Il y a la magie des mots et l'usage rigoureux, la pente de la rêverie et la rectitude de l'énonciation, comme il y a les sciences molles et les sciences dures. Suite à la publication de Mirepoix – Fête de la science 2009 – Du calcul à l’ordinateur, article dans lequel je racontais une visite à l'exposition éponyme, j'ai reçu un premier message émanant de Michel Las Vergnas, mathématicien, directeur de recherche émérite au CNRS, puis un second message émanant cette fois de Gérard Letraublon, ingénieur, président de Vive la Science ! association active pour l'accès aux sciences de 7 à 97 ans. Le mathématicien et l'ingénieur me signalaient, avec toute la mansuétude qui convient lorsqu'on s'adresse à une petite dame blonde, diverses inexactitudes, approximations et autres effets d'erre, relevés ça et là, dans l'article en question. L'art est difficile… Je sais d'expérience combien, jusque dans les domaines qu'on connaît le mieux, l'erreur guette, combien elle ressemble aux puces dans la fourrure du chat . La droite bonne volonté hélas ne fait pas ici fonction d'antipuce.
Monthly Archive for novembre, 2009
Hier, profitant de la lumière vermeille, nous sommes partis à pied de Mirepoix jusqu'à Mazerettes. Il faut se mettre en route de bonne heure ; en cette saison, la nuit tombe vite. A 15 h 30, le soleil descend déjà. Pour se rendre à Mazerettes sans passer par la grand-route, on emprunte l'ancien "chemin de Mirepoix", qui circule à flanc de montagne, sur la rive droite de l'Hers, dans la direction de Belpech, Villefranche de Lauragais.
On gagne d'abord le pont sur l'Hers, et tandis qu'on chemine au-dessus de l'eau, on a le temps de scruter, par-dessus le parapet la haute silhouette du château de Terride, la tour, la maison au fronton triangulaire, la chapelle, visible seulement en automne et en hiver, quand les feuilles des arbres sont tombées.
Passé le pont sur l'Hers et arrivé à la Pierre Blanche, on prend à gauche la D 625, on marche quelques dizaines de mètres, puis on tourne à droite vers Bartas, on traverse le village de Bartas, et parvenu au bout du village, à l'endroit où s'alignent les containers poubelles (oui, oui), on s'engage dans le sentier qui s'ouvre en contrebas du dépôt de containers (oui, oui), et l'on n'a plus qu'à marcher droit devant sur cette voie oubliée.
Ci-contre : la Pierre Blanche, vue depuis l'entrée de la D 625 ; derrière la Pierre Blanche, vue sur l'entrée de route de Carcassonne, Limoux.
On chemine d'abord à la lisière des champs, sous le grand ciel, les monts au loin. La flèche de la cathédrale figure ici le centre du monde habité.
Plus loin, dans la campagne désertée, un poteau d'allure penchée, témoin d'on ne sait quel arrière-monde totémique, relaie le chant des pistes électriques.
Bruce Chatwin, qui voyageait alors en Australie, parle des songlines propres au territoire des Aborigènes comme d'une figure paradigmatique de notre rapport au monde.
J'avais le sentiment que les itinéraires chantés ne se limitaient pas à l’Australie, mais constituaient un phénomène universel, le moyen par lequel les hommes marquaient leur territoire1.
Partout, dans le champ des forces en travail, les hommes s'appliquent à tirer des lignes, i. e. à dresser la carte d'un territoire qui leur soit proprement habitable.
Les grands pylônes, dont la tête au ciel est voisine, participent de l'emprise cartographique qui, ici comme ailleurs, a rendu le territoire habitable. Mais le territoire ainsi rendu habitable recouvre-t-il la plénitude d'espace auquel nos sens aspirent, en vertu de leur simple postulation terrestre ?
Le ciel se charge de nuages à l'instant où cette question m'affleure.
Le sentier se rétrécit. On chemine maintenant entre deux haies d'arbres. Des ronces, ça et là, obstruent le passage. Entre Bartas et Senesse, plus personne, visiblement, n'emprunte ce chemin. Au train où la nature gagne, celui-ci se perdra bientôt.
