Dossier Guillaume Sibra, dit Jean Dabail – 1. Premiers chemins

 

Ci-dessus : Archives Départementales de l’Ariège, Foix, 8L63.

C’est dans les souvenirs d’Ariège de Frédéric Soulié que je suis tombée sur le nom de Jean d’Abail1. Frédéric Soulié, dans Deux Séjours – Province, Paris2, raconte comment, à l’époque de la terreur, le dit Jean d’Abail avait établi, dans le département de l’Ariège, une dictature d’assassinats et comment l’acte le plus éclatant que Jean d’Abail eût accompli s’était passé au milieu de la ville de Mirepoix…

Je n’avais jusqu’ici jamais entendu parler de tels événements ni rien lu à propos de Jean d’Abail. Je me suis initialement demandé si Frédéric Soulié pouvait ici avoir tout inventé. Mais l’étude de la vie et de l’oeuvre de Frédéric Soulié montre qu’à proprement parler celui-ci n’invente jamais : il condense et déplace, sous le couvert de la fiction, les souvenirs qu’il conserve de son enfance et de la société du temps. J’ai donc pris l’écrivain au mot et je suis partie aux archives enquêter sur un certain Jean d’Abail…

Je n’ai pas tardé à constater que le nom de Jean d’Abail se trouve abondamment mentionné dans les documents conservés aux archives de Mirepoix, et que, concernant la vie et les actes de Jean d’Abail, Frédéric Soulié pour l’essentiel dit vrai. Mais je me suis heurtée, et je me heurte toujours, à d’importantes difficultés dans la poursuite de mon enquête. Les archives se trouvent dispersées entre au moins trois sites – les archives municipales de Mirepoix, les archives départementales à Foix, les Archives Nationales. Les documents demeurent confus, lacunaires, affligés d’une orthographe aléatoire qui nuit spécialement à la saisie des noms propres et complique de la sorte la reconnaissance des personnes, par exemple celle de Jean d’Abail, ou Dabail, ou Dabal, ou Daval, etc. Ces documents intéressent en outre une période, qui, de la fin de l’Ancien Régime à l’Empire, a connu en même temps qu’une révolution politique une révolution administrative. Il s’en suit par effet de bord une certaine solution de continuité dans la transmission des données.

Le cas le plus typique est celui de la localisation des « feux et familles » sur le plan de Mirepoix. Etabli en 1768, celui-ci reproduit, moulon après moulon à partir de la porte d’Aval, la suite de numéros fournie par le compoix. Le gouvernement révolutionnaire crée ensuite dans la ville 3 sections et redistribue la suite des numéros à l’intérieur de chacune de ces 3 sections. Mais il n’édite pas de nouveau plan et ne laisse pas non plus de table de correspondance relativement à l’ancien système de numérotation. Il s’en suit que je n’ai pu localiser la maison de Jean d’Abail qu’à partir du moment où, concernant cette adresse, j’ai trouvé un repère qui vaille à la fois dans l’ancien et dans le nouveau système.

Etabli pour la première fois en l’an VII, le rôle des contributions relatives aux portes et aux fenêtres fournit les indications suivantes : Louis Sibra dit Jean Dabail, n° 187 section C. Nombre des portes et fenêtres : 2.

Le greffier précise en marge « dans le quartier de Lilo », i. e. dans le quartier de l’Isle, ou de l’Ile, situé aux abords du ruisseau du Countirou, de part et d’autre du cours du Rumat, entre le pont de Limoux et la rue Jacques Miquel. Il s’agit d’un quartier populaire, qui ajoute à l’activité du foirail, des deux abattoirs et des tanneries, celle des auberges et des tripots. Les maisons s’enchevêtrent à l’intérieur des moulons. Des passages, ici et là, servent de raccourcis d’une rue à l’autre.

Etabli avant la réforme du système de numérotation des « feux et familles » de Mirepoix, le rôle de la contribution foncière de 1791 enregistre en regard du n° 60 plan 2, assorti de la mention « maison », les noms de Louis Sibra « dit Jean Daval, brassier, marié », et d’Antoine Amouroux « dit Credo, tisserand, marié, imposé, patenté ».

Ci-dessus : situation de la maison Jean Dabail sur le plan de 1768.

Le rôle des contributions relatives aux portes et aux fenêtres confirme cette localisation en même temps qu’il clarifie le partage de cette dernière entre Louis Sibra et Antoine Amouroux. Louis Sibra, d’après la nouvelle numérotation, réside au n° 187 ; Antoine Amouroux au n° 188.

Voici le passage qui conduisait jadis à la demeure de Louis Sibra et à celle du tisserand Antoine Amouroux. Le plan de 1768 montre que, zigzaguant entre maisons et jardins, ce passage traversait initialement tout le moulon. Il se trouve aujourd’hui muré à la hauteur du vieux puits que l’on voit sur la photo de droite. Reste une petite cour, sur laquelle donnait à gauche la maison Sibra, à droite la maison Amouroux.

Accolée à une maison plus haute et plus vaste, la maison Sibra, c’est, derrière ce pan de mur, un réduit dont on voit ici l’unique porte et l’unique fenêtre.

