A partir du refuge de Labérouat, une balade au pied des orgues de Camplong

Partis de Pau le matin, nous sommes montés à Lescun en vallée d’Aspe, i. e. en plein coeur du Parc National des Pyrénées, puis nous avons gagné, à 1442 mètres d’altitude, le refuge de Labérouat. La route s’arrête là. Depuis l’aire de stationnement où l’on gare la voiture, on jouit d’une vue magnifique sur le cirque de Lescun, l’Aiguille d’Ansabére, le Billare, la Table des Trois Rois, le pic d’Anie, le Dec de Lhurs.  Le refuge de Labérouat constitue le point de départ d’une randonnée  qui permet d’atteindre le Pic d’Anie, situé à la frontière entre le Béarn et le Pays Basque.  

 

Ci-dessus : A Lescun.

 

 

Ci-dessus : Au-delà de Lescun, dans la direction du Pic d’Anie.

 

 

Ci-dessus : Une partie des orgues de Camplong (1936 mètres), vues de la route, peu avant l’arrivée au refuge de Labérouat.

 

Certains randonneurs choisissent de cheminer au sommet des orgues. La ligne de crête est toute en dentelle. Il faut slalomer entre les crevasses.

 

 

Plus sagement, nous avons cheminé sur le sentier qui monte et qui descend à flanc de vallée, au pied des orgues. Sur l’autre flanc de la vallée, on distingue en altitude le pic du Countendé (2338 mètres).

D’abord découvert, le sentier s’enfonce ensuite dans le bois du Braca d’Azuns. Les talus sont semés de fleurs de printemps.

 

 

Hépatique, gentiane, erythrone, dite aussi dent de chien.

 

 

Orchis singe, orchis moucheron, hellébore vert.

 

Il ne faut rien cueillir. Soutenue par la photographie, la mémoire suffit au bouquet. 

 

 

Sous les arbres, des formes surgissent, nées du hasard des transformations.

 

 

J’ai cru voir la maison de la Baba Yaga. Je marchais dans la forêt des contes.

 

 

Une trouée s’est ouverte ensuite dans les arbres, et j’ai vu un cygne dans le ciel.

Puis je me suis retournée, et j’ai vu cette fois, derrière moi, à l’autre bout de l’horizon, le Pic du Midi d’Ossau (2884 mètres) – la tête coupée de Jean de l’Ours, ou comme dit en 1334 l’envoyé du sultan de Grenade, al shaqûqa, la montagne fendue. Plus haut, dans la neige, nous avons relevé des empreintes curieuses, mais nous n’avons pas croisé le seigneur sauvage de la forêt, né, dit-on, de l’accouplement d’un homme et d’une femme.

 

Déjà, nous atteignons les névés, restes des dernières coulées d’avalanches. Puis c’est le champ de neige, dont l’éclat suspendu brûle les yeux. 

Descendus du pic d’Anie, quelques skieurs terminaient ici leur course. Ils ont déchaussé leurs raquettes en riant, et ils sont repartis en direction de la vallée. Sur la photo, c’est ma petite soeur qui swingue. 

Puis nous avons joué à une séance de pose dans le style des vieux clichés pyrénéistes.

 

 

Nous ne sommes pas allés plus loin – à la cabane d’Ardinet, au Pic d’Anie – car nous n’étions pas équipés. Retour au refuge de Labérouat. J’ai pu constater en chemin que, dans le sens du retour, le sentier monte aussi !

 

Le visage des orgues de Camplong change tout le long du jour. Le voici à midi.

Un quart d’heure plus tard, d’un coup de voiture, nous mangions la garbure au Château d’Arance. Qu’elle est bonne, la garbure, après une sortie en montagne !

 

 

De gauche à droite : le Château d’Arance ; vue de la vallée depuis la terrasse du château.

 

3 réflexions sur « A partir du refuge de Labérouat, une balade au pied des orgues de Camplong »

  1. christineb

    oh la jolie promenade qui nous fait traverser des instants de magie ! merci pour ceux qui rêvent d’aller jusqu’à ces montagnes mais qui ne peuvent pas ou plus marcher !

  2. Martine Rouche

    Salade du pélerin ? Non. Soupe à l’ortie ? Non plus. Garbure ? Mais oui, il faut au moins ce plat roboratif après avoir swingué près des névés …
    Vous avez dû vraiment passer de très beaux moments et nous les partageons grâce aux photos et aux mots. Effectivement, vous évoquez les pyrénéistes de la haute époque, ainsi assis à flanc de montagne, dans cette photo ovale à l’ancienne …
    A mon avis, un pèlerinage à Notre-Dame-des-Neiges se prépare …

  3. J.P.Dugène

    Belle balade en Aspe.
    Pour moi, le seigneur sauvage de la forêt est né de l’accouplement d’un ours et d’une femme, parce que le résultat accouplement homme femme ne fait plus de seigneur depuis longtemps !
    Bien à vous
    J.Pierre

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