A mi-chemin du sentier qui se perd dans les ronces, on remarque au passage ce portail, digne de la Belle au bois dormant, qui n'ouvre sur aucun château, mais seulement la colline, le ciel, et puis rien.
Le sentier débouche sur le gué de Senesse. En ce temps de sécheresse, on passe à pied. Il faut sinon sauter de plot en plot. On traverse ensuite le joli village de Senesse, moins rupin que celui de Bartas, mais plus charmant, en ses atours anciens.
Après Senesse, le sentier, estampillé cette fois GR 7, s'élargit, redevient commode, plaisant au pied avec son lit de feuilles mortes, qui bruissent sous les pas comme un papier qu'on froisse.
Juste avant d'arriver à Mazerettes, on longe sur l'arrière le "château", ancienne résidence d'été des évêques de Mirepoix. L'état des lieux surprend.
Par-dessus le mur du parc, un peu partout écroulé, on aperçoit entre les arbres un vieux puits. Au débouché du sentier, on contourne cette barbacane, seul vestige du système défensif du "château, qui était jadis, dit la chronique, "faict à boullevars, créneaulx, canonniéres et barbacanes".
Traversant la route, du côté de l'église, j'ai cherché dans le cimetière la tombe de Madame Arnaud, morte vers 1901, modèle de "la petite Madame Lestelle", l'héroïne mélancolique du roman de Raymond Escholier, Dansons La Trompeuse. Je ne l'y ai pas trouvée. Peut-être s'agit-il de l'une de ces tombes renversées, dont la façade devenue illisible échappe désormais à toute identification.
Plus bas sur la route, en dessous de l'église, une ruine dont personne ne sait plus rien s'accroche au penchant de la colline.
Après avoir contourné la barbacane, on redescend vers la grand-route.
Une fois arrivé sur la grand-route, marchant dans la direction de Mirepoix, on passe devant l'entrée principale du "château" de Mazerettes. Raymond Escholier, dans Dansons La Trompeuse, évoque magnifiquement la grande allée, la façade blanche…
Dernière vue du "château", avant de prendre le chemin du retour vers Mirepoix.
Le soleil décline sur le plan de l'écliptique. Les ombres à longs plis descendent des montagnes.
Parvenu à la hauteur du chemin qui monte de la grand-route vers Senesse, si l'on prend à droite le sentier qui s'enfonce dans le breil, on arrive au bord de l'Hers. Nous y sommes allés. Mais comme nous avons trouvé au bord de l'eau une voiture zarbi, sans chercher à en savoir davantage, nous avons fait demi-tour.
Puis nous sommes remontés à Senesse, nous avons repassé le gué et cheminé derechef parmi les ronces, sans rien voir d'autre qu'un massacre de plumes dans l'herbe, et une queue en fourrure qui s'enfuyait dans le hallier.
Nos ombres s'agrandissaient encore. La tête des pylônes était au ciel de plus en plus sombrement voisine.
Descendant de Bartas, nous arrivions en vue de Mirepoix, lorsque un bruit mécanique s'est levé. C'était, dans une gloire de poussière, un engin qui moissonnait et battait les derniers maïs.
Puis nous avons vu l'or du maïs qui s'écoulait en flots pressés dans la trémie.
Nous avons encore vaguement distingué la fontaine des Cordeliers dans sa solitude.
Un pêcheur, sous le pont de l'Hers, s'attardait dans le crépuscule.
Au soleil couchant,
Toi qui va cherchant
Fortune,
Prends garde de choir ;
La terre, le soir,
Est brune2.
A lire aussi :
Raymond Escholier – Dansons La Trompeuse
Souvenirs de Mazerettes
Mazerettes à la fin du temps des évêques
Les fresques de l'église de Mazerettes
Le jour où le futur Henri II, le prince "galant, bien fait", de La Princesse de Clèves, est passé à Mazerettes
Le mot occitan penche "jouit d'une belle santé dans toutes les langues romanes", observe Robert Geuljans dans son Dictionnaire Etymologique Occitan.
Lisez l'article "Penche", et vous jugerez de la belle santé.
"Je suis poursuivi par les mollusques de l'espèce Vénus. J'ai fait le prairo <presbyter>", m'écrit ce matin l'ami étymologue.
