A propos de l’Association Marie Cappelle-Lafarge

Plaisant hameau situé sur le territoire de la commune d'Arvigna, dans la vallée du Douctouyre, Truffet abrite le siège de l'Association Marie Cappelle-Lafarge, du nom de la jeune femme qui fut accusée en 1840 d'avoir empoisonné son mari à l'arsenic, qui fit la une des journaux lors d'un procès retentissant, passa pour avoir puisé le goût du crime dans la lecture des Mémoires du Diable 1)Frédéric Soulié, Les Mémoires du Diable, édition J. Le Clerc, 1876 de Frédéric Soulié 2)Cf. Jann Matlock, Lire dangereusement, Les Mémoires du diable et ceux de madame Lafarge ; La dormeuse blogue : Frédéric Soulié et l'affaire Lafarge , rédigea en prison les Mémoires de Marie Cappelle, Vve Lafarge, écrits par elle-même 3)Marie Capelle-Lafarge, Mémoires de Marie Cappelle, Vve Lafarge, écrits par elle-même, éditions André, 1841-1842 , mourut de tuberculose en 1852, et repose en Ariège, au cimetière d'Ornolac. Marie Cappelle-Lafarge laisse également un remarquable journal intitulé Heures de prison 4)Marie Cappelle-Lafarge, Heures de prison, Librairie Nouvelle, 1855 , qui a inspiré, surtout aux USA, nombre de travaux relatifs à l'écriture féminine et à l'écriture en prison.  

Lors des récentes vacances de Noël, j'ai rencontré à Truffet Michel Gache, responsable de l'association Marie Cappelle-Lafarge. Nous avons parlé de l'affaire Lafarge, du retentissement que celle-ci a connu dans la presse et dans l'opinion contemporaines, évoqué les ouvrages consacrés à l'affaire, à l'enquête et au détail de la procédure judiciaire mise en oeuvre en 1840.

 

L'association se donne pour but de revisiter l'ensemble des documents relatifs à l'affaire Lafarge, de rassembler le maximum d'informations, de les classer, de les comparer, recouper, afin de nourrir, à la lumière de ce qui s'est passé dans les années 1840, une réflexion plus générale sur l'exercice de la justice dans le respect des droits de la défense comme dans celui des droits de l'accusation.

L'association ne milite pas pour la réhabilitation Marie Cappelle-Lafarge. Elle ne se réclame pas d'une fascination monomaniaque pour une femme hors du commun, dont on ne sait aujourd'hui pas plus qu'hier si elle fut innocente ou criminelle. Soucieuse du respect dû à tous les morts, l'association se préoccupe en revanche de restaurer la tombe de Marie Cappelle-Lafarge, qui, faute d'entretien, menace ruine.

La prochaine assemblée générale de l'Association Marie Cappelle-Lafarge se tiendra à Truffet, le samedi 20 mars, 15 heures. Elle s'accompagnera d'une réunion d'information et d'une conférence dédiée à Marie Lafarge prisonnière et femme de lettres.

Les personnes intéressées peuvent adresser un courriel à l'Association Marie Cappelle-Lafarge, ou encore téléphoner au 09 75 33 74 73.

Notes

↑ 1. Frédéric Soulié, Les Mémoires du Diable, édition J. Le Clerc, 1876
↑ 2. Cf. Jann Matlock, Lire dangereusement, Les Mémoires du diable et ceux de madame Lafarge ; La dormeuse blogue : Frédéric Soulié et l'affaire Lafarge
↑ 3. Marie Capelle-Lafarge, Mémoires de Marie Cappelle, Vve Lafarge, écrits par elle-même, éditions André, 1841-1842
↑ 4. Marie Cappelle-Lafarge, Heures de prison, Librairie Nouvelle, 1855

1 réflexion sur « A propos de l’Association Marie Cappelle-Lafarge »

  1. Martine Rouche

    " Et puisque j'ai parlé de Napoléon III, comment ne pas rappeler ici que ce fut lui qui grâcia la célèbre empoisonneuse, Mme Lafarge, dont les Mémoires trop oubliés sont bien l'un des témoignages les plus saisissants que nous possédions sur les perversions du romantisme, sur cette maladie de la conscience féminine, qui sévit entre 1830 et 1850, et qu'on appelle aujourd'hui le bovarysme ?
    La poitrine perdue, Mme Lafarge, une fois libérée, vint demander aux eaux d'Ussat quelque réconfort ; bientôt reconnue, la triste héroïne du Glandier ne tarda pas à être en butte aux sarcasmes des baigneurs, mais il était dit que, jusqu'au bout, cette femme qui n'était point belle, mais qui peut-être, selon le mot de Hugo sur Dorval, était pire, ne cesserait de troubler le coeur des hommes. Un brave vieux colonel, le colonel Audoury, se constitua son défenseur, son chevalier servant ; comme tant d'autres, séduits par cette femme étrange, comme le jeune Lachaud, il crut en l'innocence de Mme Lafarge. Quand celle-ci s'éteignit, ce fut lui qui veilla sur sa sépulture, dans le petit cimetière d'Ornolac – commune dont dépend Ussat – et, selon le voeu de la morte, sous "une croix inclinée, sans nom, sans rien " ; lui-même, avant de mourir, demanda qu'on le mît en terre, aux pieds de l'empoisonneuse romantique, pour qui ce dernier amour d'un vieil homme fut sans doute la suprême consolation et comme un présage de pardon. "
     
    Raymond Escholier, Mes Pyrénées, éditions Arthaud, Grenoble, 1933, pages 111, 112.

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