Le nom de Louis Sibra ne figure pas sur les registres de population de Mirepoix avant l’an IV. Il semble que la famille ait vécu jusqu’alors à Besset. Pourquoi déménage-t-elle un jour à Mirepoix ? Peut-être suit-elle Guillaume qui est engagé comme « apprentif tisserand » chez Antoine Amouroux, et dont la suite de cette histoire montre qu’il avait besoin, ou aurait eu besoin, d’un encadrement rapproché. Peut-être aussi une telle famille rejoint-elle, en raison de sa pauvreté, dramatiquement aggravée par la crise de l’an II, les rangs de ce Lumpenproletariat urbain qui ne sait plus désormais à quelle Révolution se vouer. La dérive ultérieure de « l’apprentif tisserand » signe en tout la déchéance de la famille toute entière.

L’essentiel de ce que j’ai pu savoir de Louis Sibra dit Jean Dabail vient du compoix de 1766, puis du registre de la population de Mirepoix en 1814, enfin de l’acte de décès du dit Louis Sibra.

Le registre de 1814 signale la présence de Louis Sibra à l’hôpital de Mirepoix, dans la salle des hommes ou salle Saint Jean de Dieu. Il fournit les renseignements suivants : « Louis Sibra surnommé Jean Dabail, brassier, infirme, fils de Raymond Sibra et de Catherine Isard, né à Besset3 le 31 janvier 1744, marié le 7 janvier 1770 à Jeanne Bec, décédée ». L’acte de décès, signé par le commissaire civil de l’hôpital, enregistre la mort de Louis Sibra le 1er août 1819 : « Louis Sibra dit Jean Dabail, 75 ans, brassier, veuf de Jeanne Bec, décédé à l’hospital ».

Le compoix de 1766 indique que Louis Sibra, dit alors Blondin, est propriétaire d’une pièce de terre de 3 quarterées 7 rusquets et demi (67 ares environ)4, située au quartier de Bellemayre, i. e. à la lisière de Mirepoix et de Besset.

Divers recoupements permettent d’établir que que Louis Sibra dit Jean Dabail et Jeanne Bec ont eu au moins 3 enfants, mentionnés ici ou là dans les documents d’archive : Guillaume Sibra, également dit Jean Dabail ; François Sibra ; Marie Sibra, également dite Sibra Jean Dabail. Je n’ai pas, à ce jour, trouvé les actes de baptême correspondants. Ceux-ci en tout cas ne figurent pas dans les registres de Mirepoix. Mais d’autres archives attestent de façon indirecte l’existence administrative de ces trois enfants.

L’épais dossier judiciaire qui concerne Guillaume Sibra, impute à celui-ci la qualité de « fils aîné ». La date de naissance n’est toutefois jamais mentionnée. Le 30 vendémiaire an 6 (21 octobre 1797), le tribunal militaire prête à Guillaume Sibra l’âge de 17 ans. Le 30 brumaire an 7 (20 novembre 1798), incarcéré à la prison de Foix, Guillaume Sibra dit avoir 19 ans. Le 4 frimaire an 9 (26 novembre 1800), le signalement après évasion prête à Guillaume Sibra l’âge cette fois de 23 ans. On peut donc à ce stade situer la date de naissance de Guillaume Sibra entre 1777 et 1780.

L’état de la population de Mirepoix en 1804 enregistre la domiciliation de François Sibra et de Marie Sibra au n° 187 de la section C, dans « le quartier de Lilo ».

Concernant François Sibra, l’état de 1804 fournit les informations suivantes : « François Sibra, brassier, 20 ans, domicilé à Mirepoix, fils de Louis Sibra et de Jeanne Bec, né le [...] juillet 1784 à Besset, actuellement fusilier au 39e régiment d’infanterie de ligne ». Mention rajoutée en 1807 : « mort à Biekenbach le 16 mai 1806″. Extrait mortuaire émanant de la commune de Biekenbach, Hôpital militaire ambulant : « Le sieur François Sibra, fusilier au 39e régiment d’infanterie de ligne, 3e bataillon, 6e compagnie, natif de Mirepoix, est entré au dit hôpital le 29 du mois d’avril de l’an 1806 et y est décédé le 16 du mois de mai 1806 par suite d’une fièvre maligne ».

De la date de naissance de François Sibra, on peut inférer que celle de Guillaume Sibra, fils aîné, se situe dans la fourchette ultra-large qui va de 1770, date du mariage des parents, à 1784, date de naissance de son frère puiné.

