Fragments d’enquête sur la généalogie d’Abraham Louis et de son gendre Benjamin Alvares

 

Ci-dessus : prise de nom d’Abraham Louis, enregistrée en 1808 dans le registres des naissances de Mirepoix, Ariège.

Bien que je me sois appliquée à recueillir aux archives de Mirepoix le moindre indice relatif au séjour et aux activités d’Abraham Louis, marchand, dit « le juif Louis », dans notre commune, je ne sais toujours rien de sûr concernant cet homme sans état-civil à Mirepoix, hormis la déclaration reproduite ci-dessus. J’ignore même quelle sorte d’âge il peut avoir lorsqu’il surgit en 1793 à Mirepoix, puisque si le rôle des contributions de l’an III (1794-1795) lui donne à cette date 30 ans, celui de l’an VII (1798-1799) lui donne un an plus tard 40 ans ! Difficile par suite de lui assigner une date de naissance, même approximative, qui puisse servir de point de départ à une recherche généalogique.

D’où vient-il ? Les archives de Mirepoix ne le disent jamais. On sait seulement qu’Abraham Louis se rend régulièrement à Toulouse, pour des raisons que les archives ne disent pas non plus. Les habitants de Mirepoix croient que le citoyen Louis se rend à Toulouse pour des raisons politiques ; l’homme est de sensibilité ardemment jacobine, par ailleurs membre du comité de surveillance de Mirepoix en 1793 ; il irait à Toulouse pour « prendre les ordres ». Mais il s’y rend tout aussi bien pour des raisons professionnelles : il est marchand, d’où client des grossistes toulousains. Il se rend peut-être encore à la grande ville pour des raisons d’ordre privé. A Toulouse, au sein de la petite communauté juive, cet homme qui semble seul, a possiblement des attaches, des parents, des amis.

Enquêtant d’abord à Toulouse, je n’y ai trouvé au XVIIIe siècle aucune trace de la naissance d’un Abraham Louis non plus qu’aucun acte relatif à une famille du nom de Louis.

Comme je suis têtue, toujours en vue de savoir d’où venait originairement Abraham Louis, j’ai entrepris de remonter au XVIIe siècle et, sans omettre Toulouse, d’élargir le champ de mon enquête aux communautés juives de Peyrehorade, Bayonne-Saint-Esprit, Bordeaux, sachant que les porteurs du patronyme Louis ou Luis1 sont au sein des dites communautés par chance relativement peu nombreux.

I. La nébuleuse Luis au XVIIe siècle

J’ai pris comme point de départ de cette nouvelles enquête les indications fournies par Jacques Blamont dans Le Lion et le Moucheron2, indications que j’ai déjà relevées dans Hypothèses sur la vie et l’histoire d’Abraham Louis, marchand colporteur, membre du Comité de surveillance du canton de Mirepoix de 1793 à 1795 – Première partie. Je résume ici l’essentiel de ces indications, pour mémoire.

  • A Bayonne et à Saint-Jean de Luz

    En 1625, enregistrés à Bayonne comme marchands portugais, Jacob et Bento Louis assurent vers l’Espagne le transit de grosses aiguillettes de cuir, d’azur, de serges de Saint-Maixent, de toiles de Hollande et de grosserie, toutes marchandises venues de Bordeaux.

    Disparu d’Espagne en 1642 après avoir été réconcilié, Jacome Louis ou Luis, correspondant des Portugais de Rotterdam et d’Amsterdam pour le trafic des marchandises en direction de Madrid, par ailleurs cousin de Jacob et de Bento Louis, exerce désormais son activité dans la région de Bayonne et Saint-Jean de Luz.

  • A Bordeaux

    En 1636, sur le rôle des Portugais habitant Bordeaux figure la femme de Jacques (Jacome) Louis, absent, deux enfants.

    En 1657, le rôle des taxes des Portugais de Bordeaux mentionne la Veuve Jacques (Jacome) Louis.

  • A Toulouse

    En 1660, les frères Manuel et Antoine (Alvaro) Louis, fils d’Isaac Louis et de Catherine Fernandes, sont connus comme marchands à Toulouse.

  • A Fort Saint-Pierre, Martinique

    En 1664, le recensement signale, au titre des familles qualifiées de “juives”, la présence de Jacob Luis, dit « Louis le Juif », alors âgé de 29 ans, apparenté aux Louis de Bayonne, En 1680, il figure en tant qu’habitant, âgé de 47 ans, sur la liste des Juifs qui sont establis à la Martinique tant habitants que marchands, avec Rachel, sa femme, 18 ans, et Abraham, son fils, 1 an et demi.

  • A Toulouse

    En 1665, Joseph Cardoze, marchand de Toulouse, obtient de M. le Viguier de Toulouse une ordonnance de prise de corps contre Manuel Louis, marchand de Toulouse. Antoine (Alvaro) Louis, aussi marchand de Toulouse, se porte caution pour Manuel Louis, son frère.

