A la Bnf et sur le Net, une exposition d’estampes japonaises

Comme Mirepoix, c’est loin de Paris, j’ai visité sur le Net l’exposition Estampes japonaises, Images d’un monde éphémère actuellement présentée à la Bnf. L’exposition, dans sa version numérique, fait l’objet d’une présentation magnifique. J’ai feuilleté ainsi la riche suite d’albums intitulés tour à tour les 36 vues du mont Fuji, la Manga, les 53 relais du Tôkaidô, le Tôkaidô de T. Girard, l’ukiyo-e, théâtre et sumô, beautés féminines, parodies et poèmes, estampes érotiques, paysages, Hokusai, Hiroshige. Commentée par le commissaire de l’exposition, la visite peut être téléchargée (36 Mo) sur téléphone portable ou sur baladeur MP3.

 

Ci-dessus : Hiroshige, Cent vues d’Edo, ‘Les rizières d’Asakusa au moment de la fête du coq", 101e planche de la série (119 planches, 1856-1859)
Jocelyn Bouquillard, conservateur au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, co-commissaire de la présente exposition, développe, dans la section Hiroshige, un commentaire admirablement précis de cette image.

 

"Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable… ne pas se laisser abattre par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître sur son visage, mais dériver comme une calebasse sur la rivière, c’est ce qui s’appelle ukiyo", de uki : "qui flotte" et yo : "le monde". On nomme ukiyo-e, de e : "image", les "images du monde flottant". D’où le titre de l’exposition : Estampes japonaises, Images d’un monde éphémère.

Ci-dessus : Hokusai, les Trente-six vues du mont Fuji, 8e vue, La rivière Tama dans la province de Musashi, vers 1829-1833 

 

J’ai revu bien sûr les 36 vues du Mont Fuji de Hokusai, les 53 relais du Tôkaidô d’Hiroshige, les portraits de femmes d’Utamaro. J’ai découvert aussi d’autres images, oeuvres d’anonymes, que je n’avais jamais vues.  

 

 

Anonyme, flacon d’huile avec motifs floraux, vers 1807

 

 

Deux planches de la Manga

 

A propos des estampes érotiques ou makura-e, "images d’oreiller", Christian Marquet signale qu’elles ont souvent une dimension humoristique.

Il note également que "Yanagisawa Kien, peintre et lettré, dans un célèbre essai de jeunesse rédigé au début du XVIIIe siècle, recommande tout naturellement,de consulter des images d’oreiller pour se délasser du travail intellectuel et se revigorer, considérant ces ouvrages à l’égal des quatre trésors du cabinet du lettré".

Ci-contre : tsugai-e, "image de couple"

 

L’exposition comporte également une section dédiée au japonisme et à l’art nouveau, témoins de l’influence des estampes japonaises, à partir de 1890, sur le goût et l’évolution de l’art occidental.

 

 

A gauche : planche de la Manga ; à droite, Le Japon artistique, documents d’art et d’industrie réunis par S. Bing, couverture. N° 19, novembre 1889, imprimerie Gillot Charles

 

1 réflexion sur « A la Bnf et sur le Net, une exposition d’estampes japonaises »

  1. Martine Rouche

    Superbe, il est vrai, malgré la distance …
    En vrac : présentation brillante aussi (me semble-t-il) de  » Sous la vague au large de Kanagawa  » par des historiens d’art britanniques sur la chaîne Histoire. J’ai découvert  » le monde flottant « . L’émission repasse plusieurs fois.
    Influence du japonisme et de toutes ces estampes sur Aubrey Beardsley, qui lui même influença Edmund Dulac dont nous avons parlé (exposition à la médiathèqueJosé-Cabanis à Toulouse).
    La planche d’insectes m’évoque aussitôt la planche XIV de Villard de Honnecourt …
    Quel tourbillon ! Quelle furieuse envie de tout revoir en détail …

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