Clocher-mur et croix cathares

Clocher mur, stèles surmontées de croix cathares, ceinture de thuyas et de cyprès, constituent les principales caractéristiques des églises et des cimetières ariégeois.

L’église de mon village se situe au milieu des hameaux, sur une butte couronnée d’un petit bois. On y accède, sous l’ombrage, par un raidillon très pentu. Derrière elle s’ouvre un paysage de collines et de prairies, admirable de sérénité.

 

L’église surgit parmi les croix, au sortir du raidillon qui essouffle. Les grands arbres tutoient le clocher mur. Des chouettes, le jour, font halte dans les branches.

 

Au pied du clocher mur, le monument aux morts, – ceux de 14-18 et ceux de l’Occupation.

 

Juste avant la Libération, avant de se retirer, les Allemands ont brûlé l’une des fermes du village et fusillé plusieurs résistants, connus sous le nom de Guerilleros espagnols et recrutés parmi les républicains venus s’installer en Ariège après la victoire de Franco.

 

L’église est dédiée à Saint Vincent et à Saint Martial. Elle ne bénéficie pas de la protection qui s’attache aux seuls monuments classés. Mais elle fait l’objet d’une description auprès des services de l’Inventaire. On peut consulter cette description sur le site Patrimoine culturel. Je reproduis ici un extrait de la dite description :

« Epoque : 14e siècle (?) ; 18e siècle (?). Edifice non protégé MH. Propriété de la commune ».
« L’église paroissiale d’Arvigna se situe sur un replat de la colline où se trouve la motte castrale du Castel, à 400m de celle-ci. Le château comme l’église, ne sont pas mentionnés au Moyen-Age, mais les seigneurs sont attestés dès la fin du XIIe siècle. Par ailleurs, le cimetière qui forme enclos autour de celle-ci a fait apparaître des fragments de céramique médiévale grise et noire à pâte grossière. L’étude architecturale indique que l’église fut élevée antérieurement au XIXe siècle. Les génoises à trois rangs de tuile des sacristies accolées à l’élévation nord de la nef pourraient dater du XVIIIe siècle, bien que les ouvertures en aient été reprises à la fin du XIXe siècle. L’élévation occidentale de la sacristie nord semble présenter des éléments de remploi, en particulier un linteau à arc cintré en pierre calcaire qui pourrait dater du Moyen-Age (?). A la limite du XIXe siècle et du XXe siècle, l’église fut modifiée de façon importante… »

Rédacteur : Guiochon Xavier-Philippe ; Claeys Laurent ; Pradier Sandrine
N° notice : IA09000052
© Inventaire général, 2002 ; © Communauté de communes du Pays de Pamiers, 2002

Datée de 1869 et construite à l’imitation des temples grecs, la chapelle Barrière constitue, au sein du petit cimetière, un édifice surprenant. L’appareil de pierre est superbe. Point de mouvement ici, qui déplace les lignes. La façade affiche, au soleil couchant, un visage empreint d’immobilité radieuse.

Pour plus de renseignements, voir, toujours sur le site Patrimoine culturel, la fiche Chapelle funéraire de la famille Barrière (Rédacteur : Guiochon Xavier-Philippe ; n° notice : IA09000186 ; © Inventaire général, 2002 ; © Communauté de communes du Pays de Pamiers, 2002).

 

Le cimetière conserve nombre d’anciennes croix cathares, ou dites telles, car la pertinence d’une telle appellation est aujourd’hui contestée.

 

Les historiens observent en effet que les Cathares ne faisaient point référence à la Croix et même s’y refusaient de façon ostensible : « Comment peut-on adorer la croix sur laquelle est mort le fils de Dieu ? Qui serait assez bête pour se prosterner devant le bâton qui l’a frappé ? » (Paroles de Parfait en 1320, citées par Léo Barbe, in Bulletin de la Fédération Archéologique de l’Hérault, 1979).

 

On ignore l’origine de la croix ancrée, dite croix cathare. Ce genre de croix, de type ancien, figure en tout cas dans tous les vieux cimetières de l’Ariège. Il se caractérise par une découpe en forme de fleur, fort belle. Sur fond de collines et de prairies, foison de stèles, au sein du cimetière, fleurissent.

 

Et devant la porte de l’église, toujours l’ombre tigrée qui tombe des platanes.
Parle plus bas, si c’est d’amour, au bord des tombes… dit le poète.

 

4 réflexions sur « Clocher-mur et croix cathares »

  1. ALCARAZ Elisabeth

    Connaissez-vous l’origine de certains monuments funéraires que l’on ne trouve que dans le Sud-Ouest, et généralement anciennes, sur le dessus desquels on voit une grande croix inclinée reposant sur un globe ou une boule ronde également en pierre ? Merci de votre réponse.

  2. Gironce Jacques

    la "croix cathare" n'existe pas. Beaucoup de loufoques ont baptisé de ce nom les stèles discoîdales anciennes rencontrées dans les vieux cimetières  du Lauragais et très rarement de l'Ariège.Elles sont de petite taille et n'ont rien à voir avec les croix observées à Arvigna. Voyez plurôt celles  de Vals ou de Saint-Gaudéric.
    Cessons les énormités …

  3. La dormeuse Auteur de l’article

    Vous avez raison. C’est par abus de langage et par contagion de l’usage courant que je parle ici de « croix cathares ». Serai-je pendue pour autant ?

Les commentaires sont fermés.