Concernant Marie Sibra, dite « Marie Sibra Jean Dabail », soeur du précédent, l’état de 1804 indique qu’elle a alors 25 ans. Sa naissance remonte par conséquent aux alentours de 1779. Un rajout postérieur à 1804 indique que, toujours « en la maison sise au quartier appelé Lilo », elle a mis au monde successivement 3 enfants : Louis Guillaume, 14 prairial an 13 (1805) – † 19 prairial an 13 ; Thérèse, 16 fév. 1807- † 4mars 1807 (mention en marge : « Thérèse fille, en la maison sise au quartier appelé Lilo, section C n° 18 (sic) ; « fille naturelle de Marie Sibra et de Jean Dabail » ! ; Jeanne Marie, 5 mars 1809 – † 13 mars 1809. La mention relative à la naissance de Thérèse induit, quant à la paternité de cette dernière, un soupçon d’inceste. Mort à Biekenbach en avril 1806, François Sibra ne peut être incriminé. Reste Louis Sibra… Ou – hypothèse folle – Guillaume Sibra, toujours contumax… Reste aussi que l’agent municipal chargé de rédiger l’acte de naissance de Thérèse Sibra a pu commettre un lapsus calami.

Si la qualité de « fils aîné » désigne en la personne de Guillaume l’aîné de la fratrie Sibra, non point seulement l’aîné des garçons, on peut en déduire que la naissance du dit Guillaume Sibra se situe entre 1770 et 1784.

Si le signalement du 4 frimaire an 9 (26 novembre 1800) est exact, Guillaume Sibra serait né en 1777.

Si le 30 brumaire an 7 (20 novembre 1798), lors de son interrogatoire à la prison de Foix, Guillaume Sibra parle vrai, il serait né alors autour de l’année 1779.

Il faut donc se figurer, lorsque le 18 pluviôse an 5 (6 février 1797) l’histoire publique de Guillaume Sibra commence, un personnage qui a entre 18 et 20 ans. Cette histoire, faute de documents, s’arrête actuellement le 4 vendémiaire an 10 (octobre 1801) avec la réception à Mirepoix du jugement porté par le tribunal criminel de l’Ariège contre Guillaume Sibra dit Jean Dabail. Postée le 27 fructidor an 9 (14 septembre 1801), la lettre du tribunal indique que Guillaume Sibra vient d’être condamné à « vingt ans de fer ». Le condamné a en 1801 entre 21 et 24 ans. Son histoire, qui est celle d’une dérive criminelle, aura duré ainsi l’espace de seulement 4 ans. Je ne trouve plus, après le 4 vendémiaire an 10 (1801), aucune trace de Guillaume Sibra aux archives de Mirepoix. Le dossier Guillaume Sibra consultable aux Archives nationales ne fournit aucun renseignement supplémentaire.

La lecture de Frédéric Soulié donne à penser que Guillaume Sibra a fini sur l’échafaud. Je n’ai pour le moment aucune preuve de cette fin. Il se peut toutefois Frédéric Soulié ait bénéficié de renseignements de première main, car les minutes du procès intenté à Guillaume Sibra, en l’an VI, devant le tribunal de Pamiers indiquent que Jean Antoine Barthélémy Baillé, oncle de Frédéric Soulié, assurera la défense de Guillaume Sibra lors du renvoi de ce dernier devant le tribunal criminel de Foix.

Je m’étais bien gardé de dire à M, Rémy que Jean d’Abail, qui avait commencé par des crimes politiques, avait fini par devenir un brigand comme tous les autres et que le bourreau en avait fait justice…5.

Guillaume Sibra, en l’an 5, demeure à Mirepoix chez son père, au n° 187 de la section C, dans le quartier de Lilo. Il a pour voisins au n° 184 Pierre Taillefer, maçon, 44 ans ; au n° 185 Baptiste Labrousse, laboureur, 22 ans ; au n° 190 Pierre Gironce dit Pierrot, maçon, 43 ans ; au n° 191, Barthélémy Vidal, laboureur. Les n° 186 et 189 correspondent à des espaces vides. Guillaume Sibra est, lit-on dans les documents administratifs, « apprentif tisserand » chez son voisin immédiat Antoine Amouroux, tisserand, 35 ans.

Le soir du 18 pluviôse an 5 (6 février 1797), il est identifié en tout cas comme l’un des auteurs du bris de la statue de la liberté6 sur la place de Mirepoix. Et la nuit du 22 pluviôse an 5 (10 février 1797), il est également identifié comme l’un des auteurs du sac de la maison Clauzel (domicile de Gabriel Clauzel, maire de Mirepoix en 1790-1791, puis en 1795) et du vol de fer et de coton dans la maison attenante (qui appartient également à Gabriel Clauzel), rue des Pénitents Bleus.

Le Directoire, deux jours plus tôt, vient d’annoncer la complète démonétisation de la monnaie papier et le retour à la monnaie métallique. Il vient, autrement dit, de précipiter la ruine de la population.

Si le bris de la statue de la liberté relève de la « carnavalade », comme prétendu plus tard par Guillaume Sibra durant l’un de ses étonnants séjours éclair en prison, le sac de la maison Clauzel est le fait d’une cinquantaine d’émeutiers, munis de grosses pierres, qui, après s’en être pris aux biens, menacent également les personnes, dont Madame Clauzel elle-même.

