Voir Roquefixade et… goûter aux charmes de l’ancienne république de Venise

 

Au crépuscule, le profil acéré du château de Roquefixade La voiture emprunte une route en lacets qui s’élève rapidement à flanc de montagne. D’un côté, la forêt ; de l’autre, le ravin. Au sortir d’un tournant, la silhouette de la bastide surgit, sur fond de crépuscule. Nous nous rendons à l’église où se produit un groupe de musiciens, réunis sous le nom de La belle Renaissance  [1]Cf. AriegeNewsRoquefixade : VIIIe édition du festival Musica del temps passat.  Nous entrons dans la petite église, éclairée, pour l’occasion, a giorno. Statues, bois dorés, tableaux, lustres, tout a été merveilleusement dépoussiéré, restauré. Tout rutile.

 

 

 

Puis les musiciens paraissent, mariant clavecin (Alain Cahagne), violon (Sharman Plesner), viole de gambe (Christian Sala), et… sacqueboute (Armand Marco), – l’ancêtre du trombone. Ils jouent tour à tour des sonates et des airs, composés, au temps des doges, par Dario Castello, Girolamo Frescobaldi, J. H. Schmelzer, Andrea Falconieri, Biagio Marini, tous maîtres de chapelle à San Marco, de 1660 à 1665. [Pas de photos des musiciens ; la batterie de mon APN s’est déchargée. Place à la musique, donc !] Souple dans son rythme, fluide, fertile en surprises, le mariage des instruments est d’une extrême sensualité. Le jeu de la sacqueboute ressemble à la lutte de Jacob avec l’Ange. Les musiciens sont jeunes, beaux, riants. Leurs corps bougent. La musique en direct, c’est d’abord cela : des corps qui bougent, du vif qui saisit le mort. Des visions de Venise, dans lesquelles les musiciens de La Belle Renaissance figuraient, vêtus de costumes de cour, me venaient à l’esprit…

 

 

Paolo Caliari, dit Veronese, Les Noces de Cana, détail, 1562-1563

 

 

Canaletto, Place Saint Marc, détail, 1723 La musique traverse les années et les mondes…

 

1 réflexion sur « Voir Roquefixade et… goûter aux charmes de l’ancienne république de Venise »

  1. Martine Rouche

    Magnifique soirée, n’est-ce pas ? Quel dommage que tu n’aies pu fixer le geste amoureux de Christian Sala calant la hampe de sa viole de gambe contre son cou, entourant son instrument de son bras, comme dans le tableau de Véronèse ! L’an prochain ! …
    Ta photo-titre est d’une très grande beauté.

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