Il neige

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Le temps ralentit, le disque grésille,
il neige.
Jadis abracadabra il neigeait des fleurs
sur la scène rose et verte du Théâtre Magique.
Aujourd’hui, cals flors ?
Neus, gels e conglapis
Que cotz e destrenh e trenca
 1
Aujourd’hui, il neige des aiguilles,
des aiguilles de froid,
qui s’anguillent dans l’anguste
de l’écharpe.
Ad augusta per angusta.
Souviens-toi de la belle ci-devant
qui monte à l'échafaud à la bravade
et perd la tête hop-là !
d'un coup, sous le tranchant, éclair !
de la lame.
Vois, dans le miroir,
sous l'obscure commination de la rampe lumineuse,
les cous blancs, ployés, sans tête,
sur le gouffre du bac à shampoing.
Oh ! les cygnes !
Il neige des cygnes,
des signes plutôt,
des signes de l'auguste qui vient,
des signes du destin des métamorphoses,
la flors s'inverse,
le monde se renverse.
— Du noir au blanc, du blanc au rouge,
pur feu,
dit le vieil alquemiste,
il reste un sel
aussi diaphane que le cristal.
Ce grain précieux est l'or des Philosophes2
Entends comme la neige craque
sous ton pas.

22 janvier 2023


  1. « Quelle fleur ? Neige, glace et givre / qui brûle, point et tranche ». Extrait de La flor enversa, canso du troubadour Rimbaut d'Orange, « seingner d'Aurenga e de Corteson e de gran ren d'autrez castels », né entre 1140 et 1145 à Orange et mort le 10 mai 1173 à Courthézon. Cf. Christine Belcikowski, La flors enversa.↩︎

  2. Le Règne de Saturne, changé en siècle d’or, S. M. I. S. P., ou le Magistère des sages, qui a été tenu secret jusqu’à ce jour, et que l’on publie maintenant en faveur des enfants de la science, le tout traduit du latin d’Huginus à Barma, Paris, chez Pierre Derieu, 1780, p. 185.↩︎

En marge du compromis de 1307 sur le communal de la rive gauche de l'Hers, quelques notes relatives à des toponymes oubliés

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Dans le texte du compromis concédé en 1307 par Jean Ier de Lévis, seigneur de Mirepoix, aux consul et à la communauté de ladite ville à propos de l'usage et du statut usufruitier du communal de la rive gauche de l'Hers, on relève plusieurs toponymes dont le sens et la localisation allaient de soi pour les contemporains de ladite charte, mais qui sont aujourd'hui oubliés. On tentera ici de reconduire ces toponymes, si possible, à leur signification d'antan.

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En marge du compromis de 1307 sur le communal de la rive gauche de l'Hers, quelques notes relatives aux premiers sénéchaux de Mirepoix et autres personnages homologues

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La lecture du compromis concédé en 1307 par Jean Ier de Lévis, seigneur de Mirepoix, aux consul et à la communauté de ladite ville à propos de l'usage et du statut usufruitier du communal de la rive gauche de l'Hers, est très instructive concernant divers détails de l'histoire de Mirepoix. Voici donc, inspirées de la lecture de l'ensemble des chartes de Mirepoix publiées avant 1307, quelques notes relatives aux premiers sénéchaux de Mirepoix et à quelques-uns de leurs homologues.

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Y aller ! Château de cartes

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On y va !
Oui, oui, on y va.
Mais où ?
Où... où ... où ... où ... où ... où ... où ... où ... ?
L’écho habite l’espace. Et la chouette hieroglyphe
et la noctule.
Nous, dans nos arrière-mondes,
nous errons.

Quo vadis, Domine ?
Lui, au moins, Il sait où il va.
On suppose… Mais nous ?
Il faut croire qu’Il le sait pour nous.
Mais Il n'en dit rien,
ou alors, c'est trop loin, trop flou,
ou alors c'est trop près, trop sombre.
Et d'ailleurs où est-il, Lui,
dans le moment de ses fulminations ?

Pauvres de nous, frères humains
Point d'ailes,
point d'yeux nyctalopes,
point d'envolée dans la nuit vierge,
point de retour au vaste ciel.

Nous errons dans un arrière-monde
qui ressemble à l'enfer,
étranger au ciel étoilé,
à l'air, au soleil, à l'herbe,
aux arbres, aux collines
qui poussent au bout de la rue,
aux visages
dont le sourire point à la fenêtre ouverte.

Nous errons dans le sombre dédale des calculs de la raison
et de ses ruses sibyllines,
nous errons dans le cirque
toujours recommencé
du temps des horloges,
des calendriers, agendas, minuteurs
et autres clepsydres,
qui ne sont pas faites seulement pour les œufs à la coque
et les Petits Boutiens et les Gros Boutiens.

petits_boutiens_gros_boutiens.jpg

Petits Boutiens et Gros Boutiens, illustration de J. J. Grandville pour les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, Paris, Garnier Frères, 1884.

L'avenir est dans les œufs, disait un jour l'autre.
Et de quel avenir parlez-donc donc, Monsieur de l'Autre ?
Danserons-nous la polka ?
Avant nous déjà, toujours,
la guerre, hélas,
la guerre est dans les oeufs,
— autant dire dans les starting blocks.

polka_oeufs.jpg

Frontispice de la partition de Polka des oeufs à la coque pour piano par B. de Monfort, compositeur, Paris, J. Naus.

Nous errons dans le capharnaüm scintillant
des marchands du temple,
soumis à la médusante commination du regard,
SANS VISAGE !
que tournent vers nous,
SÉPULCRES BLANCHIS !
les vitrines,
et les mots, et les choses
de la vie comme elle va.

Sépulcres blanchis !
Ils ont belle apparence,
mais au dedans...

tour.jpg

Oswald Wirth (1860-1943), La Tour, arcane du tarot, in Jeu de tarot kabbalistique dit « des imagiers du Moyen Âge », 1889.

À la fin, pauvre rêveur,
amoureux des lunes d'antan,
tu es las de rien espérer,
château de cartes !
sinon, le soir, l'aile de soie
de la pipistrelle,
puis le matin parfois,
dans les arbres, un froissement d’oiseau,
comme un rire !

En juin 1307, nouveau compromis entre les consuls et le seigneur de Mirepoix à propos de l'usage du communal de la rive gauche de l'Hers

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terride_fresque_consuls.jpg

Détail d'une fresque de Chloé Préteceille, inspirée d'une vue ancienne du château de Mirepoix, dit aujourd'hui château de Terride, situé sur la rive droite, au-dessus de la rivière de l'Hers ; maison des consuls, aujourd'hui Hôtel des Consuls, Mirepoix. Cf. Christine Belcikowski, Dans la maison des consuls, deux belles vues de Mirepoix, alias Ravenne d'Oc.

Datée du 27 avril et du 12 juin 1307, soit du premier trimestre de l'année 1307 — la fête de Pâques, qui marque alors le début de l'année civile et religieuse, ayant été fêtée le 26 mars cette année-là —, publiée à peu près à la date anniversaire de la terrible inondation qui, sauf le château, a tout emporté de la première ville de Mirepoix, située sur la rive droite de la rivière de l'Hers, la charte traduite ci-dessous intéresse, dans le cadre de la nouvelle ville de Mirepoix, construite cette fois sur la rive gauche de l'Hers, les droits d'usage et de propriété d'une partie de la rive gauche de la rivière, concédés par Jean Ier de Lévis, seigneur de Mirepoix, à la communauté de ladite nouvelle ville afin que celle-ci puisse disposer, sur le mode de l'usufruit, d'un lieu public, ou communal.

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