Parmi les émeutiers, le tribunal retiendra par la suite le nom de 3 meneurs : Guillaume Sibra dit Jean Dabail, Etienne Durand dit Lauzet, et Jammes, boucher, qui disait que « Gabriel Clauzel était un scélérat, un coquin qui avait volé des chemises7 et autres effets à la République, que le département de l’Ariège serait son tombeau et qu’il voulait baigner ses mains dans son sang » ; et qui s’écriait encore : « Voyez-vous ce Gabriel Clauzel, il court, et il est mort ! Et quand il viendrait à la tête de dix mille régiments, il faut qu’il passe par le fil de mon poignard ! »8

Vincent Baillé, qui habite au n° 35 la maison attenante à celle de la famille Clauzel, doit aider ses soeurs, Agnès Baillé et Jeanne Marie Baillé, à fuir par la fenêtre, via quelques draps noués, du côté des jardins. Présent lui aussi dans la maison Baillé, François Melchior Soulié, contrôleur des contributions directes, futur époux de Jeanne Marie Baillé9, se verra plus tard cité comme témoin auprès du tribunal criminel de Pamiers.

L’affaire, dans un premier temps, semble bénéficier de la mansuétude – ou de l’apathie – des autorités locales.

Moins engagé que Gabriel Clauzel, Jean Marie Raymond Rouger, qui est en 1797 maire de Mirepoix, se préoccupe avant tout de rétablir la paix sociale. Suite à l’annonce de la démonétisation de la monnaie papier, il redoute probablement ici les effets d’un nouveau soulèvement populaire. Le registre du conseil municipal indique que, convoqué à la mairie en compagnie de son père, Guillaume Sibra fait l’objet d’une simple mercuriale, suite à quoi, tel un enfant penaud, il promet de se tenir coi.

Gabriel Clauzel, de son côté, dépose plainte auprès de l’administration du département. « Au lieu de poursuivre en correctionnelle les auteurs du sac de sa maison, il assigne le représentant de la municipalité devant le tribunal civil du département, réclamant pour les objets volés ou détériorés la somme énorme de cent trente cinq mille livres »10. Il sera débouté de sa demande d’abord par le tribunal de Foix, puis par celui de Toulouse.

Le jugement rendu par le tribunal de Toulouse comporte l’observation suivante :

« Pour expliquer les vols [commis lors du sac du 22 pluviôse an 5 (10 février 1797)], nous rappellerons que Clauzel, dans un temps de calamité et de terreur, abusant des places auxquelles il avait été promu, s’est aliéné les esprits et créé des animosités par ses excès de despotisme. Successivement officier municipal, maire, procureur syndic du district, procureur général syndic du département, nommé par les commissaires civils, placé à la tête du comité révolutionnaire par Chaudron-Rousseau, dénonciateur calomnieux de plusieurs de ses concitoyens, violemment soupçonné d’être l’auteur des arrestations faites à Mirepoix et d’avoir traduit dix ou douze membres de la commune au Tribunal révolutionnaire, il n’est pas surprenant qu’il ait attiré sur sa tête des colères et des malédictions. »

« Qu’il poursuive les auteurs du vol, qu’il cherche à découvrir les coupables, c’est le voeu de la justice ; mais il ne doit pas espérer s’enrichir aux dépens des habitants de Mirepoix… »11

Peu de temps après le sac de la maison Clauzel, Guillaume Sibra rejoint le bataillon de volontaires Lot-et-Landes, associé à la 29e demi-brigade légère (29e et 30e bataillons de chasseurs à pied et 3e bataillon de chasseurs des montagnes) dans le cadre de la 35e demi-brigade d’Infanterie de Ligne. Volontaires et chasseurs se trouvent maintenus à Mirepoix, les uns à fin de formation, les autres dans l’attente d’un prochain départ pour le front. Selon la loi, les volontaires doivent avoir 18 ans.

 

Ci-dessus : Archives Départementales de l’Ariège, Foix, 8L63.

Faute d’encadrement, les volontaires vont et viennent sans contrôle. L’engagement de Guillaume Sibra tourne rapidement court.

Le 3 floréal an 5 (22 avril 1797), soit quinze jours après les dernières élections, marquées par la défaite des anciens conventionnels12 et le retour du parti aristocratique à la Chambre, Guillaume Sibra, « au milieu de la place publique, porte le pistolet sur la gorge du capitaine Marchand de la 29e demi-brigade. Le citoyen Bugard de Vicdessos, frère du commissaire du Directoire, détourne le coup ».

Environ à la même époque13, dans Mirepoix, le même Guillaume Sibra, « lâche un coup de pistolet en plein jour sur le citoyen [ Jean Joseph Louis Marie] Clauzel, capitaine dans la 29e demi-brigade. Heureusement le coup ne part pas, et l’assassin se sauve ».

Le 24 vendémiaire an 6 (15 octobre 1797), soit quinze jours après le coup d’état du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) qui entraîne l’annulation des élections et le retour des conventionnels au pouvoir, Guillaume Sibra « poursuit dans les rues de Mirepoix, le pistolet à la main, le citoyen Roussel, agent municipal [maire] de Lapenne », membre du conseil de canton, dont le siège est à Mirepoix, et le dit Guillaume Sibra « fait tous ses efforts pour enfoncer la porte de l’auberge où il [Maurice Roussel] s’est réfugié ».