Veni, legi, risi.
A propos du marbre de Caunes, dont cet autel, installé dans l'église Saint Pierre de Venerque, illustre un superbe emploi, Pascal Julien, de l'université de Toulouse, rappelle qu'il a joué un rôle essentiel dans l'oeuvre du Bernin à Saint Pierre de Rome :
Pour la grandeur de Saint-Pierre de Rome, le prodigieux sculpteur Gian Lorenzo Bernini se fit architecte de génie. Servant la volonté de plusieurs papes successifs, allant au-delà de tous leurs défis artistiques, il amplifia l'œuvre de ses prédécesseurs en célébrant la gloire divine par l'alliance inégalée de l'architecture, de la sculpture et de la couleur. Au cœur de cette vision esthétique, poursuivie sa vie durant, le relief tint une place prépondérante, sublimée par l'essence même des matériaux mis en œuvre. Le marbre, pierre intensément plastique, vive et chatoyante, fut l'instrument de toutes ses tentatives, de toutes ses prouesses. Il joua en virtuose de ses multiples apparences, s'aidant de cette palette aux teintes singulières pour mettre en scène les formes et la lumière. En ce domaine, la nouvelle nef de la basilique fut pour lui un champ d'expérience privilégié. Il transcenda la simple notion de décor mural héritée du XVIe siècle pour créer un espace somptueusement animé, où le grandiose introduit au sacré. Pour parvenir à ses fins, il mêla à ses spéculations formelles les possibilités offertes par de nouveaux marbres mis à sa disposition. L'un de ceux-ci, l'Incarnat de Caunes, mérite particulièrement l'attention, de par sa provenance, les circonstances de son emploi et le rôle essentiel que le Bernin lui assigna.
Dans «la plus belle église de la plus belle religion du monde», comme la nommait Stendhal, la puissance et la démesure des volumes sont partout exaltées par l'immuable éclat des marbres ordonnés de colonnes élancées en pilastres monumentaux, de placages multicolores en incrustations sophistiquées. Pour concevoir ces fastueux décors polychromes, animant la pénombre ou resplendissant en pleine lumière, on s'était servi pour partie de matériaux récupérés sur d'anciens monuments romains. Au XVIIe siècle, les carrières italiennes fournirent également une très riche gamme de coloris : Africano di Seravezza, Giallo di Sienna, Nero di Modena, Mischio di Sicilia… Il est pourtant une couleur particulièrement rare, le rouge intense, qui fut recherchée loin des lieux d'approvisionnement habituels.
C'est en effet en France, près du petit village de Caunes-en-Minervois, non loin de Carcassonne, qu'en avait été mise à jour l'une des plus belles variétés, l'Incarnat. Ce marbre à fond rouge vif, veiné de taches blanches cristallines de formes irrégulières, fut connu à Rome sous l'appellation de Mischio di Francia. Car bien avant d'acquérir ses lettres de noblesse dans une utilisation intensive pour Versailles, Marly ou le Grand Trianon, avant même de s'imposer comme le matériau de choix des autels et retables du Midi, son très beau pourpre mêlé de flammes blanches avait séduit les carriers italiens qui l'importèrent dans la péninsule.
