Le paysage urbain

Le Land Art n’est pas forcément le produit d’aménagements gigantesques, réalisés dans le désert, visibles seulement depuis le ciel. Il se manifeste aussi dans le jardin qu’on croise au bout de la rue et que l’on remarque à peine, derrière sa grille toujours close. Il se manifeste ici dans ce jardin parfaitement entretenu, bien que mystérieusement l’on n’y voie jamais personne. Aucune fleur, aucun arbre, rien, sinon une herbe courte et ce motif de pierre dessiné au sol. Une épure. Chacun y trouvera le sens qu’il entend, – et le jardinier, et le passant. La ville offre ainsi, lorsqu’on se balade, des vues insolites, qui font la magie de l’instant. Magie, image, idée… La magie de l’image est ici dans la politesse du sens, qui veut que l’idée se dérobe. 

 

Un peu plus loin, quelques dizaines de mètres à peine, le paysage urbain réserve un aspect tout autre. La trivialité reprend ses droits. Avec elle, l’alogon, le non-sens est roi.

 

Clichés réalisés à l’aide du téléphone portable

 

1 réflexion sur « Le paysage urbain »

  1. Martine Rouche

     » Les exemples du jardin et des rues de la ville, vus par ceux qui s’y promènent ou par le lecteur qui est invité à les découvrir, montrent que la perception des lieux dépend des dispositions affectives. Il n’y a pas de photographie neutre et objective. L’art suppose un choix, même s’il donne l’illusion de la neutralité, tout résulte de l’imaginaire intérieur du romancier, de ses personnages et du lecteur.  »
    Gilbert Guislain, à propos de  » Scènes de la vie de province  » de Balzac.

Les commentaires sont fermés.