On retire de cette suite de faits une impression complexe quant à la personnalité et aux motivations de Guillaume Sibra.

L’agressivité de l’homme peut paraître compulsive. Son expression se trouve ici favorisée par le milieu, l’accès aux armes. L’homme toutefois manque pour le moment d’adresse au tir.

Une telle agressivité s’exerce par ailleurs dans un contexte de dissensus politique qui lui fournit probablement des raisons, et des cibles.

Le printemps de l’an 5 coïncide avec le début de la période de haute tension qui va, entre germinal et fructidor, du triomphe électoral du parti royaliste à l’annulation des élections par le Directoire et au retour des anciens conventionnels aux affaires. Dans le champ clos d’une petite ville, c’est possiblement, entre tenants des deux bords, néanmoins parents ou alliés pour nombre d’entre eux, l’heure des règlements de comptes.

Après l’agression dont il est victime le 3 floréal an 5 (22 avril 1797), le capitaine Marchand dépose plainte auprès de l’agent municipal de Mirepoix. Guillaume Sibra est interrogé. L’épisode se trouve consigné dans les actes du conseil municipal :

« Le citoyen Nicolas Marchand, capitaine des carabiniers au 2e bataillon de la 29e demi-brigade d’infanterie légère en garnison à Mirepoix, vint se plaindre hier soir, à neuf heures, de ce que le nommé Sibra dit Jean Dabail fils, de cette commune, lui avait manqué essentiellement sous le grand couvert de Mirepoix et l’avait même menacé d’un pistolet dont le dit Sibra était armé, parce que le dit Marchand avait voulu représenter au dit Jean Dabail que le gouvernement avait défendu de chanter Le Réveil du Peuple14 que le dit Jean Dabail chantait dans ce moment-là… »

Ah ! qu’ils périssent ces infâmes,
Et ces égorgeurs dévorants,
Qui portent au fond de leurs âmes
Le crime et l’amour des tyrans !
Mânes plaintifs de l’innocence,
Apaisez-vous dans vos tombeaux ;
Le jour tardif de la vengeance
Fait enfin pâlir vos bourreaux…

« N’ayant pas été possible à l’agent municipal de découvrir [le même soir] le dit Jean Dabail malgré tous les soins qu’il se donna pour y parvenir, ayant donné ordre au concierge de la maison commune et invité le père du dit Jean Dabail de le chercher avec soin et de le faire retirer, afin d’éviter d’autres événements fâcheux, l’agent municipal, dans la vue d’étouffer les germes de discorde qui pourraient résulter du dit événement entre les citoyens de Mirepoix et les militaires du dit bataillon, a mandé devant lui à la maison commune le dit Jean Dabail et à invité le dit Marchand à se trouver aussi à la maison commune à fin d’en venir à une explication entre eux… »

Ainsi consigné, le récit de l’agent municipal montre pourquoi la ville fait preuve d’une telle patience dans ce genre d’affaires : la conjoncture politique est critique ; la situation sociale, explosive ; l’hébergement d’une demi-brigade, ruineux ; l’encadrement militaire, débordé. « Dans la vue d’étouffer les germes de la discorde qui pourraient résulter » de l’affrontement entre volontaires et cadres de l’armée régulière, et/ou entre royalistes et républicains, l’agent municipal ménage en la personne du capitaine Marchand et de Guillaume Sibra dit Jean Dabail, « la chèvre et le chou ».

« Sur quoi le dit Jean Dabail a déclaré qu’effectivement il chantait sous le grand couvert Le Réveil du Peuple sans savoir de contrevenir en cela à aucun ordre du gouvernement. Que le dit Marchand lui ayant dit que cet air était prohibé et l’ayant menacé de le faire consigner au corps de garde, il s’était emporté contre le dit Marchand et lui avait dit quelques injures, dont il n’est pas mémoratif, se trouvant pris de vin, et que même il l’avait menacé d’un pistolet. Que du reste il est très mortifié de ce qui s’est passé entre le dit Marchand et lui, et qu’il est prêt à lui en faire des excuses… »

Guillaume Sibra use ici de l’autocatégorème, i. e. du plaidoyer en forme de confession. Le procédé peut sembler naïf, mais il prête à la défense du jeune homme la souplesse de la couleuvre. « Pris de vin », Guillaume Sibra se fond dans le paysage banal des excès de boisson, pour lesquels, comme on sait, la tradition française a quelque indulgence.

Soucieux cependant de ménager la susceptibilité de l’ensemble des militaires composant le bataillon stationné à Mirepoix, l’agent municipal entreprend de s’assurer que ceux-ci « ne soient point fondés à croire que le dit Jean Dabail s’est comporté de cette manière à l’égard du dit Marchand à l’instigation des citoyens de la commune. » Il somme ici Guillaume Sibra de « déclarer s’il a été porté à manquer au dit Marchand, ou à tout autre militaire du dit bataillon, par quelque citoyen de Mirepoix… » La question n’a en l’occurrence rien de gratuit. L’agent municipal n’ignore pas qu’un peu partout en Ariège, y compris à Mirepoix, les royalistes poussent les volontaires à déserter et multiplient les provocations.