  • A Bordeaux

    En 1668, Alvaro (Antoine) Louis, dit “bourgeois, marchand de Bordeaux”, fils de Catherine Fernandes et d’Isaac Louis, bourgeois de Bordeaux, marchand et banquier originaire de Bayonne – où, observe Jacques Blamont, la famille, représentée par les négociants Jacob et Bento Louis, est établie au moins depuis 1625 -, épouse à Bordeaux, en l’église Sainte Eulalie, Anne Henriques, fille de Joseph Henriques de Medina, riche marchand, originaire de la province de Cacérès, près de Salamanque.

  • A Toulouse

    En 1672, les noms de Manuel et d’Antoine (Alvaro) Louis figurent sur un contrat signé à Toulouse, avec un certain Gonzalles, dans la maison Louis.

  • A Londres

    Disparu de Bordeaux après 1679, Joseph Henriques, beau-père d’Alvaro (Antoine) Louis, exerce en 1685 l’activité de banquier à Londres3.

  • A Fort Saint-Pierre, Martinique

    En 1684, suite à la signature de l’édit Seignelay, les Juifs sont expulsés des “Isles françaises de l’Amérique” et leurs biens confisqués. Jacob Louis et sa famille retournent en France. Jacob Luis est âgé alors d’environ 51 ans ; Abraham Luis, son fils, de 5 ou 6 ans.

  • A Toulouse

    Le 14 avril 1685, sur plainte de la Bourse des marchands de Toulouse et au motif que les marchands “portugais se livreraient chez eux à des cérémonies secrètes, qu’ils y tiendraient des ornements ainsi que des baptistaires, mortuaires et sépultures de plusieurs enfants », le tribunal de Toulouse condamne au bûcher les sept plus riches marchands portugais de la ville, – heureusement tous contumaces. Il ordonne à l’égard des parents, alliés, amis et autres associés – parmi lesquels “Louis frères” – absents au procès – qu’ils seront « ajournez a comparoir en personne et condamnés aux dépens envers qui il appartiendra ».

  • A Bayonne-Saint-Esprit

    En 1689, Alvaro (Antoine) Louis fait partie de l’équipe des trois syndics des habitants du dit bourg, qui achètent pour leur communauté un second cimetière.

Jacques Blamont, qui, dit-il, « n’a pas réussi à débrouiller la généalogie de la famille Louis ou Luis, arrête son étude à l’orée du XVIIIe siècle. L’auteur postule qu’à la date de la condamnation du 14 avril 1685 les « frères Louis », Manuel et Alvaro ont déjà quitté Toulouse pour toujours (p. 392). Il n’est pas impossible qu’à cette date Alvaro Louis ait choisi de gagner Londres où Joseph Henriques, son beau-père, est banquier. On le retrouve en 1689 syndic de sa communauté à Bayonne-Saint-Esprit. Il y finit probablement ses jours. « D’azur à trois chevrons d’argent », les armes d’Alvaro Louis, marchand, figurent dans l’Armorial général de 1696 de la généralité de Guyenne4.

Après 1685, Manuel Louis, frère d’Alvaro Louis, disparaît quant à lui sans laisser de traces. On ne sait pas davantage ce qu’il advient de Jacob Luis et des siens après leur retour de la Martinique en 1684. Plantation de canne à sucre, esclaves, ils ont tout perdu. Effrayée en 1685 par la condamnation au bûcher des sept plus riches marchands marranes de la ville, la communauté quitte Toulouse. Toulouse ne compte guère qu’une centaine de marranes à la fin du XVIIIe siècle.

II. La nébuleuse Luis/Louis au XVIIIe siècle

 

Ci-dessus : Marco Marcuela, Un mariage juif, 1780 ; Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris.

Après avoir rassemblé les renseignements fournis par Jacques Blamont concernant la nébuleuse Luis/Louis et l’histoire de cette dernière au XVIIe siècle, j’ai trouvé à poursuivre mon enquête dans les actes de circoncision et/ou de naissance, de mariage, de décès, enregistrés au XVIIIe siècle dans les villes de Bayonne-Saint-Esprit et de Bordeaux.

 

Ci-dessus : Marco Marcuela, Une circoncision, 1780 ; Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris.

On trouve des Luis/Louis à partir de 1733 dans les registres de circoncision et/ou de naissance de Bayonne-Saint-Esprit, dans les registres de circoncision et/ou de naissance de Bordeaux, ainsi que dans les registres de décès de Bordeaux toujours. J’ai pu consulter la transcription de ces actes, moyennant une inscription payante, sur le site de généalogie juive GenAmi. J’ai également recherché des informations dans Les Israélites bordelais de 1780 à 1850 – Autour de l’émancipation, maître ouvrage de Jean Cavignac5.

