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Le canal du moulin – 3. Vers l’embouchure

Après avoir décrit la promenade qui va du Countirou au pont de Raillette, puis du pont de Raillette au moulin "d’embas", je promettais le 7 avril un dernier épisode intitulé "Vers l’embouchure". Cet épisode a tardé, pour des raisons que j’explique ci-dessous. Le voici toutefois, autrement venu que je ne l’avais espéré. 
 
Depuis le petit pont du Foulon, le 7 avril, je voyais l’eau du béal poursuivre sa fuite rapide dans l’étroit défilé que forment en contrebas l’alignement des vieilles fabriques et le talus, couronné de jardins. Je pensais pouvoir une autre fois repartir d’ici et gagner l’embouchure du canal en suivant le bord de l’eau. Je suis revenue par la suite aux parages du foulon, j’ai sillonné le quartier en tous sens, je n’ai trouvé aucune voie qui permette de gagner le bord du béal après le pont du foulon. Le béal, à partir d’ici, est bordé sur ses deux rives de propriétés privées. Dommage, on ne passe pas. 

Notes   [ + ]

1. Arthur Rimbaud, Poésies, "Roman", 29 septembre 1870

Heures fantasques au bord de l’Hers

Le paysage en verdure foisonne. Le pont, de loin, semble avoir rétréci. Pour gagner les rives de l’Hers, il faut se perdre dans le vert du tableau.
 
Là-bas, sous les arbres qui bordent la rivière, il y a de ci de là une pierrerie qui se balance dans les hautes herbes.
 
Là-haut, entée sur ses glacis, la tour de Terride figure par-dessus la rivière l’arcane seizième du tarot. Le paysage se trouve placé de la sorte sous le signe de quelque prophétie hermétique. 
 
L’image du monde renversé se donne à lire dans le miroir des eaux.
 
Dans le miroir…

En mai au bord du Douctouyre

Le charme d’un bel après-midi de mai au bord du Douctouyre, il me semble qu’il tient tout entier dans cette bourre de peuplier, légère, suspendue entre ciel et terre, comme une plume détachée de l’aile d’un ange. Il en vient ainsi par bouffées avec la brise, et nous les regardons planer dans le bleu, figures gracieuses de nos pensées du moment, simples, libres, heureuses, – allées avec le soleil. Cet été, à la place des bourres de peuplier, il y aura des buses qui viendront tournoyer au-dessus de nous, avec de temps à autre ce léger cri de flûte qui accompagne les brusques inflexions de leur trajectoire hauturière. Puis elles élargiront leurs cercles et se perdront dans l’espace, emportées vers d’autres chasses, d’autres proies, d’annonce meilleure.