A propos des vaches

Christine B., auteur photographe, installée à Malegoude, Ariège, connue par de nombreuses expositions 1)Cf. Expos Photos 2009. dans notre région, poste parfois des commentaires sur ce blog. La similitude de nos initiales est drôle. Nous avons échangé quelques mails. J’ai découvert l’oeuvre de Christine B. sur son site. Christine B. y expose plusieurs galeries de photos, – dont une galerie "Ariège". Elle a placé son site sous le signe d’Arthur, le petit renard, qui se balade un peu partout dans les images, et qui incarne, dit l’auteur sur la page d’accueil, "une autre vision des choses". Dans les mails que nous avons échangés, justement, nous avons parlé des "choses", du visage que celles-ci tournent silencieusement vers nous, de la présence qu’elles conservent sur certaines photographies.

Il se trouve qu’à la lumière de nos souvenirs d’enfance, semblablement liés à la campagne, nous en sommes venues à parler des vaches. Les vaches… D’un mot : elles sont belles.

"J’ai eu la chance de garder les vaches en été", dit Christine B., "pendant trois mois d’école buissonnière, de juin à fin août, en Haute Savoie, et de tomber dans des bouses, oui, et de tomber dans des orties aussi, et de goûter au lait frais  et au beurre battu dans la ferme, et puis, je ne suis plus revenue dans ces montagnes de Notre Dame de Bellecombe, et un jour, j’y suis retournée, et j’ai vu le village transformé, les stations de ski, les touristes, et la ferme d’Annette avec ses volets fermés, et j’ai éprouvé une grande tristesse".

"L’été dernier, j’ai refait un pèlerinage là haut, j’ai dû aller jusqu’à Beaufort pour m’allonger dans les prairies fleuries au milieu des vaches brunes. Dans le village où je réside, reste un troupeau de vaches laitières…"

J’ai eu moi aussi la même chance, en Ariège. Tous les après-midi, durant les grandes vacances, j’allais garder les vaches en compagnie de la fermière voisine. Je me souviens des chemins, des prairies en pente, du parfum de l’herbe, des vaches, qui s’appelaient Gloria, Rose, Tango, etc… Dans le village de mon enfance, il ne reste plus, également, qu’un seul troupeau. 

 

 

Ci-dessus : Rosa Bonheur (1822-1899), Pâturage.

 

Plus tard, j’ai aimé au musée les vaches de Rosa Bonheur. Je raconte cette passion dans Les vaches de Rosa Bonheur. Lorsqu’elle parle de ses vaches, Rosa Bonheur, qui se souvient d’avoir été une petite fille, ne boude pas son plaisir  :

"Je vois encore l’empressement avec lequel je courais au pré où l’on menait paître les boeufs. Ils on failli me corner bien des fois, ne se doutant pas que la petite fille qu’ils poursuivaient devait passer sa vie à faire admirer la beauté de leur pelage […]".

"J’avais pour les étables un goût plus irrésistible que jamais courtisan pour les antichambres royales ou impériales. Vous ne sauriez vous douter du plaisir que j’éprouvais de me sentir lécher la tête par quelque excellente vache que l’on était en train de traire". 

 

Ci-dessus : Rosa Bonheur, Jeune taureau sautant la barrière.

 

 

Ci-dessus : Christine B., Vaches et aigrette.

 

En guise d’hommage à nos amies les vaches, Christine B. m’a envoyé récemment une photographie, intitulée Vaches et aigrette, et, toujours sur le thème des vaches, une variation au couteau, toutes deux réalisées par ses soins. J’ai eu envie ici de partager ces images heureuses. 

 

 

Ci-dessus : Christine B., Vaches au couteau.

 

Une vache était là, tout à l’heure arrêtée.
Superbe, énorme…
Elle, bonne et puissante…,
Son beau flanc plus ombré qu’un flanc de léopard,
Distraite, regardait vaguement quelque part.

Victor Hugo, "La Vache", in Les Voix intérieures, 1837.

 

Notes   [ + ]

1. Cf. Expos Photos 2009.

4 réflexions sur « A propos des vaches »

  1. Martine Rouche

    The cow

    The friendly cow all red and white,
    I love with all my heart :
    She gives me cream with all her might,
    To eat with apple-tart.

    She wanders lowing here and there,
    And yet she cannot stray,
    All in the pleasant open air,
    The pleasant light of day ;

    And blown by all the winds that pass,
    And wet with all the showers,
    She walks among the meadow grass
    And eats the meadow flowers.

    Robert Louis Stevenson, A Child’s Garden of Verses, London Scolar Press, 1976, p. 42, 43.

  2. Robert Geuljans

    Een koe
    is een merkwaardig beest.
    Wat er ook in haar geest
    moge zijn….
    haar laatste woord is altijd
    Boe!!!
    Je traduis cette langue vache (néerlandaise) :
    Une vache est une curieuse bête.
    Quoi qu’il se passe dans sa tête,
    Elle a toujours le dernier mot,
    Bou !!!

  3. La dormeuse Auteur de l’article

     
    Vachement sympa, ce petit bovilège [img]http://belcikowski.org/ladormeuseblogue/wp-content/uploads2009/cow.jpg[/img]

  4. christineb

    oh, merci ! merci pour me rappeler Rosa Bonheur, qui inéluctablement me ramène à Corot, pour le souvenir d’un très beau tableau dans lequel j’ai pu plonger mon regard et déposer une partie de mon âme.
    merci pour cet hommage aux vaches…. pour la gaité des mots, malgré la nostalgie partagée. Merci pour ce poème de Stevenson, dont nous devrions faire la propagande !
    je me mets à espérer que les vachivores considèrent l’offrande dans leur assiette…qui sait ?
    hélas les temps modernes en Occident s’acharnent sur le sort des bovidés, et je le regrette.

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