Du grain, de la fleur ni de l'herbe

Rédigé par Belcikowski Aucun commentaire
Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

À la fin, rien
ne reste du grain,
de la fleur
ni de l’herbe
du passé,
sinon le souvenir
du cri
d’une porte qui se ferme.
À la fin, rien
dans le souvenir
ne s'entend plus
autrement que le bruit de la mer
au fond d'un coquillage,
ni rien ne se voit plus
autrement que le bleu
du manteau de la Vierge
sur l'étiquette d'un flacon
d'eau de Lourdes
oublié depuis des lustres
sur le bois de la cheminée.
À la fin, rien même
du proche,
de l'herbe qu'on vient de couper,
du vent qui joue dans les saules,
du cinéma des nuages,
du jour qui se lève,
du soir qui tombe,
rien ne veut plus
que tu t'en souviennes,
rien ne vaut plus
qui sait ?
que tu t'en souviennes,
ni même
que tu l'oublies.
Le bel été de la vie s'est perdu.
Avec lui, le vif
du poisson dans l'eau,
de l'oiseau qui chante,
et le goût d'échapper !
Les vieux, dit-on ailleurs,
somnolent sous le baobab.
Une porte ouverte
de l'échappée belle ?

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