1. A Bayonne-Saint-Esprit

  • Le 11 mars 1733, circoncision de Jacob Luis, fils d’Abraham Luis ; marraine : Sare Luis

  • Le 1 janvier 1737, circoncision de Samuel Luis, fils d’Abraham Luis et de Sara Damesquita ; marraine : Rinqua Luis

  • le 24 août 1739, circoncision de Aaron Luis, fils d’Abraham Luis ; marraine, Esther Luis, soeur d’Abraham Luis

  • Le 24/04/1756, circoncision de Abraham Luis, fils de Benjamin Luis ; parrain : Abraham Luis ; marraine : la fille aînée de Jacob Luis.

2. A Bordeaux

  • Le 13 novembre 1744, circoncision d’Abraham Louis, fils de Daniel Louis ; parrain : David Rodrigues ; marraine : Rebeca Torres ; rouleau et n° : GG 842 n° : 499 ; fichier et repère : GG 842 page 497 501 – 3-033

  • Le 4 juillet 1745, décès de Jacob Louis, dit Charlot, âgé de 78 ans ; cote : 123

  • Le 27 février 1746, décès d’Abraham Luis, dit Jazinte, âgé de 50 ans ; cote : 157

  • Le 3 juillet 1766, décès de Daniel Louis, âgé de 58 ans ; cote : 806

  • Le 7 septembre 1779, naissance d’Abigaïl Louis, fille d’Abraham Louis et de Rachel Lopes Peigne ; cote : 1138

  • Le 15 décembre 1780, naissance de Daniel Louis, fils d’Abraham Louis et de Rachel Lopes Louis ; cote : 1181

  • Le 15 janvier 1781, décès de David (Daniel ?) Louïs, âgé d’un mois, fils d’Abraham Louïs et de Rachel Lopes Louis ; cote : 1341

  • Le 7 janvier 1782, naissance d’Isaac Louis, fils d’Abraham Louis et de Rachel Lopes ; cote : 1221

  • Le 30 juillet 1782, décès d’Isaac Louis, âgé de 6 mois, fils d’Abraham Louis et de Rachel Lopes ; cote : 1416

L’ensemble des données recueillies lors de ces deux premières étapes de mon enquête illustre la mobilité de la gens Luis/Louis, dans le contexte diasporique qui est celui de la population marrane toute entière. Observant qu’une telle mobilité procède de raisons diverses et qu’elle se déploie à des échelles tout aussi diverses, Evelyne Oliel-Grausz, auteur d’une thèse qui fait autorité sur le sujet6, préfère parler de « mobilités », au pluriel. « Les mobilités séfarades articulent émigration ibérique, migrations intradiasporiques et circulation multiforme et multidirectionnelle », écrit Evelyne Oliel-Grausz in Circulation, frontières, mobilités séfarades à l’époque moderne7. Ces mobilités se déploient le plus souvent au motif du rapprochement familial et au profit des affaires commerciales, sachant que parenté et négoce marchent ensemble ici. D’autres mobilités dites « indigentes » sont décrétées et organisées par les communautés qui veulent se décharger du poids de leurs pauvres en surnombre. D’autres mobilités peuvent résulter encore d’un conflit conjugal, d’un divorce, ou encore d’un différend culturel entre l’individu nouvellement épris de liberté et sa communauté, jugée trop étroitement normative.

Le plus souvent, dans la tradition des marranes hispaniques, on assigne à un garçon premier-né le prénom de son grand-père paternel ; puis au cadet le prénom de son grand-père maternel. Jacob Luis, garçon premier-né d’Abraham Luis et de Sara Damesquita en 1733 à Bayonne-Saint-Esprit se trouve ainsi clairement désigné comme le petit-fils d’un précédent Jacob Louis, son grand-père paternel. Samuel Luis, fils cadet des mêmes Abraham Luis et Sara Damesquita en 1737, se trouve désigné à son tour comme le petit-fils de Samuel Damesquita, son grand-père maternel.

Ci-contre : Federico Barocci dit Le Baroche, La Circoncision, circa 1590.

Daniel Louis, garçon premier-né d’Abraham Louis et de Rachel Lopes Louis à Bordeaux en 1780 se trouve ici désigné comme le petit-fils de Daniel Louis, son grand-père paternel, chocolatier8, décédé le 3 juillet 1766. On sait par les registres de circoncision de Bordeaux qu’Abraham Louis, fils de Daniel Louis, époux de Rachel Lopez Peigne, père du petit Daniel Louis, est né en 1744. La date de son mariage avec Rachel Lopes Peigne (Peňa) demeure inconnue. Elle se situe probablement circa 1777. Il a 35 ans en 1779, lors de la naissance d’Abigaïl Louis, son premier enfant ; 36 ans en 1780, lors de la naissance de Daniel Louis, son premier fils ; 38 ans en 1782, lors de la naissance d’Isaac, son second fils. Il perd hélas ses deux fils, l’année même de leur naissance. Seule Abigaïl, sa fille, survit. On ne sait ce qu’il advient ensuite du couple Louis jusqu’en 1794, date à laquelle, d’apparence sans famille, Abraham Louis, si c’est bien le même, tient boutique à Mirepoix, Ariège. Il a en 1794 non point 30 ans, ni 40 ans, mais 50 ans !

