Iris et désespoir du peintre

 

Ci-dessus, fleurs offertes par notre amie jardinière qui laisse venir devant sa porte les marguerites sauvages. 

 

Stéphane Mallarmé, à propos des iris, formule des mots mystérieux – à entendre sur le mode de la résonance. Il parle ici d'un Eden idéal, d'une "île", paradis perdu que la magie de l'instant fait ressurgir de temps à autre et dont la simple réapparition vous émeut au-delà des mots :

… on dit
De ce midi que notre double
Inconscience approfondit

Que, sol des cent iris, son site
Ils savent s'il a bien été,
Ne porte pas de nom que cite
L'or de la trompette d'Été.

Oui, dans une île que l'air charge
De vue et non de visions
Toute fleur s'étalait plus large
Sans que nous en devisions.

Telles, immenses, que chacune
Ordinairement se para
D'un lucide contour, lacune,
Qui des jardins la sépara.

Gloire du long désir, Idées
Tout en moi s'exaltait de voir
La famille des iridées
Surgir à ce nouveau devoir…
1)Stéphane Mallarmé, in Prose pour des Esseintes, 1885

Notes   [ + ]

1. Stéphane Mallarmé, in Prose pour des Esseintes, 1885

2 réflexions sur « Iris et désespoir du peintre »

  1. Michel Cubières

    Vient le soir…
     La rime 'est otée.
     toute âme fouette
    sa viduité
    Qu'ai-je 
    si je tremblotte?
    Poête sans Mallarmé
    Ne suis que gibelotte !
     
     

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