Autrefois, aujourd’hui, un lieu du bourg

 

Il y a quelques jours, à la mairie de Mirepoix, nous redescendions de la salle des archives lorsque, dans le grand escalier, nous nous sommes arrêtés devant une toile à laquelle jusqu’ici nous ne prêtions guère attention. La toile est suspendue en hauteur. Elle semble dater des années 30. On distingue mal la signature, peut-être "Sentenac". Cherchant qui pouvait correspondre à ce patronyme, j’ai trouvé Paul Sentenac (1884-1958), critique d’art bien connu dans l’entre-deux guerres, auteur entre autres de La Ronde des couleurs (1932), régionaliste fervent, né à Coursan. A-t-il peint lui-même ?

Nous nous sommes arrêtés devant la toile reproduite ci-dessus, parce qu’un je-ne-sais-quoi de déjà-vu nous a soudain rendus sensibles à son charme.  Il ne s’agissait pas, au vrai, d’un je-ne-sais-quoi, mais d’une évidence : la toile représentait, située au bout de l’Allée des soupirs,  à Mirepoix, la place du Monument aux Morts !

La place a bien changé depuis la réalisation de cette toile. La rocaille demeure, ainsi que le petit bassin creusé au pied de cette dernière. Mais le bois de pin a disparu, au profit d’espèces quelconques, malingres, de celles qu’on préfère aujourd’hui, dirait-on, jusque dans un bourg de modeste étendue. Et les pavillons sont venus miter le décor champêtre.

Le génie du lieu toutefois ne se perd pas. Il le doit à l’effet perspectif, dont la forme blanche du Monument aux morts constitue le point de fuite. Il faut s’approcher du monument et tourner autour de ce dernier pour atteindre à ce qui fait, dans son illisibilité apparente, l’esprit d’un tel lieu. 

 

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