Vertigo

 

Comme dans les rêves, tout penche, – sauf le clocher de la cathédrale. Dommage, la réalité veut qu’il y ait des voitures garées sous les platanes, eux-même tondus comme des caniches. Pauvres platanes ! Nous ne jouirons pas, cet été, d’une voûte d’ombre tigrée. Et la pissotière crapoteuse installée au pied de la cathédrale ne profitera plus du manteau de Noé. 

Les signes qui paraissent dans le ciel invitent à regarder plus haut.

 

1 réflexion sur « Vertigo »

  1. Martine Rouche

     » En mon for intérieur, je ne crois pas qu’un talent particulier soit nécessaire pour décoller du sol et flotter en l’air. Nous avons tous ça en nous. […] Il faut apprendre à ne plus être soi-même. C’est là que tout commence, et le reste en découle. Il faut se laisser évaporer. Laisser ses muscles devenir inertes, respirer jusqu’à ce qu’on sente son âme s’écouler hors de soi puis fermer les yeux. C’est comme ça qu’on fait. Le vide à l’intérieur du corps devient plus léger que l’air alentour. Petit à petit, on finit par peser moins que rien. On ferme les yeux ; on écarte les bras ; on se laisse évaporer. Et alors, petit à petit, on s’élève.
    Comme ça.  »

    Paul Auster,  » Mr Vertigo « , traduction Christine Le Boeuf, Actes Sud, 1994, p. 316 – 317.

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