Ni dedans, ni dehors

Rédigé par Christine Belcikowski Aucun commentaire
Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

Ni dedans, ni dehors,
la fenêtre, ma sœur, ma compagne fidèle,
ouverte tout l’été, sur le jour et la nuit,
les idées, les souvenirs, les rêves…
Je m’inquiète déjà des pluies qui viendront de l’ouest,
et de l’hiver, du GÉNÉRAL HIVER,
qui me forcera d’ici peu à fermer ma fenêtre.
Oh ! les tristes jours sans soleil ! oh ! les longues nuits sans étoiles !
L’autre nuit, la lune était partie,
je ne la voyais plus dans la fenêtre,
et je la voyais encore qui me fixait
dans la glace de l’armoire…
Sortilèges de la fenêtre en été !
Le cyprès du jardin pare sa haute silhouette noire
d’un halo de lumière électrique.
Derrière lui, le lampadaire de la rue
s’épuise à griller les insectes.
Écoute, quand tu passes, sa rumeur torréfiée !
Je songe à un personnage de la Révolution,
la nôtre, la Française,
qui souffrait en prison de savoir ses papiers sous scellés,
les papiers qu’il tenait chez lui,
dans un secrétaire en bois de rose.
Point de fenêtre pour le prisonnier,
point de fenêtre, point de miroir
qui ouvre sur les tiroirs d’un secrétaire en bois de rose,
ni sur autre chose que les pavés d’une cour
où viennent chaque jour stationner des charrettes.
Ici, point de charrettes,
mais seulement, dans la nuit éclairée,
le clocher de la cathédrale,
le clocher à gueules de loup,
qui dit, sans mots, le décret de Pyrène :
Dans nos montagnes des Pyrénées, la vie doit être forte ou ne pas être.
L'air qui descend de nos glaciers est cruel comme la loi de Lacédémone :
il tue ceux qui ne sont pas nés puissants
.

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