Pigeons et corneilles

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Pigeons et corneilles qui nous voyez passer
du haut de vos belvédères de hasard,
continuez à mûrir en vos lieux d’altitude
le secret d’indifférence
qui vous garde du bruit de nos folles passions.

Pendant ce temps,
au pied de la vieille cathédrale
le vent d’autan
soulève des vagues d’écume
blanches, oh ! si blanches,
voie lactée, ô sœur lumineuse,
dans les marronniers en fleurs.
Oh ! l'éclat de rire des verres et des carafes
qui tombent de la table des cafés !
comme jadis le regrat
de la table des riches !
Pigeons volent !
et les cendriers aussi.

Oh ! bizarre saison,
quand le maigre printemps ne sait
s'il espère l'été
ou regrette l'hiver !

Oh ! bizarre cité
qui n'a que des fontaines mortes,
oh ! bizarre cité
qui n'a point d'autres statues
que son monument aux morts
relégué sur ses lisières
et une pleureuse au cimetière
oh ! la triste Béatrice !
qui veille sur une tombe oubliée.

Tournez, manèges !
Entre Pâques et Toussaint,
les petits chevaux de bois
hop là ! nous vivons !
montent et descendent sur la place
comme des jets d'eau.

Aujourd'hui c'est le Premier Mai.
Brin de muguet.
Fin de l'Histoire ?
Ère nouvelle ?

À la fin nous irons...

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À la fin nous irons au bois
et nous nous aimerons
sans plus de façons
car nous n’aurons plus de corps
ni de folles illusions,
mais des âmes diaphanes
qui partageront en silence
et les mêmes jours
et les mêmes nuits.
Ah ! que le temps vienne
d’aller nous aimer au bois.

L'instant roule

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S’aimer dans une prairie en pente
rouler embrassés jusqu’au ruisseau…
— Oui, mais dans l’herbe verte
il y a des épines.
— L’eau fraîche te guérira.
— Guérir ?
Si l’on guérit de vivre…

Ii y a des aigles qui planent
au-dessus du torrent,
il y a des buses qui tournent
au-dessus de la rivière,
pour voir si la baigneuse par hasard
ne serait pas comestible,
une espèce voisine de la souris ?

L’instant roule ainsi
dans le jeu partagé de la pensée terrestre.

Bonheur ou malheur ?

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D’une amour ancienne
la première,
celle qui destine les autres,
bonheur ou malheur ?
il me reste un oiseau,
un oiseau en tôle peinte,
celui qu’il m’a donné quand nous nous sommes retrouvés,
bien des années plus tard,
nous étions vieux,
nous avons mangé des seiches sous les platanes du cours,
puis il est mort ailleurs,
et l’oiseau m’est resté.
Nous chevauchions dans les dunes
jusqu’à l’embouchure du fleuve
sous le ciel des oiseaux,
la mer était belle,
les dunes désertes,
le vent salé.
Je n’ai jamais revu l’embouchure du fleuve,
ni ce même ciel de sable blanc.
Bonheur ou malheur ?
Sur le rebord de la fenêtre
L’oiseau n’en dit rien.
Au soleil du soir,
il se pare d’une poudre d’or.

11 avril 2025

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