Toujours sur le mode de la couleuvre, Guillaume Sibra déclare ici « qu’aucun citoyen de Mirepoix ne l’a porté à manquer au dit Marchand ni à aucun autre militaire dudit bataillon », et il réitère sa proposition de « lui faire des excuses en présence de telles personnes que le dit Marchant trouvera à propos ».

L’armée du temps est bonne fille : elle manque d’hommes. Le capitaine Marchand, « en présence du citoyen Gautier, commandant dudit bataillon, et de plusieurs autres officiers, soldats et citoyens de Mirepoix », accepte les excuses de Guillaume Sibra. Bien mal lui en prend ! « Parce qu’il s’efforçait d’avilir la force publique » et qu’il avait « dénoncé calomnieusement l’adjudant général Noguès »15, « artiste vétérinaire » en chef de l’armée des Pyrénées orientales, auteur d’une demande de réquisition du château de Lagarde afin d’y établir une infirmerie pour les chevaux, il sera démis de sa charge d’agent national du canton Varilhes après le coup d’état du 18 fructidor.

L’agent municipal de Mirepoix quant à lui, grâce au moucheron Sibra, obtient du capitaine Marchand l’assurance qu’il souhaitait. Le capitaine Marchand ne conserve, dit-il, « aucune animosité , ni contre le dit Jean Davail, ni contre aucun autre citoyen de Mirepoix », et « lui et ses camarades feront tous leurs efforts pour maintenir la paix et l’union entre la troupe et les citoyens de la commune ».

Elargissant ensuite le champ de l’interrogatoire, l’agent municipal de Mirepoix évoque le coup de pistolet lâché en plein jour par Guillaume Sibra sur le citoyen [Jean Joseph Louis Marie] Clauzel, capitaine dans la 29e demi-brigade. Il soulève là impromptu un lièvre auquel peut-être il ne s’attendait pas :

« Jean Dabail a dit en présence de nombre des citoyens qui étaient dans la salle de la maison commune qu’ayant rencontré hier sur la route de Pamiers à Mirepoix le citoyen Jean Clauzel, fils cadet de Gabriel, et ayant fait route ensemble, le dit Clauzel fils, entre autres propos qu’il lui tint, lui proposa de lui donner plusieurs quadruples, qu’il lui fit voir, pour qu’il tuât les citoyens Dufresne16 et Amiel17 de cette commune, et qu’ensuite ils s’en iraient à Paris ensemble ».

Le moucheron Sibra fait ici montre d’une autre envergure ! Inquiet de la tournure que revêt l’interrogatoire, « d’autant que le dit propos de la part du dit Clauzel, et s’il est vrai, est des plus atroces et des plus répréhensibles, puisque la vie de deux citoyens de la commune se trouve menacée », l’agent municipal prend soin de faire enregistrer la déclaration de Guillaume Sibra et convoque dans le même temps le capitaine Clauzel.

Le capitaine Clauzel fournit une tout autre version des faits :

Et à l’instant est comparu dans la dite salle le dit Clauzel fils qui nous a dit qu’il vient d’apprendre avec beaucoup de surprise l’imputation faite contre lui par le dit Jean Dabail ; qu’il est faux qu’il lui ait tenu le dit propos et qu’au contraire, ayant rencontré hier le dit Jean Dabail sur la dite route, celui-ci, entre autres propositions, lui dit que s’il voulait lui donner vingt-cinq louis, il s’offrait à le défaire de tels citoyens de Mirepoix qu’il voudrait lui indiquer ».

Guillaume Sibra conteste la version du capitaine Clauzel. Lorsqu’il se trouve requis de signer le procès-verbal de cette séance de confrontation, il dit « ne savoir ». Le capitaine Clauzel, lorsque vient son tour de signer, dit « ne vouloir ». Il a ses raisons, ce jour-là, de « ne vouloir », des raisons qu’il ne dit pas, mais dont certains témoins, dans la salle, savent qu’elles l’instruisent de ne plus rien céder aux édiles de Mirepoix.

Ces raisons remontent au 3 floréal an 3 (22 avril 1975), date à laquelle, après avoir voté le désarmement des 11 membres composant l’ancien comité révolutionnaire de surveillance du canton de Mirepoix, et plus spécialement le désarmement de Gabriel Clauzel, le conseil municipal de Mirepoix décide d’engager des poursuite contre Jean [Joseph Louis Marie] Clauzel, capitaine adjoint, fils cadet de Gabriel Clauzel, qui a publiquement déclaré, la veille, que « la moitié des habitants de Mirepoix sont des coquins et, au nombre de ceux-ci, une grande partie des autorités constituées – qu’on veut faire guillotiner son père – mais qu’avant la nuit on se repentira de ce qu’on a fait contre son père – que les choses n’iront pas comme on le pense et changeront dans moins de trois mois »18. Jean Clauzel, afin d’échapper aux poursuites, signe le 20 messidor de la même année (8 juillet 1975) un acte dans lequel il déclare « n’avoir jamais eu l’intention de manquer au respect qu’il porte et portera toujours aux autorités constituées », et il « regrette qu’on ait pu croire le contraire ». Le conseil accepte ses excuses, abandonne les poursuites, mais requiert de Jean Clauzel qu’il acquitte les dépens.

