Le grondement
Entends le grondement des images qui déferlent
sur les brisants,
sac et ressac,
soupe de confettis
que la vague disperse.
Entends la rumeur des mots qui enfle
au septentrion,
légions d’ours,
que l'homme a vus passer,
lourds canons
qui roulent même
jusqu'à l'oreille des sourds.
Entends le bruit des os qui remontent
d’ahan sous la terre,
craquements, cliquetis,
on danse ce soir
Sous la lune.
Écoute le silence
de l’herbe qui pousse
le murmure des peupliers,
le pas de l'eau,
la fuite du serpent,
de l'araignée,
de la souris verte,
et en toi
la musique des sphères.
τούτω δὲ ἐν ᾧ τῶν ὄντων ἐγγίγνεσθον, ἄν ποτέ τις αὐτὸ ἄλλο πλὴν ψυχὴν εἴπῃ, πᾶν μᾶλλον ἢ τἀληθὲς ἐρεῖ.
Quant à savoir où ces choses se passent, quiconque dira que c'est ailleurs que dans l'âme, celui-là dira toute autre chose que la vérité.
Platon, Timée, 37c.