 

Ci-dessus : acte de naissance d’Abigaïl Louis, enregistré le 7 septembre 1779 à Bordeaux.

 

Ci-dessus : incipit de l’acte de mariage de Benjamin Alvares et d’Abigaïl Louis, enregistré le 29 brumaire an IX (20 novembre 1800) à Bordeaux.

Abigaïl Louis, « âgée de vingt un ans, née à Bordeaux le septième jour du mois de septembre de l’année 1779, demeurant à Bordeaux rue des ci-devant Augustins n°9 section 19, fille majeure d’Abraham Louis, marchand, demeurant à Mirepoix, département de la Haute Garonne [!?], et de Rachel Lopes Peigne », épouse le 29 brumaire an IX (20 novembre 1800) Benjamin Alvares, « âgé de 27 ans, né à Bordeaux, le douzième jour du mois de juin de l’année 1773, marchand, demeurant au dit Bordeaux, rue des ci-devant Augustins n°9 section 19, fils majeur de feu Abraham Alvares, marchand demeurant de son vivant au dit Bordeaux, et de Rachel Paez Alvares ».

 

Ci-dessus : daté du 3 mars 1756 à Bordeaux, excipit du contrat de mariage d’Abraham Alvares et d’Abigaïl Chaves, respectivement père et mère de Benjamin Alvares.

Le contrat de mariage des parents de Benjamin Alvares, dont le Centre Généalogique du Sud-Ouest m’a fourni une copie, permet de préciser l’identité ainsi que la condition de la famille dont l’époux d’Abigaïl Louis est originaire. Abraham Alvares, marchand détailliste, père de Benjamin Alvares, est fils de feu Isaac Alvares de Paz ou Depas et d’Abigaïl Chaves ; Rachel Paez de Leon, mère de Benjamin Alvares, est fille de feu Joseph Paez de Leon et de Sara Paez de Leon. Le registre des naissances de Bordeaux indique qu’Abraham Alvares et Rachel Paez de Leon ont eu, suite à leur mariage, un grand nombre d’enfants. Ce nombre reste difficile à établir de façon sûre en raison des homonymies qui abondent dans les familles Alvares et Paez de Leon, et en raison aussi du laconisme des registres concernant le détail de la filiation. Les naissances s’échelonnent entre 1750 et 1773.

Isaac Alvares, l’aîné de la fratrie, mort hélas à l’âge de 18 mois, reçoit conformément à la tradition le prénom de son grand-père paternel. Né en 1773, Benjamin Alvares, futur époux d’Abigaïl Louis, est le dernier-né de la fratrie. Abraham Alvares, son père, décède en 1779. Tard venu après de nombreux frères et soeurs, tôt orphelin de père, Benjamin Alvares ne peut nourrir de grandes espérances en matière de fortune. Il se fait à son tour marchand. Il demeure sans doute, à l’âge de 27 ans, un petit marchand. Il épouse en la personne d’Abigaïl Louis une jeune femme qui habite le même immeuble que lui et qui relève d’un statut social modeste, analogue au sien.

 

Ci-dessus : daté du 29 brumaire an IX (20 novembre 1800) à Bordeaux, excipit de l’acte de mariage de Benjamin Alvares et d’Abigaïl Louis.

Domicilié à Mirepoix, Haute-Garonne (?!) d’après l’indication portée sur l’acte reproduit ci-dessus), Abraham Louis, père d’Abigaïl Louis, n’est pas présent au mariage. De façon moins surprenante, Rachel Lopes Peigne, mère d’Abigaïl Louis, n’est pas présente non plus. Il se peut qu’elle soit malade, obligée de garder la chambre ; mais l’assistance au mariage est ici, comme souvent, une affaire d’hommes. Rachel Lopes Peigne se trouve représentée en la circonstance par Samuel Peigne, 36 ans, marchand, membre sans doute de sa parentèle, d’une façon que je ne suis pas arrivée à démêler. Les trois autres témoins de ce mariage sont Benjamin Barabram, 36 ans, Isaac Seba, 51 ans, et Abraham Ifflas, 42 ans ; tous marchands.

J’ai glané dans Les Israélites bordelais de 1780 à 1850 de Jean Cavignac9 quelques précisions relatives à l’identité et à la condition des quatre témoins ci-dessus :

  • Samuel Peigne, né en 1764, est fils de David Peigne, fabricant de chocolat, et de Léa Rose Lopes Salvador (fille d’Isaac Lopes Salvador) ; petit-fils d’Isaac Peigne, chocolatier, et de Judith Alvares Correa ; neveu de Rachel Peigne (soeur de David Peigne) dont on ne sait rien : s’agit-il de Rachel Lopes Peigne, mère d’Abigaïl Louis ? Il épouse en 1793 Rachel Léon, fille de Joseph Léon, marchand de toile, et d’Esther Peigne (fille d’Isaac Peigne et de Judique Peigne).