Concernant ce que Guillaume Sibra et le capitaine Clauzel se sont dit récemment sur la route de Pamiers à Mirepoix, c’est parole contre parole. Certes peu crédible, la parole du moucheron a cependant le genre d’efficace propre à toute calomnie : elle induit le doute, et, en vertu du principe qui veut qu’il n’y ait pas de fumée sans feu, elle discrédite. La silhouette d’un autre Guillaume Sibra paraît ici, non plus celle du gars ordinaire, qui aurait seulement le vin belliqueux, mais celle du voyou, qui use ici de la diffamation dans le style des maîtres-chanteurs, qui assume la publicité de son profil de tueur à gages, qui marche en somme au devant d’une carrière criminelle.

Au chapitre des motivations, on relève dans le discours de Guillaume Sibra le mirage de l’or. Lié à la misère, qui est de tous les jours pour le fils d’un pauvre brassier, mais amplifié sans doute par des circonstances opportunes, ce mirage se lit dans l’évocation des « quelques quadruples » ou des « vingt-cinq louis » réclamés ou acceptés par le jeune homme pour assassiner tel ou tel de ses concitoyens.

Doué d’un fort potentiel d’agressivité, Guillaume Sibra l’exerce contre des militaires ou des agents municipaux, i. e. contre des figures de l’autorité publique. Il s’y prend de façon qui semble maladroite, en tout cas étrangement risquée. Contre toute attente il s’en tire chaque fois, puisqu’en dépit de son insubordination affichée, de ses gesticulations politiquement incorrectes, il ne fait l’objet d’aucune sanction, ni en ville ni au sein de la demi-brigade.

« Jean Dabail a publiquement insulté les emblèmes de la liberté, il a plusieurs fois arraché des cocardes nationales qu’il a foulées aux pieds ; il a mille fois chanté et crié A bas la République et périssent les lois ! »19

Contemporains du triomphe électoral du parti royaliste, les premiers exploits de Guillaume Sibra doivent sûrement leur impunité au système d’influence que le parti en question exerce dans la société civile et dans l’armée. Le comportement du jeune homme, malgré les apparences, n’est pas seulement de type instinctif primaire ; il sert les intérêts de la nouvelle majorité, dans la mesure où il vise à intimider ou encore à discréditer, au sein de l’armée et dans la société civile, les hommes du parti républicain. Le capitaine Clauzel et Maurice Roussel, agent municipal de Lapenne, sont hommes de ce parti-là.

Guillaume Sibra, de toute évidence, bénéficie d’une arme qu’on lui glisse et de suggestions qu’on lui souffle. Il dispose ainsi d’un pistolet auquel on ne s’attend pas, puisque le pistolet est l’arme des cavaliers, le fusil ou le mousquet celle des fantassins, et que lui, Guillaume Sibra appartient, ou feint d’appartenir, au corps des fantassins. Il dispose également des noms des citoyens Dufresne et Amiel, dont il se sert pour alléguer que le capitaine aurait pu mettre un contrat sur la tête de ces derniers. Il a fallu pour cela que quelqu’un l’instruise de ce que Dufresne avait été le notaire du marquis de Lévis-Mirepoix. D’où vient en tout cas qu’au printemps de l’an V, Guillaume Sibra dispose d’un pistolet ?

Le 30 brumaire an VII, lors d’un premier séjour en prison, rapidement suivi d’évasion, le jeune homme concèdera qu’il a été payé et armé pour sa participation au sac de la maison Clauzel.

« Interpellé de déclarer s’il était armé

a répondu que le sus nommé Amiel lui avait remis un sabre

interrogé s’il était vrai qu’à la suite de ce pillage, il a reçu de l’argent pour étrenne

a répondu que le lendemain du pillage susdit il a reçu quarante huit francs, savoir vingt quatre francs des mains du dit Alexis (Arexy ?), et quatre francs par le dit Dufresne, que tous deux lui disaient de n’en rien dire…  »20

« Interpellé de déclarer pourquoi on lui proposait de tuer Clauzel

répond et déclare qu’on donnait pour motif que le dit Clauzel était un tyran de la République

interrogé s’il n’est vrai qu’après le pillage de la maison de Clauzel, il a proposé à quelqu’un de lui acheter quatorze des quinze livres pesant de fer

répond et nie…  »21

Usant là encore de la stratégie de l’anguille, Guillaume Sibra concède soudain, au fil d’une suite de dénégations imperturbablement réitérées, qu’il a en effet reçu de l’argent et un sabre au lendemain du pillage. Profitant alors de l’effet d’amorti, il nomme Amiel et Dufresne. D’accusé, il devient accusateur. Il fait mouche. Et, déniant même qu’il eût songé à vendre le fer volé lors du pillage de la maison Clauzel, il entre, de façon indécidablement naïve ou retorse, dans la posture de l’homme simple qui a cru en la bonne foi de ses interlocuteurs et admis, moyennant les quarante-huit francs destinés à soulager sa conscience, de tuer Clauzel au motif que celui-ci était « un tyran de la République ». L’art de la défense chez Guillaume Sibra tient finalement tout entier dans cette posture de l’homme de peu, incapable d’un statut autre qu’agentique.