Utilisées ponctuellement à l'époque médiévale, puis totalement délaissées, les carrières de Caunes n'avaient été remises à jour qu'aux alentours de 1613. Or leur redécouverte se joua en Italie. Ce fut au cours d'un voyage à Rome que l'abbé de Caunes, Jean d'Alibert, invita un sculpteur génois nommé Stefano Sormano à venir vérifier certaine «apparence de mines de marbre jaspé» décelée sur le terroir de son abbaye. Secondé par «six mestres de son pays experts en semblables matières», il eut tôt fait de reconnaître le bien-fondé des espérances du prélat et, après sondage de divers sites, il en retira plusieurs pièces qu'il envoya dans sa patrie. Durant de longues années, l'extraction ne fut qu'épisodique, sans doute en raison des difficultés de transport qui grevaient fortement les prix de revient, les carrières étant éloignées de tout cours d'eau navigable. Toutefois la valeur de ce matériau finit par l'imposer et il devint rentable. Peu à peu, Sormano fit en sorte d'en faciliter un commerce véritablement intensif. Tout d'abord en organisant le charroi et l'expédition maritime, puis en obtenant, en 1630, la concession exclusive de l'extraction et, trois ans plus tard, le monopole de la diffusion. Amenés par charrette jusqu'à Narbonne, les blocs y étaient embarqués à destination de Gênes, où le sculpteur en constituait des stocks importants. Outre l'Incarnat, appelé aussi Rouge de Languedoc, on extrayait alors à Caunes deux autres qualités : le Turquin, orangé veiné de gris, et le Griotte, d'un très beau grenat d'aspect uni. Il est significatif, dans la logique de ce négoce à caractère international, de constater que ce marbre Griotte fut surnommé en France «Griotte d'Italie», alors même qu'en Italie il devint renommé sous le terme de «Rosso di Francia». À la mort de Sermano, la concession des carrières fut reprise, en 1642, par son associé Antoine Lignani, qui dirigea dès lors l'extraction des blocs achetés par les marchands génois. C'est par l'intermédiaire de ce circuit commercial que ces marbres furent employés dans de nombreuses églises italiennes, notamment à l'Annunziata de Gênes ou à la Chartreuse de Pavie. Cependant, c'est dans Saint-Pierre de Rome que l'Incarnat fut mis en œuvre de la façon la plus spectaculaire1.
- Pascal Julien, "Décor et marbre de Caunes dans la nef de Saint-Pierre de Rome " in Mélanges de l'Ecole française de Rome. Italie et Méditerranée, année 1994, volume 106, numéro 106-2, pp. 699-716 [↩]
Fondée au XIe siècle, remaniée aux XIIIe et XIV siècles, puis à l'époque contemporaine, l'église Saint Martin, qui a été d'abord un prieuré bénédictin, fait aujourd'hui l'objet d'une grande restauration et d'une nouvelle campagne d'étude. Elle se trouve en ce moment ceinte d'échafaudages, et au pied de ces derniers, cernée de voitures. J'ai préféré, sans malice, reproduire ci-dessus quelques vues plus anciennes sur lesquelles l'édifice demeure exempt des impedimenta actuels.
Entreprise par l'université de Toulouse, la nouvelle campagne d'étude a permis de reconstituer les différentes étapes de l'histoire, longue et complexe, de cette église. Edifiée au XIe siècle, la base en pierre jaune correspond au sanctuaire initial. Celui-ci comportait une seule nef. Il était doté d'une couverture en briques rouges, posée à plat sur l'extrados de la voûte. L'édifice bénéficie au XIIIe siècle d'un prolongement sur ses ailes ainsi que d'une surélévation qui, réalisée par-dessus la couverture initiale, a permis, de façon exceptionnelle, la conservation de cette dernière. L'adjonction des bas-côtés et du clocher-mur date du XVIe siècle. Celle de l'appareil fortifié, de style néo-médiéval, qui hérisse le ciel, est l'oeuvre de Jacques Jean Esquié, architecte toulousain, disciple de Viollet-Le-Duc.
Le sanctuaire abritait jadis des reliques, dont celles de Saint Phébade (IVe siècle), évêque d'Agen, ami de Saint Hilaire de Poitiers, champion de la lutte contre l'arianisme et contre les empereurs romains. Cette partie plus ancienne de l'édifice a été construite en pierre, matériau noble, symbole de pérennité, digne à ce titre d'accueillir les restes des saints les plus illustres.
On a longtemps cru que le chevet de l'église donnait jadis sur une petite chapelle, sachant qu'on distingue la forme possible d'une porte, enclose dans les pierres du mur. L'étrange volume qui obstrue l'emplacement de cette porte fantôme serait en l'occurrence le fruit d'un ajout, motivé plus tard par le souci de ménager un effet de symétrie entre le mur central et le mur de gauche, pourvu d'un élément de contrefort, fait pour l'oeil à la façon d'un lésène ou d'une bande lombarde.
Il ressort de l'étude menée l'université de Toulouse que l'étrange volume en question constitue la partie arrière de l'armoire murale dans laquelle se trouvaient jadis les reliques.
