Rémy Peyranne expose à Mirepoix

J’ai croisé le peintre, il y a quinze jours. C’était à Mirepoix, sous le couvert Saint-Antoine, dans l’atelier-galerie de Jacqueline Baby. Je discutais avec Jacqueline Baby et j’avais envie de recueillir son avis concernant une question qui, dans le cadre de notre région, m’intéresse forcément : existe-t-il une esthétique méridionale ? Quel serait le propre d’un méridionalisme ? Rémy Peyranne venait de la salle des métiers d’art de l’office de tourisme où il préparait l’exposition de quelques unes de ses toiles. Il était vêtu de blanc et marchait d’un pas guilleret. Il est entré dans l’atelier. Jacqueline Baby lui a rapporté ma question.

"Bien sûr !" La réponse a fusé. "Vous avez vu le ciel, la lumière ? Et la terre, les pierres ? La matière du pays dans lequel nous vivons est aussi matière de notre sensibilité. Elle nourrit notre vision de la couleur. Elle décide de notre palette. Et vous avez-vu comme les formes naissent dans les plis des rouges et des bruns ? Oui, il y a une esthétique méridionale, une façon de vibrer forgée par notre rapport aux éléments".

Né à Toulouse, élève des Beaux-Arts de Toulouse, nommé plus tard professeur de dessin d’architecture aux Beau-Arts de Toulouse, puis professeur de dessin-peinture toujours aux Beaux-Arts de Toulouse, Rémy Peyranne est aussi un grand voyageur, tropiquement attiré par les pays situés au Sud. D’où la diversité des paysages qui l’inspirent, mais aussi la mystérieuse identité de sa vision.

La question relative à ce qui ferait le propre d’un méridionalisme se trouve approfondie et relancée par les dernières oeuvres de Rémy Peyranne, sachant que celui-ci a opté désormais pour l’abstraction. Je reproduis ci-dessus l’une des oeuvres abstraites actuellement exposées à l’office de tourisme de Mirepoix. Le climat de la toile est blanc, animé par un rythme puissant, lui-même travaillé en pleine pâte, ponctué de noir, de brun, d’ocre, de rouge. La photo rend mal compte de la balance vibratoire de l’ensemble. La toile est placée sous un spot qui en noie les bords dans une sorte de halo. Il faut aller voir, rencontrer la peinture, l’écouter vibrer.

Rémy Peyranne, à l’office de tourisme de Mirepoix, expose aussi des oeuvres figuratives. J’ai photographié, pour le plaisir, deux paysages de rue, peints à Mirepoix.

 

 

Rémy Peyranne, A Mirepoix, cours du Colonel Petitpied, 1995

 

 

Rémy Peyranne, A Mirepoix, le carrefour du Rumat, vu depuis la route de Limoux, 1995

 

Ouverte le 7 juillet, l’exposition durera jusqu’au 20 de ce mois. 

Lors du week-end des 11 et 12 juillet prochains, dans le cadre de la fête de la peinture, intitulée Montmartre à Mirepoix, Rémy Peyranne exercera la fonction de peintre d’honneur.