Aux archives de Mirepoix

 

Quelques vues de cet univers insolite, situé sous le toit de la "maison commune" de Mirepoix. Les vieux papiers sont pleins d'âmes. A force de les lire et relire, on a l'impression de connaître les personnes dont l'histoire est couchée là, depuis longtemps oubliée, si humble souvent, si pauvre, si digne justement de notre mémoire.  

Ci-dessus, de gauche à droite : familièrement dénommés BMS, les registres de baptême/naissance, mariage, décès, du XVIIe à la fin du XIXe ; vu par un fenestrou, le clocher de la cathédrale.  

 

 

Les registres BMS vus par une fenêtre intérieure, depuis un grenier adjacent.

 

 

On lit aussi aux archives des choses qui blessent, venant de la patrie des Droits de l'Homme. La lettre reproduite ci-dessus date du 7 Pluviôse an XI, 27 janvier 1803, i. e. de la période du Consulat. 

 

 

La table de travail et, au fond, les boîtes thématiques dans lesquelles les papiers qui racontent la vie de la commune sont classés, sous le couvert de grandes enveloppes de papier kraft, par affaire et/ou par période.

 

 

A l'aller comme au retour, chaque fois que l'on se rend aux archives, on passe devant le buste du Maréchal Clauzel. Datée de 1895, l'oeuvre est due au ciseau d'Emile Deboulet. Le jour dont elle se pare lui vient d'une haute fenêtre située à l'autre bout de la salle du conseil. Ainsi éclairés, les traits du Maréchal s'éveillent, le regard s'écarquille, de façon étonnante.

Dans la salle du conseil, la mairie abrite également un portrait en pied du grand homme, peint en 1880 par Caroline Bertrand, il s'agit d'une copie d'après Emile Callande de Champmartin. Je reparlerai des représentations du Maréchal Clauzel une prochaine fois.

 

 

Je préfère m'attarder ici sur la vision insolite de cette lumière qui point à même le plancher du grenier adjacent à la salle des archives et que l'on aperçoit le matin depuis l'intérieur de la dite salle, par la fenêtre montrée plus haut. J'y vois l'exacte manifestation de la mémoire, telle que celle-ci nous requiert, nonobstant la profondeur des années, la poussière du temps. L'espoir, dit le poète, luit comme un brin de paille…  La mémoire aussi.   

2 réflexions sur « Aux archives de Mirepoix »

  1. Martine Rouche

    Les Mirepoises dans leur grenier …. ancienne chambre de bonne sous les combles de la maison Rabinel, au XVIIIe siècle …
    Outre les papiers, imprimés ou manuscrits (mes préférés …), les murs nous racontent bien des choses. Nous devons être à l'écoute et transcrire, transcrire et transcrire encore si nous voulons commencer à comprendre cette ville que nous aimons tant. A chaque session de travail, sa découverte …
    Je pense une fois de plus aux " manuscrits poudreux " dont parlait Vigarosy …
    Tes photos sont toujours aussi belles !

  2. Martine Rouche

    " L'avenir que je rêve a les tons surannés
    D'un vitrail où sourit la sagesse en prières
    Près de l' Etude au front penché sur les lumières
    Des vélins odorants lourds de secrets fanés … "
    (Quatre vers conservés d'un sonnet de jeunesse de Joë Bousquet, cités par René Nelli, in " Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre " , Albin Michel, 1975, page 44.)

Les commentaires sont fermés.