Les voitures masquaient l'autre jour ce mur-armoire, si longtemps refermé sur son propre secret. Constatant que j'avais photographié des voitures, je les ai supprimées, pfft ! Et sensible au mystère des silhouettes vues de dos, des visages fermés, des coffres sans serrure, j'ai cédé à la tentation de le faire paraître sur la photo, dans le style de la peinture ou comme dans les rêves.
Tandis que je contemplais le dos de l'armoire aux reliques, le démon de l'analogie me représentait une toile de Chirico, sur laquelle, garée dans l'ombre au pied d'un édifice, une remorque, ou un wagon, sorte d'armoire roulante, s'est ouverte, sans qu'on puisse rien voir du contenu qu'elle abrite.
La toile date de 1914. Elle s'intitule Mystère et mélancolie d'une rue.
Cette impression de mystère et de mélancolie, je l'ai eue au chevet de l'église Saint Pierre, devant le dos de pierre de l'armoire aux reliques. Le mystère et la mélancolie de cette armoire tiennent au vide, au noir de four qu'on appréhende d'y trouver, et plus originairement encore à l'oubli de la raison pour laquelle, aujourd'hui comme hier, on éprouve la curiosité de l'ouvrir.
Toute armoire se prête ainsi, sans jamais s'y donner, à la forme de nos désirs. Ou alors, elle s'y donne d'une façon qu'on n'attend pas. Derrière le wagon de Chirico, en 1914, tandis qu'une fillette joue tranquillement au cerceau sur la place, une ombre se profile… Au fond de l'armoire aux reliques, qu'est-ce qu'il y a ?
A l'intérieur de l'église, Saint Pierre, du haut de son vitrail, veille sur l'armoire aux reliques, fermée par une grille d'or. Le contenu de l'armoire demeure masqué par un rideau de dentelle pourpre.
Au fond de l'armoire aux reliques, qu'est-ce qu'il y a ?… qu'est-ce qu'il y a ?
L'écho se perd dans la profondeur du temps.
Le caractère antiquisant du décor architectural et le style carolingien des peintures murales contribuent ici à l'effet d'aura qui plane sans pourquoi alentour de l'armoire close. Ainsi regardée, dans la profondeur mythologique du temps dont on ne se souvient plus, l'armoire aux reliques revêt, en vertu justement de sa fermeture, l'inquiétante étrangeté du sens qui à la fois se perd et ne se perd pas. C'est là, au demeurant, le propre de l'objet patrimonial, son pouvoir, l'énigme du signe qu'il nous adresse inlassablement.
Lié au sentiment de la perte, ici à la nostalgie des croyances que l'on ne partage plus, l'effet d'aura se déploie de façon mystérieuse dans la sourde harmonie du décor peint, l'étrangeté des figures qui hésitent entre l'antique et le médiéval, le fantastique et le sacré, l'air de force sauvage qui anime le personnage de Saint Jean Baptiste dans le désert…
J'ai visité l'église Saint Pierre de Venerque en compagnie d'un groupe réuni par Bernard Seiden, directeur de la revue Midi-Pyrénées Patrimoine. Venue à l'invitation de ce dernier, une étudiante de l'université de Toulouse, co-auteur d'un travail de recherche entrepris sous la direction de son professeur Pascal Julien et consacré à la dite église, nous a présenté les résultats de cette étude importante. Celle-ci, dans le même temps, a fait l'objet d'une publication dans Midi-Pyrénées Patrimoine. Les curieux pourront donc s'y reporter.
Le portail européen Patrimoines en Midi-Pyrénées dédie par ailleurs un dossier très fourni à l'église Saint Pierre de Venerque. Il rassemble dans sa photothèque 226 vues de cette église singulière. Les vues anciennes étonnent par l'état de délabrement qu'elles révèlent. On mesurera sur place l'importance des travaux de restauration déjà réalisés. On mesurera également la charge d'aura qui demeure attachée à cet édifice, indépendamment des nombreuses modifications qu'il a connues depuis le XIe siècle.









































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