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Pierre papier ciseaux – Texte ebook reader

Notes

↑ 1. L'ouvrage d'Horace Walpole est inspiré du Peregrinaggio di tre giovanni figlivoli del re di Sarendippo de Cristoforo Armeno, publié à Venise en 1557, traduit en 1776 par le chevalier de Mailly, disponible sur le site de la Bnf : Histoire du prince Soly, surnommé Prénaty, et de la princesse fêlée / Pajon. Le voyage et les aventures des trois princes de Serendip
↑ 2. Wikipedia : Sérendipité
↑ 3. Lucrèce, De rerum natura, II, 1-8

La neige sur la page – A propos de l’oeuvre poétique de Jeanne Las Vergnas

Je lis petit à petit d'autres textes de Jeanne Las Vergnas. Pour le lecteur aussi, la poésie a son temps. Elle vient comme la neige, en silence, et il y a un moment, sans prévision possible, où le silence résonne, comme la neige luit. Le poème tourne alors vers vous son visage inconnu, et cependant si étrangement proche que j'ai entendu, l'autre jour, ce qu'il me disait et qui n'était pas écrit ! Il y avait la neige sur la plage grise, et, plusieurs jours durant,  j'ai songé à "la neige sur la page" au point que je l'ai recherchée, sans bien sûr, la trouver, jusqu'au moment où, ma disposition d'esprit ayant invisiblement changé, je l'ai retrouvée, la neige sur la plage grise, et
 
l'ange qui se penche
Sur les balcons du ciel
1)Jeanne Las Vergnas, L'ange blanc, in Brûlots d'herbes abrupts, 1989 .  

Notes

↑ 1. Jeanne Las Vergnas, L'ange blanc, in Brûlots d'herbes abrupts, 1989
↑ 2. Cf. La dormeuse blogueJeanne Las Vergnas – Dès maintenant nous allons naviguer dans le monde invisible
↑ 3. Jeanne Las Vergnas, Savoir, in A travers la rumeur troublée, 1992
↑ 4. Jeanne Las Vergnas, La dame du jardin, in A travers la rumeur troublée
↑ 5. Jeanne Las Vergnas, in Femme d'opaline, 1997
↑ 6. Ibidem.
↑ 7, 8, 9, 10, 11. Ibid.
↑ 12. Jeanne Las Vergnas, Lune sur Paris, in A travers la rumeur troublée
↑ 13. Jeanne Las Vergnas, Un glas, in Femme d'opaline
↑ 14. Jeanne Las Vergnas, Pollution, in Femme d'opaline
↑ 15. Jeanne Las Vergnas, Dans cette nuit du sang ou La forêt, d'après Max Ernst, in En cette nuit, avancée, 1999
↑ 16. Jeanne Las Vergnas, Le jardin suspendu, 6, in En cette nuit, avancée
↑ 17. Jeanne Las Vergnas, Le jardin suspendu, 3, in En cette nuit, avancée
↑ 18. Jeanne Las Vergnas, Entre appels et disparitions, 2002
↑ 19. Cf.  La dormeuse blogue : Jeanne Las Vergnas – Dès maintenant nous allons naviguer dans le monde invisible
↑ 20. Jeanne Las Vergnas, Dans cette nuit du sang ou La forêt, d'après Max Ernst, in En cette nuit, avancée
↑ 21. Jeanne Las Vergnas, in Femme d'opaline
↑ 22. Jeanne Las Vergnas, Trois pierres I, in En cette nuit avancée
↑ 23. Jeanne Las Vergnas, Mars 3, in En cette nuit avancée
↑ 24. Jeanne Las Vergnas, Sous la pluie des étoiles filantes 5, in En cette nuit, avancée
↑ 25. Jeanne Las Vergnas, Nostalgie, in A travers la rumeur troublée
↑ 26. Jeanne Las Vergnas, Des coups dans la neige, in Présences dans la neige, 2009
↑ 27. Versailles)%20%3ALOCA%20)&DOM=All&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P">Chasse-neige, circa 1878-1879

 

Des flambeaux dans la nuit
Un long cortège à ski
Qui dévale en zigzaguant
les pentes abruptes
De cette vallée pyrénéenne
Des hommes des traîneaux
Sombre procession macabre
De tous ces morts retrouvés
Là-haut […]
En silence dans cette nuit
Sans lune on descend
On chuchote on se terre
Seule la neige crisse
((Jeanne Las Vergnas, Atterrissage manqué, in Présences dans la neige

