et d'autres mots,
des mots surgis de nulle part,
fermés comme des pierres ou des noix,
mais dont la vibration,
le son, le ton, la couleur neuve,
feu ou zinzolin,
te font signe aussi depuis l'orée du bois...
C'est de ce bois-là, si loin, si près,
que certains jours, certains matins,
impromptu,
TOODLES ! TOURNIQUET !
des images, des mots
viennent faire flûte...
Fantasia (1940), Parkway Theater, Madison, USA. Credit John Scharnberg for this wonderful wrapper front for Fantasia playing in 1942 at the Parkway.