  • Izaac Seba, né à Bordeaux, circoncis le 23 octobre 1749, fils d’Abraham Seba, est membre d’une famille levantine arrivée à Bordeaux vers 1726.

  • Benjamin Alcanan ou Barabram ou Barabraham ["fils d'Abraham"], né le 28 mars 1764, est fils d’Abraham bar Abraham, bijoutier venu de Francfort, et d’Abigaïl Dacosta ou Coste. Il se trouve qualifié de marchand en 1796, d’emballeur en 1804-1805, de servant du temple israélite à sa mort en 1836. Il ne laissera rien à sa fille. Il ne sait pas signer.

  • Abraham Iffla, circoncis le 30 décembre 1759, est fils de Salomon Iffla, ou Ifflas, Iffhla, etc., du nom d’une « vieille » famille bordelaise. Salomon Iffla et Moïse Iffla, son frère, sont bouchers.

La présence de ces quatre témoins permet de mieux situer le milieu au sein duquel Benjamin Alvares et Abigaîl Louis évoluent, et par effet de feedback celui d’où provient Rachel Lopes Peigne, épouse du mystérieux Abraham Louis et mère de la mariée.

Ce milieu est à dominante séfarade, ou comme on dit au XVIIIe siècle « portugaise », sachant qu’on englobe dans ce terme les juifs originaires de l’ensemble de la péninsule ibérique et plus largement encore de l’ensemble du bassin méditerranéen. On sait par l’enquête de Jacques Blamont que les Louis sont des marranes ou conversos d’origine lointainement espagnole, et par suite que le mystérieux Abraham Louis, époux de Rachel Lopes Peigne, père d’Abigaïl Louis, est un descendant des dits conversos lui aussi.

Dits « nouveaux chrétiens », ou plus tard crypto-juifs, les marranes ont longtemps été obligés d’assigner des prénoms chrétiens à leurs enfants et de souscrire publiquement aux rites de la religion catholique. La rigueur de ces obligations s’affaiblissant à partir de la fin du XVIIe siècle, on remarque que peu des personnages mentionnés ci-dessus disposent d’un prénom chrétien, ou du moins que les archives dont ils relèvent ne leur en connaissent pas. Abigaïl Louis toutefois déclarera le prénom de Félicité lors de sa prise de nom, enregistrée à Toulouse en 1808. D’où ce prénom lui vient-il ? D’après Georges Cirot in Recherches sur les Juifs espagnols et portugais à Bordeaux, « on peut dire d’une façon à peu près absolue que les Juifs dits « portugais » cessèrent de faire baptiser leurs enfants entre 1690 et 1700″10. Reste que pour des raisons socio-économiques, ou autres, qu’on ignore, la jeune femme, qui ne sait signer, a pu tenter d’esquisser un pas dans le sens de l’assimilation.

Rembrandt, Jeune fille juive, musée du Palais royal de Varsovie.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Posture d’un homme faisant la pâte de chocolat (p. 247) ; Pressoir servant à dégraisser le chocolat (p. 253). Dessins de Nicolas de Blegny (1643 ?-1722), gravés par Johann Hainzermann (1641-1693), in Le Bon Usage du thé, du caffé et du chocolat pour la préservation et pour la guérison des maladies, Paris, 1687.

La présence de Samuel Peigne, fils d’un fabricant de chocolat, qui sert ici de substitut au père de la mariée, suffit à suggérer, même si le lien de parenté reste à débrouiller, que Rachel Lopes Peigne, mère de la mariée, est probablement issue, elle aussi, du milieu des chocolatiers. Abraham Louis, père de la mariée, fils de Daniel Louis, chocolatier, semble donc avoir épousé, dans son milieu d’origine, la fille d’un autre chocolatier. D’où vient qu’il rompe ensuite avec ce milieu initial ?

 

Ci-dessus : rapportée sur le plan de Bordeaux en 1832, implantation des chocolatiers marranes. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
1. Cimetière des Juifs ; 2. Rue Sainte Eulalie ; 3. Rue Saint Julien (en 1754 rue d’Aquitaine), portion de la rue Sainte-Catherine, entre la rue des Augustins et la place d’Aquitaine ; 4. Rue des Augustins ; 5. Rue Bouhaud : portion de la rue Sainte Catherine, comprise entre la place des Augustins et le cours Victor Hugo ; 6. Rue Sainte Catherine.
Source : Bordeaux. Published under the superintendence of the Society for the Diffusion of Useful Knowledge. Drawn by W.B. Clarke, Archt. Engraved by J. Henshall. Published by Baldwin & Cradock, 47 Paternoster Row Octr. 1, 1832. (London: Chapman & Hall, 1844) ; David Rumsey Map Collection – Carthography Associated.

