Le jour tarde

Rédigé par Christine Belcikowski Aucun commentaire
Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

Dans la maison noire,
J’attends le jour,
il tarde.

Le temps ralentit.
Car le jour est insupportable pour les mortels,
dit Pierre Corneille.
C’était en 1635.

Le temps ralentit.
Car les mortels ostinato
basso ostinato
se rendent insupportables au jour.

Précurseur de l'isson,
le jour tarde.
Et quand il vient,
il a perdu son bleu
celui du manteau de la Vierge,
de ses plis où repose
le désir d’être heureux.

Où le bleu de l’enfance,
des longs jours toujours beaux ?

 

 

 

Le grondement

Rédigé par Christine Belcikowski Aucun commentaire
Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

Entends le grondement des images qui déferlent
sur les brisants,
sac et ressac,
soupe de confettis
que la vague disperse.

Entends la rumeur des mots qui enfle
au septentrion,
légions d’ours,
que l'homme a vus passer,
lourds canons
qui roulent même
jusqu'à l'oreille des sourds.

Entends le bruit des os qui remontent
d’ahan sous la terre,
craquements, cliquetis,
on danse ce soir
Sous la lune.

Écoute le silence
de l’herbe qui pousse  
le murmure des peupliers,
le pas de l'eau,
la fuite du serpent,
de l'araignée,
de la souris verte,
et en toi
la musique des sphères.

τούτω δὲ ἐν ᾧ τῶν ὄντων ἐγγίγνεσθον, ἄν ποτέ τις αὐτὸ ἄλλο πλὴν ψυχὴν εἴπῃ, πᾶν μᾶλλον ἢ τἀληθὲς ἐρεῖ.
Quant à savoir où ces choses se passent, quiconque dira que c'est ailleurs que dans l'âme, celui-là dira toute autre chose que la vérité.
Platon, Timée, 37c.

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