A Laroque d’Olmes

Pour une fois, je ne voyage pas en bus. Une voiture amie me dépose sur la D 625 à la hauteur de Laroque d'Olmes. Devant moi, la route. Au loin, dans la grisaille, Lavelanet, Montségur, le Saint-Barthélémy. Sur ma gauche, de l'autre côté de la chaussée, un petit centre commercial, une rue. C'est Laroque d'Olmes. Je traverse. Je m'engage dans la rue. Quel est le nom de cette rue ? C'est l'Avenue Jean Jaurès.

 

 

L'Avenue Jean Jaurès. Elle monte, en décrivant une courbe, vers le Castella. Peu avant le tournant, le pont sur le Touyre. A gauche du pont, en contrebas, l'un des sites de l'entreprise textile Michel Thierry. En haut, sur la roque, le Castella.

 

 

Au bord du Touyre, les sheds 1)Architecture industrielle : toits en zigzags de l'entreprise Michel Thierry. Filature et tissage furent longtemps l'activité principale de Laroque d'Olmes. L'entreprise Michel Therry a, seule, survécu à la crise. Elle occupe aujourd'hui une position de leader mondial dans le domaine de la teinture et de la finition textile pour l'automobile.

 

 

Au-dessus des toits, vues de l'Avenue Jean Jaurès, l'esplanade du Castella et l'église du Saint Sacrement.

 

 

De part et d'autre de l'avenue Jean Jaurès, des ruelles en pente, dont l'une s'intitule Ruelle de la Paix. Plus haut encore, sur une petite place, un passage voûté.

 

 

Une autre place, au bout de l'Avenue Jean Jaurès. Il est 10 heures 30 matin.

 

 

Une dernière petite place, blottie à l'ombre de l'église du Saint Sacrement. Au fond de la place, une maison de village, devant laquelle une grand-mère soigne ses fleurs. A droite, sur une façade rénovée, un cadran solaire.

 

 

J'arrive, par la rue de l'Eglise, au sommet de la roque. Je me trouve ici derrière l'église Notre Dame du Mercadal, ou église du Saint Sacrement, à l'endroit où s'élevait autrefois la Porte d'Amont. L'église date du XIVème siècle.

 

Paysage étrange… au sommet de la roque, en plein coeur du bourg. Il y a eu ici, en des temps très lointains, un château-fort, une église romane, ultérieurement détruite, qui appartenait au prieuré de St Sernin de Toulouse, une grande porte, du monde qui allait et venait… Puis le monde est parti, le silence est retombé sur ce lieu déserté… Le ciel est noir. Le vent souffle. Il fait froid.

 

Je me trouve, en cet instant, derrière l'église Notre Dame du Mercadal, dite du Saint Sacrement. Un peu perdue, dans cet espace, entre ciel et pierres, qui me fait souvenir de la profondeur du temps.

 

 

Je m'engage, à partir de l'arbre, dans la ruelle qui longe l'église. Arrivée sur l'esplanade qui s'étend au pied de l'église, je photographie la façade du bâtiment, à contre-jour. L'entrée des fidèles se fait aujourd'hui de ce côté-ci.

 

 

L'entrée des fidèles se faisait autrefois dans la ruelle que je viens d'emprunter. La porte est, là, superbement ouvragée. On remarque sur le côté une plaque gravée sur laquelle figurent les armoiries de la ville et un parchemin indiquant que la première pierre de cette église a été posée par Pierre de Sainte Colombe, "damoiseau".

 

 

L'arcature du porche à voûte d'arêtes repose sur des butoirs ornés de visages à l'expression indéfinissable.

 

 

Le porche est surmonté d'une tête de mort. La porte arbore une énorme serrure de fer, superbe ouvrage d'art, classé à l'inventaire du patrimoine. En face du porche de l'église, de l'autre côté de la ruelle, une petite porte, surmontée, elle aussi, des armes de la ville, soit quatre rochers, dont un en bas et trois en haut. Sur l'un des rochers se pose un oiseau, familier des roques.