Dans Les Israélites bordelais de 1780 à 1850, Jean Cavignac indique que Bordeaux compte, entre autres marchands-fabriquants d’origine marrane, 20 chocolatiers en 1751. Ces chocolatiers, oberve-t-il, sont « groupés dans certaines rues du quartier israélite », – rue du Cayre, rue Sainte Eulalie, rue des Augustins, rue Saint Julien, rue Bouhaud11. Il s’agit souvent de « membres de la même famille »12. En 1799, lors de son mariage, Abigaïl Louis déclare résider rue des ci-devant Augustins n°9 section 19. C’est là probablement qu’Abraham Louis et Rachel Lopes Peigne, ses parents, ont vécu et mis au monde trois enfants et perdu deux d’entre eux. C’est de là tout aussi probablement qu’Abraham Louis est parti, même si l’on ne sait ni où ni quand, ni pour quoi faire, puisqu’absent des noces d’Abigaïl, sa fille, il demeure alors à Mirepoix, Haute-Garonne (?!), dit-on.

Il se peut qu’en raison de la concurrence forte, Abraham Louis n’ait pas pu se maintenir à Bordeaux, dans le monde de la chocolaterie. Il aurait opté alors pour un autre type de commerce et serait parti chercher fortune ailleurs.

Il se peut aussi qu’après avoir perdu deux garçons nouveaux-nés, le couple qu’Abraham Louis forme avec Rachel Lopes Peigne n’ait pas résisté au deuil, qu’il ait perdu le goût du vivre-ensemble, et jusqu’à la capacité de nourrir un projet commun.

Il se peut enfin qu’Abraham Louis ait choisi de rompre avec sa commnunauté d’origine, pour des raison idéologiques, ou philosophiques, comme on dit alors. L’homme qui reparaît en 1793 à Mirepoix, Ariège, – si c’est bien le même que celui de Bordeaux -, a tout de l’enragé hébertiste. Membre du comité de surveillance de la ville, il sera désarmé en 1795, au motif qu’il a fait partie de la clique des robespierristes, autrement dit de la clique des « buveurs de sang »13. On imagine au regard d’un tel profil que la rage n’est pas venue à Abraham Louis subitement en 1793, partant, qu’elle couvait déjà chez l’homme de Bordeaux, de telle sorte que les aspirations de ce dernier ont pu trancher bien plus tôt sur celles d’une communauté très normative et travaillée par le souci de retour à la stricte observance des pratiques d’antan. Si les marranes de Bordeaux ont accueilli favorablement la Révolution, en quoi ils voyaient la promesse de leur émancipation, s’ils ont souscrit pleinement aux devoirs de la citoyenneté, peu d’entre eux ont été partie prenante dans l’action du gouvernement au moment de la Terreur. Hormis Abraham Louis à Mirepoix, concernant le Midi-Pyrénées et l’Aquitaine, on ne trouve que Manassès Azevedo Aîné et Abraham Carvallo, négociant, dit « l’oeil de Robespierre », à Bordeaux.

Sans doute faut-il l’intrication de ces trois raisons pour précipiter la rupture d’Abraham Louis avec son milieu d’origine et l’aventure de son autre vie. On sait qu’à partie de 1794, l’Abraham Louis de Mirepoix, Ariège, -si c’est bien le même que celui de Bordeaux -, tient commerce de mercerie dans cette cité et qu’il est probablement le facteur de Gabriel Clauzel, marchand-fabriquant de drap, auprès des grossistes de Toulouse14. En 1808, c’est toujours à Mirepoix, Ariège, que, seul à se déclarer dans ce cas d’espèce, il enregistre sa prise de nom.

Au cours de la même année 1808, Benjamin Alvares, Abigail Louis, son épouse, et leur quatre enfants – Abraham Hercule Alvarès, né le 5 messidor an IX à Bordeaux ; Aaron Cadiche Alvarès, né le 25 nivôse an X à Bordeaux ; Rachel Amainte Alvarès, née le 6 ventôse an XIII à Bordeaux ; Jacob Chevalier Alvarès, né le 12 avril 1807 à Bordeaux -, procèdent de leur côté à la même prise de nom, à Toulouse, où Benjamin Alvares déclare résider avec sa famille rue du Trou (aujourd’hui rue des Trois Banquets) depuis environ un an15. Avec eux se déclare Rachel Lopes Peigne, mère d’Abigaïl Louis, qui les a suivis rue du Trou. Enregistrée comme épouse d’Abraham Louis, elle ne dit rien de l’endroit où se trouve ce mari absent.

Pourquoi Benjamin Alvares et les siens ont-ils à leur tour quitté Bordeaux ? Pourquoi se sont-ils transportés à Toulouse, où la communauté juive ne compte en 1808 qu’une centaine de membres, souvent pauvres ?

 

Ce déménagement donne à penser que Benjamin Alvares et sa famille ne jouissaient pas à Bordeaux d’une situation solide. Benjamin Alvares, marchand, n’eût pas laissé derrière lui des affaires florissantes. Lui et sa famille ont peut-être quitté Bordeaux au titre de ces « mobilités indigentes » que les communautés juives d’alors encouragent afin de se décharger du poids de leurs pauvres en surnombre. La noirceur et la vétusté du quartier dans lequel la famille Alvares-Louis s’installe à Toulouse témoignent en tout cas d’un statut social peu reluisant.