↑ 28. Jeanne Las Vergnas, Atterrissage manqué, in Présences dans la neige ,

mais aussi le visage futur, avec ses champs de fleurs :

Soudain au pied des roches sombres
Le grand pré s'était couvert d'une profusion
D'un autre blanc : des milliers de fleurs de neige
Perçant la terre…
((Jeanne Las Vergnas, Les roches trouées, in Présences dans la neige

↑ 29. Jeanne Las Vergnas, Les roches trouées, in Présences dans la neige ,

et ces "présences" blanches sur les "balcons du ciel" : 

Un ange blanc
Vois, comme il se penche
Sur les balcons du ciel !
((Jeanne Las Vergnas, L'ange blanc, in Présences dans la neige

↑ 30. Jeanne Las Vergnas, L'ange blanc, in Présences dans la neige .

Au regard de l'hiver qui vient, au souvenir de l'hiver premier, la profondeur des années se referme, le passé et le futur se rejoignent. En ce soir si tard, dit le poète, il fait tout blanc, et le blanc figure ici le moment de la transfiguration et de la présence constante :

Lorsque je pense à toi
Tout est blanc
La neige sur la plage grise
Les ailes des goélands […]
Et même les rochers ensoleillés
Tout est transfiguré
Dans cette blancheur rayonnante
((Ibidem.

↑ 31. Ibidem.

Je continue de songer à la neige sur la page, car il y a dans l'oeuvre de Jeanne Las Vergnas une poétique du blanc qui croît dans les mots comme "l'herbe est têtue" ((Jeanne Las Vergnas, Les lendemains de rien 5, in Femme d'opaline

Dux – Un portrait de Charles Baudelaire par Léon Cladel

Notes

↑ 1. Léon Cladel, "Dux" in Bonshommes, pp. 271-383, édition G. Charpentier, 1879
↑ 2. Rue d'Amsterdam
↑ 3. Hôtel de Dieppe. Cf. Jacob van Arteveld, 1290?–1345, homme d'état flamand ; Philip van Arteveld, 1340?–1382, fils du precedent, leader politique et révolutionnaire flamand.
↑ 4. Les Fleurs du Mal
↑ 5. Le Spleen de Paris
↑ 6. Cf. Les Fleurs du Mal, CXII, La Mort des Amants
↑ 7. Les Paradis artificiels – Le poème du haschich, IV, L'Homme-Dieu
↑ 8. N.d.R. : Possible inspirateur de Robert Geuljans !
↑ 9. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, LXXXV, L'Horloge, 1861, seconde édition
↑ 10. Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, 1921 : Wovon man nicht sprechen kann, darüber muß man schweigen.
↑ 11. Ludwig Wittgenstein, "Conférence sur l'éthique" (1929-1930), in Leçons et conversations, suivies de Conférence sur l'éthique, Paris, Gallimard, 1971
↑ 12. A propos du primat de la littérature sur les autres arts, Baudelaire, dixit Léon Cladel, rapportait l'anecdote suivante : Un certain critique d'art di primo cartello […], un ancien sous-préfet de Février […], Silvestre, puisqu'il faut l'appeler par son nom, le terrible montagnard de l'Ariège, pays qui ne produit que des hommes et du fer, T. Silvestre m'a conté chez Daumier, en présence de Millet et de Corot, qu'un jour Rude, le fier Rude, alors qu'il méditait le grandiose bas-relief de l'Etoile, La Patrie en danger, pleura sur une page de Michelet, en s'écriant : « Il n'y a pas moyen de rendre ça ! le "géant" Michel-Ange lui-même y échouerait, et l'on veut que je m'en charge ! oh ! non, non, je n'en suis pas f…u. »
↑ 13. Cf. plus haut, L'Horloge : "Mon gosier de métal parle toutes les langues".
↑ 14. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris
↑ 15. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, IX
↑ 16. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXV
↑ 17. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII
↑ 18. Cf. Egalement au Musée d'Orsay, toujours d'Auguste Clésinger, Femme piquée par un serpent, statue couchée en marbre, réalisée d'après un moulage pris sur le corps de Madame Sabatier.
↑ 19. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, LII, L'héautontimorouménos
↑ 20. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, XLVII, Mademoiselle Bistouri
↑ 21. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, LXXXV, L'Horloge
↑ 22. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Tableau Parisiens, XCI, Les Petites Vieilles
↑ 23. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Au Lecteur