 

 

Revenue sur l'esplanade, je photograhie encore une fois la façade de l'église, au-dessus de laquelle s'élève le clocher, d'allure gracile, construit sur une base carrée, puis prolongé en forme octogonale. Je me retourne ensuite vers les arbres, dont les silhouettes tourmentées dessinent sur le ciel une sorte de chaussée des géants. L'esplanade correspond à l'emplacement de l'ancien château, et probablement à celui d'un castellum romain. Le château a été brûlé et détruit par Guy de Montfort en 1212. Quelques vestiges de l'enceinte sont encore visibles autour de l'esplanade.

 

 

Je contemple depuis la terrasse le vaste panorama de la vallée. A ma gauche, i. e. au Sud, la vallée s'étire vers Lavelanet. A ma droite, i. e. au Nord, la vallée regarde vers Mirepoix.

 

 

Je redescends maintenant vers la D 625. Rue de l'Eglise, je photographie une fenêtre de grange. Rue Saint Jacques, un fronton triangulaire, perché au-dessus d'un gracieux balcon. Avenue Jean Jaurès, une maison bourgeoise, de style 1900, flanquée, à gauche, des Cabinets Publics 2)Un lecteur me fait aimablement remarquer que j'ai commis, entre l'avenue Jean Jaurès et la rue de l'hôtel de Ville, une confusion des noms. Je renvoie donc à son commentaire infra .

 

 

Je redescends l'Avenue Jean Jaurès. Il est 11 heures 30. Dans une rue latérale, un bâtiment des années 30.

 

 

Arrivée à la hauteur du Touyre, je vais me promener au bord de l'eau, sur l'esplanade Maurice Thorez. J'ai rendez-vous avec la représentante d'une association d'artistes.

 

 

Mon interlocutrice arrive. Comme c'est lundi et que le chinois du centre commercial est fermé, nous décidons de manger une pizza au bord du Touyre. Le vent a chassé les nuages. Il fait bon dans l'herbe. L'eau chante.

 

A 16 heures, la voiture amie revient me chercher depuis Lavelanet.

Le ciel s'est couvert.

Au bout de la route, malgré tout, on voit le pog, et, au sommet du pog, Montségur.

Il me vient à l'esprit qu'à Laroque d'Olmes, i. e. au Pays d'Olmez, le pays qui portait autrefois des forêts d'ormes, je n'ai vu que des platanes, de magnifiques platanes.

Reste-t-il ici encore des ormes ?

Je n'en sais rien.

Notes

↑ 1. Architecture industrielle : toits en zigzags
↑ 2. Un lecteur me fait aimablement remarquer que j'ai commis, entre l'avenue Jean Jaurès et la rue de l'hôtel de Ville, une confusion des noms. Je renvoie donc à son commentaire infra

4 réflexions sur « A Laroque d’Olmes »

  1. Martine Rouche

    Il ne doit plus rester d’ormes, tous ont été atteints, sinon de la peste, du moins d’un mal qui les a fait disparaître en rongeant d’abord le coeur, y compris le vieil orme de Vals qu’on appelait « Sully ». Forcément!
    La voiture amie a bien fait de se charger des trajets: nous y gagnons une rare promenade dans Laroque, avec ce curieux mélange d’ancien et de plus récent, de pittoresque et de banal, de visible et d’absent. La ville s’efforce de rester dynamique, y compris sur le plan culturel, mails j’y perçois quelque chose d’évanescent, de fantômatique…

  2. claire mas

    jolie balade…cette cité a tant à dire et il y a tant de choses à découvrir…sympa d’avoir pris le temps d’arpenter les rues…

  3. bénédicte

    jolie note sur laroque d’olmes qui est la ville où j’ai grandie jusqu’à mes 18ans.

  4. La dormeuse Auteur de l’article

    Commentaire : Philippe
    Bonsoir, petite précision au sujet "des cabinets publics", ce n'est pas avenue jean jaurès mais rue de l'hotel de ville….quand on ne sait pas ou on se trouve, pas la peine de faire des remarques…
    Bien a vous..

    Réponse : La dormeuse
    Bonsoir,

    Merci de cette aimable rectification, dont je vais faire état dans l’article.
    Bien à vous également…

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