Peut-être Benjamin Alvares s’installe-t-il en 1807 à Toulouse en vertu de quelque opportunité professionnelle qu’on ne sait pas. Celle-ci a pu lui être signalée par Abraham Louis, qui, tenant boutique de mercerie à Mirepoix et servant probablement de facteur aux fabricants drapiers de cette ville, entretient nécessairement des relations d’affaires avec les grossistes toulousains. Peut-être Benjamin Alvares espère-t-il se rapprocher de ce beau-père lointain, voire même s’essayer à quelque association avec cet homme d’expérience, âgé alors de 63 ans. Peut-être même Abigaïl Louis, et plus encore Rachel Lopes Peigne Louis, aspirent-t-elles à quelque tardif rapprochement familial.

Je ne sais pas, à ce jour, si le séjour de la famille Alvares-Louis à Toulouse a été heureux. A vrai dire, j’en doute. L’Abraham Louis de Mirepoix, Ariège, quitte cette ville en 1812-1811 après y avoir liquidé ses affaires. On le retrouve, si c’est bien le même Abraham Louis, le 20 décembre 1812 rue Causserouge, à la synagogue de Bordeaux, où il est « membre de la Commission chargée de présenter un règlement sur les cotisations nécessaires pour subvenir aux frais du culte »16. Je ne trouve plus, dans le même temps, aucune trace de la famille Alvares-Louis à Toulouse. Je dispose seulement de deux dates, relevées dans les archives décennales de Bordeaux :

  • 19 juillet 1824 : décès d’Abigaïl Louis
  • 15 décembre 1829 : décès d’Abraham Louis.

Je n’ai pas pu encore me procurer copie des actes correspondant à ces dates. Ni à Toulouse ni à Bordeaux, pour le moment, je n’ai rien trouvé concernant les enfants de Benjamin Alvares et d’Abigaïl Louis : Abraham Hercule Alvarès, né le 5 messidor an IX à Bordeaux ; Aaron Cadiche Alvarès, né le 25 nivôse an X à Bordeaux ; Rachel Amainte Alvarès, née le 6 ventôse an XIII à Bordeaux ; Jacob Chevalier Alvarès, né le 12 avril 1807 à Bordeaux. Que sont-ils devenus ?

Si je fais le point sur ce que j’ai appris au terme de cette étape de mon enquête sur l’histoire d’Abraham Louis et des siens, j’obtiens les quelques résultats suivants :

 

Rembrandt, Jeune homme juif, circa 1648-1650 ; source : Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie, Inv 811c © BPK, Berlin, Dist. RMN.

  • Abraham Louis descend d’une famille de conversos, qui a quitté l’Espagne au début du XVIIe siècle et qui a débuté en France dans le commerce des étoffes et de la grosserie à Bayonne et à Saint-Jean de Luz. Je n’ai réussi à déterminer s’il descend de la lignée de Jacob et de Bento Luis, ou de celle de Jacome (Jacques) Luis. Je n’ai pas réussi à déterminer non plus s’il descend des frères Manuel et Antoine (Alvaro) Louis, qui ont été marchands à Toulouse jusqu’en 1685, ou plutôt de Jacob Louis, qui est parti chercher fortune en Martinique et qui en est revenu ruiné en 1784. Il se peut qu’il descende de Manuel Luis, dont après 1685 on ne sait plus rien. Je vois plutôt en Abraham Louis, quant à moi, un digne descendant de Jacob Louis. L’homme est, semble-t-il, de ceux qui partent et qui ne craignent pas d’endurer l’épreuve des recommencements.

  • Né dans la communauté marrane de Bordeaux, Abraham Louis est, au sein de cette dernière, le fils d’un chocolatier, dont contre toute attente, après avoir pris femme dans le même milieu, il abandonne l’affaire pour aller ailleurs chercher fortune. En même temps qu’il s’absente de sa famille, il s’éloigne aussi de sa communauté d’origine, dont les normes peut-être lui pèsent et dont il ne partage sans doute plus les croyances, les pratiques ni les valeurs.

  • Abraham Louis à partir de 1793, si c’est bien le même que celui de Bordeaux, se distingue à Mirepoix par la radicalité révolutionnaire qui lui vaut le qualificatif de robespierriste « buveur de sang ». Auquel cas, il opère une conversion étonnante, lorsque, revenu à Bordeaux en 1812, il accepte d’assurer la fonction de commissaire aux comptes de la synagogue. L’âge, le poids d’une vie trop longtemps solitaire, expliquent peut-être ce retour sur le passé, et en quelque façon ce retour sur soi.

 

Rembrandt, Etude, circa 1648. Source : (C) BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders ; Verein der Freunde de Nationalgalerie, propriété des Amis du Musée.