Le 30 vendémiaire an VI (21 octobre 1797), soit une semaine seulement après la tentative d’assassinat commise par Guillaume Sibra à l’encontre du citoyen Roussel, agent municipal de Lapenne, et trois semaines après le coup d’état du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) qui entraîne l’annulation des élections et le retour des conventionnels au pouvoir, le tribunal militaire condamne le même Guillaume Sibra, 17 ans, contumax, à 5 ans de fers pour vol. Le mot « contumax » indique que le jeune homme est en fuite.

Ici commence pour Guillaume Sibra l’aventure des grands chemins.

A suivre : Dossier Guillaume Sibra dit Jean d’Abail – 2. Les grands chemins…

A lire aussi :
Quand Frédéric Soulié retourne en Ariège – 3. Je t’avais bien promis que tu me verrais !

  1. Cf. La dormeuse blogue : Quand Frédéric Soulié retourne en Ariège – 3. Je t’avais bien promis que tu me verrais ! []
  2. Frédéric Soulié, Deux séjours – Province, Paris []
  3. Les archives de Besset antérieures à 1830 ont hélas disparu ou sont perdues. []
  4. Cf. Robert Faure, Du côté de Tréziers : Anciennes mesures []
  5. Frédéric Soulié, Deux séjours – Province, Paris []
  6. Cette statue constitue curieusement le remploi d’une statue de Minerve, enlevée en 1792 au château de Lagarde. []
  7. Parmi d’autres chansons telles que Le Réveil du peuple, les émeutiers chantaient, dit-on la « chanson des chemises ». Personne n’a consigné, semble-t-il, les paroles de cette chanson. []
  8. Archives Départementales de l’Ariège, Foix, 8L63 []
  9. François Melchior Soulié et Jeanne Baillé se marieront le 8 pluviôse an 6 (samedi 27 janvier 1798). Ils seront les parents de l’écrivain Frédéric Soulié. []
  10. Joseph-Laurent Olive, La Révolution de 1789 à Mirepoix (Ariège), pp. 218-220, 2e édition, Imprimerie du Champ de Mars, Saverdun, 2010 []
  11. Délibéré à Toulouse le 25 pluviôse an 6 (13 février 1798) : cité par Joseph-Laurent Olive in La Révolution de 1789 à Mirepoix (Ariège), pp. 219-220. []
  12. Sur 216 anciens conventionnels sortants, seuls 11 de ces derniers sont réélus. []
  13. Les documents ne précisent pas la date. []
  14. Chant créé le 30 nivôse an 3 (19 janvier 1795) ; interdit par le Directoire le 18 nivôse an 4 (8 janvier 1796). []
  15. Cf. Paul de Casteras, Histoire de la Révolution Française dans le pays de Foix et dans l’Ariège, Ernest Thorin Libraire-Editeur, 1876 ; reprint O&R, « Les Introuvables », 1989 ; pp. 348-349 []
  16. Gaston Dufresne : ex-notaire du marquis de Lévis-Mirepoix. []
  17. Jacques Amiel : marchand, suspect de sympathie pour les « scélérats royalistes », emprisonné par Vadier, libéré ensuite par Chaudron-Rousseau. []
  18. Cité par Joseph-Laurent Olive, op. cit. p. 206 []
  19. Archives Départementales de l’Ariège, Foix, 8L63 []
  20. Foix, Archives Départementales, 8L63 []
  21. Ibidem. []

5 réponses à Dossier Guillaume Sibra, dit Jean Dabail – 1. Premiers chemins

  1. brunet dit :

    J’ai pris grand plaisir à cette lecture en imaginant le nombre d’heures nécessaires à cette recherche. Félicitations.

  2. autissier dit :

    Très beau travail ! j’ai des amis qui demeurent « chemin de Sibra » à Mirepoix – Je suppose que ce nom se réfère à ce personnage. merci christine -

  3. Martine Rouche dit :

    Peut-être un bout de piste, ou du moins un indice : le hasard m’a fait participer à une conversation entre natifs de Besset, et au détour d’une phrase, j’ai entendu l’un des participants dire que, dans son enfance, son oncle se rendait  » d’abail « , en indiquant d’un geste de la main le bout du village en direction de Pamiers. J’ai bondi en entendant  » d’abail « , tu t’en doutes ! Je me suis fait préciser ce toponyme : le village de Besset est en quelque sorte partagé en deux par le petit pont de la route nationale : au-delà, en direction de Pamiers, c’est  » d’abail « , en remontant vers Mirepoix, forcément, c’est  » d’amount « .
    Qu’en penses-tu ? Peut-être le surnom vient-il donc du berceau familial de Besset, pour les Sibra, et non de Mirepoix ? Si c’était le cas, ce serait un joli petit élément à ajouter à la masse de tes recherches ! A suivre ! …

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