Je laisse au regard de cet inconnu peint par Rembrandt le soin d’approfondir le secret qui, au-delà de l’intérêt qu’il m’inspire pour l’histoire d’Abraham Louis et des siens, est celui de notre commune destinée. L’histoire d’Abraham Louis reste à suivre. Partant, la quête du secret aussi.

A lire en plus : Dossier Abraham Louis

  1. On relève par exemple en 1633, au cimetière de Peyrehorade, la sépulture de LUIS, Yoseph : AQUI ESTA (SEPV) / LTADO YOSEPH / LVIS QVE FALECIO / … A BART. O DE S FR. / N … IORVIDE A 22 DE HE / HENERO DEL (ANO) 1633, Aqui esta sepultado Yoseph Luis que falecio (……….) a 22 de henero del año 1633. []
  2. Jacques Blamont, Le Lion et le Moucheron – Histoire des Marranes de Toulouse, Editions Odile Jacob, 2000. []
  3. Cf. Jacques Blamont, Le Lion et le Moucheron – Histoire des Marranes de Toulouse, p. 88. []
  4. Cf. Revue de Béarn, Navarre et Lannes : partie historique de la Revue des Basses-Pyrénées et des Landes, 1884, tome II, p. 436 ; éditeur sans nom, Paris ; directeur de publication et contributeur : Jean de Jaurgain. []
  5. Jean Cavignac, Les Israélites bordelais de 1780 à 1850 – Autour de l’émancipation, Publisud, Paris, 1991. []
  6. Evelyne Oliel-Grausz, Relations et réseaux intercommunautaires dans la diaspora séfarade d’Occident au XVIIIe siècle, 2001. []
  7. Evelyne Oliel-Grausz, Circulation, frontières, mobilités séfarades à l’époque moderne, in Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques – Archives, 2008. []
  8. Cf. Jean Cavignac, Les Israélites bordelais de 1780 à 1850, p. 154, Publisud, Paris, 1991. []
  9. Jean Cavignac, Les Israélites bordelais de 1780 à 1850, passim (à partir de la table des noms), Publisud, Paris, 1991. []
  10. Cf. Georges Cirot, Recherches sur les Juifs espagnols et portugais à Bordeaux, in Bulletin Hispanique, année 1908, volume 10, n°10-3, p. 276. []
  11. L’ancienne rue Bouhaud correspond à la partie de l’actuelle rue Sainte-Catherine comprise entre la place des Augustins et le cours Victor- Hugo []
  12. Jean Cavignac, Les Israélites bordelais de 1780 à 1850, p. 154, éditions Publisud, 1991. []
  13. Cf. La dormeuse blogue 3 : Hypothèses sur la vie et l’histoire d’Abraham Louis, marchand colporteur, membre du Comité de surveillance du canton de Mirepoix de 1793 à 1795 – Deuxième partie. []
  14. Cf. La dormeuse blogue 3 : Hypothèses sur la vie et l’histoire d’Abraham Louis, marchand colporteur, membre du Comité de surveillance du canton de Mirepoix de 1793 à 1795 – Deuxième partie ; Les adresses d’Abraham Louis à Mirepoix. []
  15. Cf. Juifs ayant changés de nom à Toulouse du 21/09 au 20/10/1808 (cote 2I 66)
    . []
  16. J. Gros, Les juifs de Toulouse pendant la Révolution et l’Empire, in Revue des Pyrénées, fondée par MM. Julien Sacaze et le Dr F. Garrigou, publiée sous les auspices de l’université de Toulouse, volume XVIII, p. 260, Privat, 1906. []
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4 Responses to Fragments d’enquête sur la généalogie d’Abraham Louis et de son gendre Benjamin Alvares

  1. Martine Rouche says:

    Mon modeste comment est tout sauf objectif, quoique … En effet, partageant avec Claudine et toi les heures passées aux archives municipales de Mirepoix, j’ai suivi le minutieux travail que tu as entrepris, partant, si je ne m’abuse, de deux petits mots trouvés dans le livre de Joseph-Laurent Olive sur la Révolution à Mirepoix. Ces deux mots en disaient un peu, mais pas assez … et ta curiosité insatisfaite t’a lancée dans cette extraordinaire quête. Quel parcours ! Même si des lacunes demeurent, tu as magnifiquement avancé, et, une fois de plus, ton travail va passionner !
    Ton iconographie et superbe, comme toujours. Ta conclusion, à la suite du dernier portrait, m’a fait monter les larmes aux yeux. Petit témoignage de mon admiration et de ma gratitude pour cet énorme travail sur de l’humain méconnu, que tu partages avec générosité, comme toujours, aussi …

  2. sam says:

    Pourquoi quelque chose, plutot que rien ?

  3. Marguliew says:

    La passionnante enquête continue, avance sur ce singulier personnage au parcours pas ordinaire, semble-t-il, et compliqué ! Un destin !

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